Goldnadel: «La seule cause nationale : lutter contre l’idéologie de la connerie !»

Contre toute attente, le principal profanateur du cimetière juif de Sarre-Union est un antifasciste revendiqué. L’occasion pour Gilles-William Goldnadel de constater l’échec de l’ «antiracisme professionnel».

Misère de la gauche antiraciste. On ne peut pas dire qu’elle ait fait des merveilles pour éradiquer le mal. Depuis que SOS-Racisme a vu le jour, la haine raciale ne s’est jamais aussi bien portée et n’a jamais été aussi violente. À croire qu’ils ont eu raison, les linguistes psychologues qui ont fait observer que l’intitulé de l’organisation politisée signifiait qu’elle se proposait de secourir l’objet prétendu de sa détestation. Mais foin de philologie appliquée.

Un peu d’actualité. Encore raté: contrairement aux prévisions pleines d’espérance d’un député socialiste, le profanateur en chef du cimetière juif de Sarre-Union n’était pas membre du Front National, mais était au contraire un antifasciste revendiqué et détestait viscéralement le parti lepéniste.

Je sais c’est difficile, mais c’est ainsi: les résistants de la 25e heure entonnant le chant des partisans, les islamo-gauchistes à keffieh font des antisémites beaucoup plus sérieux, et surtout infiniment plus violents, que les héritiers en extrême droite ligne de Pierre Poujade.

En ce qui me concerne et depuis fort longtemps, lorsque j’entends quelqu’un me dire: je suis militant antiraciste, je cours me réfugier vers l’abri le plus proche. Ces gens-là ne peuvent imaginer qu’un blanc puisse vraiment souffrir ou un musulman avoir vraiment tort. Il est vrai que ces gens-là ont plus de préjugés que d’imagination.

Après cela, que les organisations antiracistes puissent être toujours à la manoeuvre les lendemains des tragédies sanglantes à organiser le défilé des pleureuses professionnelles, elles qui auront favorisé par leurs petits calculs et leurs grandes théories les tragédies, en dit long sur l’impudence et la folie du temps.

Autre actualité, toute aussi cruelle: M. Mélenchon a menacé de ses foudres judiciaires le distingué Dominique Régnier. Le sourcilleux président du front de gauche n’a pas en effet supporté que le politologue puisse affirmer, au micro de France Inter et sondages à l’appui, que ses électeurs fassent partie des plus antisémites du paysage politique. Bien lui en a pris d’ailleurs: à peine avait-il vu rouge que l’aimable radio de service public lui accordait un droit de réponse que ni le droit ni l’usage ne lui imposaient.

Sur le fond, je conseillerais à l’impétueux imprécateur de brider ses ardeurs judiciaires. Depuis Jules Guesde, il est acquis au débat politique que l’extrême gauche socialiste n’a jamais souhaité désespérer un «lumpenprolétariat» bouffeur de juifs, de curés et de bourgeois. Dreyfus comme Israël sont coupables d’être militaires et patriotes. Quant à M. Mélenchon, je ne sais s’il est antisémite, et à dire le vrai, je m’en moque. Dans la hiérarchie de l’horreur dangereuse, je place bien plus haut le carriérisme cynique ou le populisme démagogique. Après tout, le radical-socialiste Bousquet aura commis plus de tragiques dégats que le monarchiste Xavier Vallat.

Ce que je sais, c’est que le patron du Front de gauche aura beaucoup joué avec le feu en décrivant un Moscovici «incapable de penser français mais pensant finance internationale», en pleurant toute les larmes de son corps devant la dépouille embaumée d’un dictateur vénézuélien antisémite ou en demeurant inhabituellement placide à l’égard d’un terrorisme islamiste qu’il ne veut pas nommer. Je souhaite donc la modestie et le calme à M. Mélenchon.

Que reste-t-il des grandes envolées lyriques du lendemain de l’arrivée de Syriza sur l’Acropole? Après la rixe mortelle entre nazillons bruns et nazillons rouges? Et de l’esprit fumeux du 11 janvier? Autant d’escroqueries morales orchestrées par la gauche futile. Autant d’occasions ratées par la droite inutile de renverser la table islamo-gauchiste. Restent aujourd’hui le gâchis et demain la suite de la tragédie.

PS: toujours aucune nouvelle de Mme Taubira, un mois après que je lui ai demandé, en ma qualité de président d’Avocats Sans Frontières, de saisir son parquet pour apologie de la violence à l’encontre des maires des nombreuses municipalités communistes qui ont fait citoyen d’honneur de leur ville des terroristes condamnés par les justices française ou israélienne. Il est vrai que le gouvernement et de nombreux médias préfèrent s’en prendre au maire de Béziers pour avoir exhibé photographiquement l’arme qui équipera sa police municipale. C’est beaucoup plus utile contre la terreur.

PPS: il est également vrai que la garde des Sceaux était occupée à ordonner à son parquet d’interjeter appel à l’encontre de la décision du magistrat instructeur refusant son non-lieu à la présidente du Syndicat de la Magistrature dans l’affaire du mur des cons.

Lutter contre l’idéologie de la connerie, voilà la seule cause nationale.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.