« HAMON, IL TRAITE LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE COMME UNE CLIENTÈLE ÉLECTORALE»

Article de Marianne

(..) Pour Othman Nasrou, la gauche trappiste s’emploie à faire de la religion une question politique pour gagner les élections : «Dans cette ville, le PS monte les gens les uns contre les autres, et plus précisément, parfois, les musulmans contre les autres. Benoît Hamon est dans une logique boutiquière. Il traite la communauté musulmane comme une clientèle électorale.» Même au sein de la gauche locale, le positionnement de l’ex-ministre de l’Education nationale ne fait pas l’unanimité. Son suppléant à l’Assemblée nationale, Jean-Philippe Mallé, député de 2012 à 2014, a récemment claqué la porte du PS, en désaccord avec ce discours. Stéphane Dubouchy, militant PS à Trappes pendant près de vingt ans, est lui aussi parti après l’arrivée de Benoît Hamon. «Il ne dit jamais clairement qu’il y a un problème avec la place de la religion à Trappes. Il se complaît dans une certaine désinvolture, aux relents électoralistes», reproche ce postier, transfuge de la liste municipale de LR en 2014, sur laquelle il a été élu.

L’accusation ne date pas d’hier : en 2014, le candidat à la primaire a déjà été taxé d’électoralisme, à la suite de propos qu’il aurait tenus àl’Assemblée nationale sur la résolution tendant à la reconnaissance par la France de l’indépendance de la Palestine. «Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat de banlieue et des quartiers, qui n’a pas compris la prise de position pro-israélienne de Hollande», aurait -il alors déclaré, selon le Canard enchaîné du 19 novembre 2014. Contacté, l’entourage de Benoît Hamon récuse fermement cette imputation, la qualifiant de «ragot». «Il n’y aura jamais la moindre preuve qu’il a dit ça», constate ce proche du candidat.

A Trappes, plusieurs témoignages font état des encouragements appuyés de Benoît Hamon à l’égard des jeunes qui réfléchissent à prendre un engagement militant. «Il a redonné aux jeunes l’envie de faire de la politique», s’enthousiasme ainsi Rachid Benzine. Et d’aller voter à la primaire de la gauche ?