Esclavage : Le Cran réclame à la France des «réparations symboliques, mémorielles, financières, sociales»

Interview de Louis-Georges Tin, président du Cran, qui est à l’initiative de l’ «Appel en faveur de réparations financières, éducatives ou mémorielles».

La France a mauvaise conscience. Mais l’esclavage est un crime contre l’humanité. Il est donc imprescriptible.

Pourquoi lancer cet Appel maintenant ?

La question des réparations est aujourd’hui essentielle. Elle se pose au niveau internationnal (ONU, Unesco, Brésil, États-Unis…). Il serait curieux qu’on ne puisse pas s’interroger sur le sujet en France.

Par ailleurs, le 12 octobre renvoie au 12 octobre 1492, le jour où Christophe Colomb a posé le pied en Amérique. Il amorce ainsi la colonisation du pays, et l’esclavage qui en découlera. Nous aimerions qu’à l’avenir, cette journée soit la journée internationnale pour les réparations.

Quelle est votre définition du mot « réparation » ?

Il y a mille et une façons de réparer. Il existe des réparations symboliques, mémorielles, financières, sociales… Il faut ouvrir un débat national sur le sujet. Trouver des modalités qui s’adapteraient à la France. […]

Pourquoi la question des réparations est-elle si peu étudiée en France ?

La France possède encore une mentalité coloniale. Elle évacue les questions qui dérangent. La loi Taubira de 2001 prévoyait un article sur les réparations. Il proposait d’organiser un comité de réflexion sur le dédomagement des victimes. Il a été écarté à l’unanimité en commission des lois. La voix parlementaire a échoué. […]

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