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Grèce : La sortie de l’euro, un gouffre financier pour la France

En cas de retour à la drachme, les contribuables européens – allemands et français en particulier – devront mettre la main au portefeuille.

 

L’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro se rapproche. « Si un membre d’un club ne respecte pas les règles, il est préférable qu’il quitte le club », a lâché José Manuel Barroso lundi. « Si la Grèce ne tient pas parole, il n’y a pas de raison de la soutenir financièrement », a renchéri Jens Weidmann, gouverneur de la BCE et patron de la Bundesbank avant la réunion des ministres des Finances, qui devait se tenir lundi après-midi.

Derrière ces discours de fermeté, les Européens sont en réalité bien embarrassés. Car le retour à la drachme à Athènes pourrait leur coûter une petite fortune. La dévaluation qui suivrait le retour à la monnaie nationale entraînerait en effet une explosion de la dette grecque, libellée en euro, ce qui la rendrait impossible à rembourser en intégralité. Or, depuis l’effacement de plus de 50 % de la dette grecque détenue par les créanciers privés, ce sont les États européens qui détiennent l’essentiel de la dette souveraine grecque…

 

La BCE, très exposée

À eux seuls, les contribuables français risquent de devoir régler une facture de 66,4 milliards d’euros (soit un peu plus que le budget annuel de l’Éducation nationale), au cas ou Athènes déciderait de ne rien rembourser, a calculé Éric Dor, directeur de la recherche à l’Institut d’économie scientifique et de gestion (IESEG).

On comprend la réticence de l’Allemagne à passer l’éponge sur la dette grecque : étant donné son poids dans l’Union monétaire, Berlin devrait débourser encore plus d’argent que Paris, à due proportion de son poids dans le capital de la Banque centrale européenne (BCE) et de ses garanties apportées au pare-feu de la zone euro, le fameux Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Le gros de la facture serait présenté par la BCE. Au 31 mars 2012, la dette de la Banque de Grèce auprès de l’institution de Francfort s’élevait à 104 milliards d’euros, notamment à cause de la fuite des capitaux qui a frappé la Grèce depuis le début de la crise.

En cas de défaut grec, la perte serait répercutée sur les banques centrales nationales, qui en elles-mêmes pourraient en appeler aux États pour recapitaliser la Banque centrale européenne, a due proportion de leur poids initial dans son capital. Facture pour la France : 22,7 milliards.

 

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