Politique

France en « faillite aggravée » : le gouvernement PS veut étouffer la phrase de Vallaud-Belkacem

En France, mis à part quelques sites, aucun média n’a estimé utile de reprendre les déclarations que la porte-parole du gouvernent français afaites à la presse Suisse . Étonnante discrétion médiatique; surtout quand on se souvient comment les journalistes bobos de gôche ont réagi quand François Fillon, alors nouveau premier ministre,  avait déclaré être à la tête d’un État en faillite. Que veut dire cette absence de réaction ? Silence militant … Inadvertance… ou bien pression du gouvernement français ? On est en droit de se poser la question lorsqu’on découvre, au détour d’une dépêche, que ses services ont tout tenté pour faire retirer les déclarations (pour une fois sincères) de la porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem.


L’affaire commence comme bien souvent par l’une de ces petites phrases qui semble faire mouche : jeudi 11 octobre dernier, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a sèchement répliqué à François Fillon qui avait précédemment accusé le président Hollande « d’amateurisme », en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale. Pour rappel, dans une interview du même jour aux Échos, l’ex-premier ministre avait en effet estimé que le projet de budget pour 2013 était « un monument d’amateurisme, d’irresponsabilité et de mauvaise foi ». Pensant probablement moucher l’impétrant, la porte-parole a alors déclaré à l’AFP :

« M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d’un État en faillite et l’a laissé en état de faillite aggravée ? »

Le mot était lâché et la nouvelle reprise : selon la porte-parole du gouvernement, la France se trouvait donc en situation de faillite aggravée. Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue en Suisse où le site Romandie.com a fait rapidement paraître une dépêche titrée « Bien que notée AAA, la France serait en ‘état de faillite aggravée’ » Très manifestement, cette nouvelle n’était pas du tout du goût ni du gouvernement, ni de l’Élysée qui s’est ensuite empressé de rappeler la rédaction pour faire retirer l’article. Les coups de téléphone entre la rédaction suisse et le palais présidentiel français ont été dévoilés.

L’affaire ne s’arrête pas là puisque malgré les pressions, Romandie.com a conservé son article et maintenu sa version :

Romandie.com maintient la teneur de son article, à savoir qu’il n’est à priori pas cohérent de déclarer la France dans un « état de faillite aggravée » tout en défendant une note AAA auprès des agences de notation.

Mieux, le site d’information a confirmé avoir été contacté directement par le gouvernement français ; la rédaction a même posté une capture d’écran du mail reçu à ce sujet :