Faute de nourriture, les Vénézuéliens vont acheter du sucre et de la farine en Colombie

Jean-Luc Mélenchon trouve sans doute charmant cette occasion qui est donnée aux vénézuéliens de voyager et d’échanger avec leurs voisins.


Face à la difficulté de s’approvisionner, de nombreux Vénézuéliens se rendent en Colombie pour acheter de quoi se nourrir.

Chaque jour, ils franchissent la frontière pour s’approvisionner en produits de première nécessité. Des milliers de Vénézuéliens traversent quotidiennement le Pont Simon Bolivar qui relie les deux petites villes d’Urena, au Venezuela, à Cucuta, en Colombie, rapporte CNN, qui parle d’une « crise humanitaire ». Ils partent sacs, paniers et cabas vides et reviennent chargés de farine, sucre, huile, riz ou encore savon et couches qu’ils ne trouvent plus dans les magasins du Venezuela.

Pénurie de nourriture

Cet État d’Amérique du Sud est en pleine crise économique et politique. Finances publiques au bord du gouffre, explosion de l’inflation -qui pourrait atteindre 720% cette année- pénurie de nourriture: la chute des prix du pétrole, qui représente 96% des exportations du pays, a entraîné le pays dans la faillite.

Faute de dollars pour importer, le gouvernement a imposé des restrictions sur

la nourriture. Les rayons des magasins sont le plus souvent vides, des fournitures médicales de base jusqu’à l’eau. Des femmes se sont même mises à vendre leurs cheveux pour pouvoir acheter des aliments. « Il y a eu énormément de gaspillage », déclarait Philippe Moreau-Defarges, chercheur à l’Institut français des relations internationales à BFMTV.com. « Ce pays n’a jamais été bien géré et il y a un évident problème de corruption ». Selon l’ONG Transparency, le pays occupe ainsi la 158e place (sur 168), au classement des nations corrompues.

Une journée de bus pour faire les courses

Dans les rues de Cucuta, cette nouvelle manne financière est accueillie à bras ouverts. « Bienvenue à vous, amis vénézuéliens, nous avons du lait chocolaté et du papier toilette », crie une commerçante. Un vieil homme confie que le voyage vers la Colombie est son seul espoir pour nourrir sa famille. « Ils ont assez pour eux et pour nous », témoigne-t-il pour la chaîne de télévision américaine. Il s’y rend deux fois par mois. Cette fois-ci, il repart avec de la farine, de l’huile, du riz et du sucre. « Malheureusement, au Venezuela, il n’y a pas de nourriture. C’est la réalité. »

D’autres se rendent aussi à Cucuta pour acheter les médicaments qui sont désormais introuvables au Venezuela. CNN évoque également le voyage d’un étudiant de Caracas, qui passe une journée entière en bus pour ravitailler sa famille. Cela fait un mois qu’il n’a pas remis les pieds à l’école à cause des nombreuses manifestations et du climat d’insécurité. Quelque 75 personnes sont mortes en trois mois lors des manifestations de l’opposition au président.

De nombreux manifestants réclament le départ, quasi quotidiennement depuis le début du mois d’avril, de Nicolas Maduro. Fin juin,un hélicoptère volé à la police vénézuélienne a lancé des grenades contre le siège de la Cour suprême à Caracas.

Cet étudiant rentre cette fois-ci dans la capitale vénézuélienne chargé de pâtes, riz et savon et reviendra à la frontière prochainement. « Tout dépend combien de temps la nourriture que j’ai achetée ici va durer. »