Immigration : L’hôpital au bord de la crise de nerfs

Revendications religieuses, barrières culturelles, irruption de la violence : les personnels soignants s’accrochent à leur mission, malgré le silence des pouvoirs publics.

Nathalie (le prénom a été modifié) est infirmière en cardiologie dans un hôpital de la banlieue parisienne. Elle ne manque pas d’énergie mais se sent parfois désarmée. Cette fois, c’est un patient africain qui ne veut rien entendre : il s’obstine à manger le repas que sa famille lui a préparé, alors que les médecins lui ont prescrit un régime sans sel. « Comment lui faire comprendre que ce n’est pas bon pour sa santé ? » Nathalie a l’habitude mais elle est un peu lasse :

« Depuis deux ans, nous voyons arriver de plus en plus d’étrangers qui ne parlent pas un mot de français. Nous sommes tout près de Roissy. Les étrangers malades qui arrivent en France sont pris en charge ici. »

La barrière de la langue est un problème. « Les interprètes sont rares, on doit souvent se débrouiller avec les familles pour traduire… » De l’avis des soignants, les patients posent moins de soucis que leurs proches : ils ont conscience que leur pathologie nécessite des soins. « Certaines familles ont plus de mal à respecter l’autorité médicale. Il est presque impossible de leur faire comprendre qu’ils doivent se conformer aux horaires de visite et qu’ils ne peuvent pas débarquer à dix dans une chambre. Quand nous essayons de faire observer le règlement, le ton monte. Il n’est pas rare que l’on se fasse insulter. Des situations d’autant plus usantes qu’elles se répètent : 75 % de nos patients sont étrangers. »

Les bénéficiaires de la CMU ou de l’aide médicale de l’État (lire encadré) ne sont pas

les moins exigeants. « L’accueil a beau leur expliquer qu’ils ne sont pas prioritaires, ils ne veulent rien entendre. Cette profession me passionne, je l’exerce depuis sept ans, mais cela devient compliqué. Je travaille dans un service qui exige de la rigueur et de la concentration, je n’ai pas fait des études pour faire la police de l’étage. Nous avons alerté nos cadres supérieurs. Ils nous écoutent, mais ils nous répondent qu’ils sont impuissants… »

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