Une étude internationale montre que les centristes sont les citoyens les plus hostiles à la démocratie, pas les « extrémistes »

Il n’y a pas plus dictatorial que ceux qui se présentent comme des modérés…


Les signaux d’alerte sont au rouge : la démocratie est menacée. En Europe et en Amérique du Nord, les candidats sont davantage autoritaires, les systèmes de partis sont plus instables, et les citoyens sont plus hostiles envers les normes et les institutions de la démocratie libérale.

Ces tendances ont déclenché un débat important entre ceux qui pensent que le mécontentement politique trouve ses origines au niveau économique, culturel ou générationnel. Mais toutes ces explications partagent une croyance principale : la menace vient des bords extrêmes de l’échiquier politique.

A droite, les ethno-nationalistes et les libertariens sont accusés de soutenir des politiques fascistes ; à gauche, les radicaux des campus universitaires et le mouvement prétendument antifa sont accusés de trahir les principes libéraux. Au milieu, la croyance est que les opinions radicales vont main dans la main avec le soutien de l’autoritarisme, alors que la modération suggère une approche plus engagée du processus démocratique.

Tout cela est-il vrai ?

Peut-être pas. Mes recherches suggèrent qu’en Europe et en Amérique du Nord, les centristes sont ceux qui soutiennent le moins la démocratie, sont les moins engagés dans ses institutions et sont ceux qui soutiennent le plus l’autoritarisme.

(…)

– Les centristes sont les plus sceptiques au sujet de la démocratie

 

– Les centristes sont les moins susceptibles de soutenir des élections libres et justes

 

– Les centristes sont les moins susceptibles de soutenir des institutions libérales

 

(…)

Qu’est-ce que cela signifie ?

En Europe et en Amérique du Nord, le soutien de la démocratie est en déclin. Pour expliquer cette tendance, la sagesse conventionnelle pointe en direction des extrêmes politiques. Selon ce point de vue, les extrêmes, droite et gauche, sont prêtes à rouler sur les institutions démocratiques pour parvenir à des changements radicaux. Les modérés, par contre, sont supposés défendre la démocratie libérale, ses principes et ses institutions.

Les chiffres montrent que ce n’est pas le cas. Alors que les démocraties occidentales deviennent dysfonctionnelles, aucun groupe n’est à l’abri d’être séduit par l’autoritarisme – et en particulier les centristes, qui semblent préférer un gouvernement fort et efficace plutôt que des politiques démocratiques désordonnées.

NY Times