Économie, Écologie...

Incroyable : la France laisse Francfort spéculer sur sa dette !

Nous vous l’annoncions il y a un mois, On va pouvoir spéculer sur la dette Française.
Le journal Marianne se réveille et consacre un article à ce qui est comparable à un coup d’État financier. Le journal Marianne dénonce l’énorme bourde du gouvernement Sarkozy qui nous jette une nouvelle fois dans les bras de l’Allemagne… une folie. Notons que Marine Le Pen fut la seule à dénoncer cette situation dans un communiqué de presse.

Lire l’ article de Marianne


Les marchés financiers ont déjà bousculé la démocratie à Rome, à Madrid et à Athènes. Ils empoisonnent déjà la campagne électorale française, et ce n’est qu’un début. Marianne est en mesure de révéler que ces pressions s’organisent avec la passivité, si ce n’est la complicité, si ce n’est du pouvoir politique, du moins de l’administration du Trésor.

L’histoire commence par l’ouverture lundi prochain 16 avril  d’un marché à terme sur les emprunts d’Etat français, qui va mettre de l’huile sur le feu. Créé par Eurex, une filiale de Deutsche Börse (l’homologue allemande de la Bourse de Paris), le contrat à terme permettra à partir de lundi 16 avril de parier à la baisse ou à la baisse sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) 10 ans, l’emprunt phare de la France.
Concrètement, n’importe qui pourra, moyennant environ 10 000 euros, miser sur une hausse ou une baisse du taux d’emprunt de la France, alors qu’avant la création de ce contrat, le ticket d’entrée s’élevait à 10 millions d’euros, la valeur d’une OAT. Grâce à l’effet-levier, on met 10 000 euros sur la table, mais on joue sur 100 000 euros, soit un levier de 10. Ce qui signifie que, par exemple, si la dette française varie d’un point, le joueur gagnera ou perdra 250 euros.

Bien sûr, les partisans du marché développent toutes sortes d’arguments rationnels pour défendre ce type d’opération : les « futures », qui existent déjà pour les emprunts allemands ou italiens,  devraient permettre une meilleure liquidité (possibilité d’acheter et de vendre plus facilement) des emprunts. Actuellement les échanges sur les OAT 10 ans sont de l’ordre du milliard par jour. (…)

(…) On ne peut rien imposer à ces grands établissements mais il est d’usage dans ce monde là de se parler et en général les banquiers évitent d d’embarrasser la puissance publique. Pourquoi le gouvernement français n’a-t-il pas agi discrètement  dans ce sens? Serait-ce pour que vérifier les prophéties catastrophistes comme celles de Denis Kessler, le patron de la Scor, de Marc Fiorentino qui annonce que « le 7 mai, les marchés attaqueront la France « , et même celles de François Fillon et Alain Jupp é, surtout si elle est présidée par François Hollande ?

De plus, Marianne est en mesure de révéler l’énorme bourde du gouvernement :
il a non seulement laissé se créer un marché dérivé de sa dette, mais il a accepté que le contrôle de ce marché stratégique lui échappe ! Car s’il y a spéculation sur la dette, ou malversation, ou simplement des doutes sur les transactions, ce n’est pas l’Autorité des marchés français (AMF) présidée par Jean-Pierre Jouyet qui sera compétente, mais son homologue allemande, la BaFin, puisque Eurex est une entreprise allemande, basée à Francfort.  Il faudra donc, pour se défendre des spéculateurs, que les autorités françaises demandent la collaboration de nos amis allemands!
La mécanique semble agencée comme si on avait voulu faire en sorte que le « prochain » président qui affiche sa volonté de faire en sorte que « la démocratie soit plus forte que les marchés » soit privé de tout pouvoir et placé sous tutelle dès le premier jour. Cette perte de souveraineté explique sans aucun doute les critiques acerbes prononcées par Jean-Pierre Jouyet. « Ce n’est pas le bon signal dans le contexte actuel », a déclaré celui  qui est non seulement un ami de François Hollande mais aussi ex-directeur du Trésor à Bercy, donc l’ancien superviseur de l’agence France Trésor. Un expert, en somme.