Iran : quand les intellectuels français encensaient les fous d’Allah

La manifestation islamo-gauchiste de ce 10 novembre 2019 n’est pas un hasard.  Elle puise ses sources dans l’Histoire récente.  C’est cette gauche qui dans les années 70 a soutenu les islamistes pour faire tomber le Shah d’Iran jugé trop occidental.

Souvenez-vous aussi du soutien aveugle que Mélenchon a apporté au printemps arabes mené par les islamistes….


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Les écrits douteux de Michel Foucault

Qu’il suffise, pour s’en convaincre, de lire ce que, le 26 novembre 1978, il osa écrire dans le grand quotidien italien Corriere della Sera (article par ailleurs repris en français dans le deuxième tome de ses Dits et écrits) au sujet de ce même ayatollah Khomeiny qui s’apprêtait à devenir alors effectivement, après avoir renversé le shah d’Iran (Mohammad Reza Pahlavi), l’autoproclamé et terrible « guide spirituel » de cette effroyable « révolution islamique » : « C’est l’insurrection d’hommes aux mains nues qui veulent soulever le poids formidable qui pèse sur chacun de nous, mais, plus particulièrement sur eux, ces laboureurs du pétrole, ces paysans aux frontières des empires : le poids de l’ordre du monde entier. C’est peut-être la première grande insurrection contre les systèmes planétaires, la forme la plus moderne de la révolte et la plus folle. » Démente, cette stratégie de l’aveuglement, lorsqu’on songe, notamment, à cette horrible burqa, sorte de prison ambulante, dans laquelle les mollahs et autres talibans prétendent enfermer, de sinistre et médiévale mémoire, leurs femmes, occultant ainsi là jusqu’à ce beau et noble « visage » que magnifie, par exemple, un penseur tel qu’Emmanuel Levinas en ce chef-d’oeuvre philosophique qu’est Totalité et infini (1961).

Michel Foucault, pourtant mémorable auteur de livres aussi importants, dans l’histoire des idées et des sciences humaines en général, que Les mots et les choses (1966) ou L’archéologie du savoir (1969), ne s’arrêta cependant pas en si bon chemin quant à ce genre d’outrances, pour le moins incompréhensibles sur le plan rationnel, puisque, dissertant toujours là sur Khomeiny, il alla même jusqu’à l’appeler alors très hyperboliquement, dans cette même tribune, « le saint homme exilé à Paris ». Et pour cause : celui qui allait bientôt devenir l’un des pires tyrans du monde vivait alors, protégé par le président Valéry Giscard d’Estaing en personne, à Neauphle-le-Château, bourgade située dans la grande mais luxueuse banlieue parisienne !

Le voyage à Canossa (Téhéran) de Jean-Paul Sartre

Cette théocratie, matrice pseudo-religieuse du plus abominable des totalitarismes, où toute personne arbitrairement considérée comme « hérétique » risque la peine de mort (par lapidation ou pendaison), Michel Foucault ne fut toutefois pas, en ce temps-là, le seul des intellectuels français, loin de là, si on ajoute les très zélés maoïstes (tel Maurice Clavel, père idéologique des « nouveaux philosophes ») et autres soixante-huitards (style Daniel Cohn-Bendit), à la cautionner du haut de son incomparable prestige.

Ainsi, il n’est pas jusqu’à Jean-Paul Sartre lui-même qui ne fît carrément là, accompagné pour l’occasion de Simone de Beauvoir en personne, le voyage de Téhéran afin d’y aller soutenir publiquement, à grand renfort de publicité, ce barbu enturbanné au regard halluciné. Pour le moins paradoxal, au vu du bien peu enviable statut des femmes au sein de la République islamique d’Iran, de la part de l’historique auteur de ce véritable manifeste de l’émancipation féminine que fut, pour l’époque, le très avant-gardiste Deuxième sexe (1949) !

Si bien que, face à l’énormité de pareilles errances, Sartre, qui n’en était pas à une contradiction près, avait parfaitement raison de se demander, en son Plaidoyer pour les intellectuels, si « les intellectuels sont […] coupables ». Car, de la première à la Seconde Guerre mondiale, de l’avènement du communisme à la chute du mur de Berlin et de l’émergence du national-socialisme à l’hypothétique mort des idéologies selon Francis Fukuyama, ce n’est effectivement, à de très rares exceptions près, que d’une longue suite d’erreurs, les unes plus tragiques que les autres sur le plan humain, que les annales de l’intelligentsia française, toutes tendances philosophiques confondues et par-delà tout clivage politique, se voient, malheureusement, parcourues. Ce fut là, pour reprendre la très juste et adéquate formule de Max Weber dans son essai intitulé « Le savant et le politique » (1959), la dangereuse victoire de la seule « éthique de conviction » au détriment de la nécessaire « éthique de responsabilité » !

Raymond Aron avait vu juste

Ainsi sera-t-il particulièrement édifiant de relire, de ce point de vue-là, ce qu’en disait déjà dans les années cinquante, en son indépassable et encore très actuel Opium des intellectuels, cet esprit aussi libre qu’éclairé, en plus d’être d’une rare honnêteté intellectuelle, que fut l’immense Raymond Aron : « Cherchant à expliquer l’attitude des intellectuels, impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvu qu’ils soient commis au nom des bonnes doctrines, je rencontrai d’abord les mots sacrés : gauche, révolution, prolétariat. La critique de ces mythes m’amena à réfléchir sur le culte de l’Histoire, puis à m’interroger sur une catégorie sociale à laquelle les sociologues n’ont pas encore accordé l’attention qu’elle mérite : l’intelligentsia. »

Car force est de constater que ces lignes du très visionnaire Aron n’ont pas pris, hélas, une ride. Au contraire, si l’on considère la manière dont bon nombre de nos intellectuels en chambre, mais souvent les plus médiatisés au sein de l’Hexagone, ont pris fait et cause, sans discernement philosophique ni nuances conceptuelles, pour ce que l’air du temps baptisa un peu trop vite, de Tunis (Tunisie) à Tripoli (Libye), en passant par Le Caire (Égypte), du beau nom de « Printemps arabe » : sinistre prélude, en réalité, du plus rude des hivers islamistes… À l’instar, précisément, de ce qui se passa, à l’occasion de la Révolution islamique d’Iran, avec la très redoutable mainmise de ces épouvantables fous d’Allah, l’ayatollah Khomeiny en tête, sur cette grande civilisation que fut pourtant jadis la Perse, puis, de là, sur cette bande de terroristes et intégristes en tout genre que constituent à présent, au Liban, le Hezbollah et, en Palestine, le Hamas.

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