Gouvernement Valls : la prime à l’incompétence

Texte de l’économiste P.Herlin

Manuel Valls a déjà raté sa première grande décision en constituant un gouvernement certes resserré mais avec seulement deux entrées (Royal et Rebsamen) et un jeu de chaises musicales pour les rescapés. On prend les mêmes et on recommence. Mais surtout, ce nouveau gouvernement est une véritable prime à l’incompétence :
– Ségolène Royal soutient avec les fonds publics la voiture électrique d’Heuliez, qui fera finalement faillite, elle est nommée au ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie !
Dijon est l’une des villes les plus endettées de France, son maire François Rebsamen est nommé ministre du travail !
– Arnaud Montebourg annonce qu’il veut entraver la concurrence et défendre les ententes, il le met en pratique en intervenant directement dans la fusion SFR-Numéricable, il est nommé ministre de l’économie !
– Michel Sapin échoue à inverser la courbe du chômage au ministère du travail, il est chargé de réduire le déficit au ministère du budget !
– Sylvia Pinel veut s’attaquer au statut des autoentrepreneurs, devant la fronde le gouvernement recule, elle est nommée ministre du logement et de l’égalité des territoires !
– Najat Vallaud-Belkacem fait la promotion de la théorie du genre, ce qu’elle ne reconnaît plus officiellement aujourd’hui, elle récupère la jeunesse en plus des droits des femmes !
– Marisol Touraine patauge dans la réduction du déficit de la sécu, elle est confirmée au ministère de la santé !
– Christiane Taubira a durablement éloigné des franges de l’électorat traditionnels de la gauche avec son mariage pour tous, sa politique laxiste est rejetée par tous, elle est confirmée à la justice !
– Et bien sûr, Manuel Valls échoue à endiguer l’augmentation de la délinquance, il est nommé Premier ministre !

Avec si peu de renouvellement et une telle obstination dans l’échec, on peut au moins être certain que Manuel Valls ne bénéficiera quasiment pas d’état de grâce et qu’une seconde raclée électorale se profile pour les socialistes lors des élections européennes du 25 mai. Il ne faudra pas se priver de la leur asséner.

Philippe Herlin