Je ne serai pas au rassemblement place de la République aujourd’hui

Il faut sortir de la politique du sentiment et de l’émotion, ces manifestations d’hommage sont des cérémonies faites pour que les responsables politique se redonnent une virginité.Redevenons un peuple politique et arrêtons les jérémiades.

Je ne serai pas au rassemblement place de la République aujourd’hui.

Je veux rendre hommage à Samuel Paty, son exécution horrible m’a bouleversée, mais je n’irai pas valser au bal des hypocrites et je ne défilerai pas à côté de ceux qui ne sont pas pour rien dans ce drame.

Déjà je ne serai jamais venue à un rassemblement « contre la haine » car c’est le nom visiblement donné au rassemblement par les organisateurs. Ras-le-bol de ces intitulés visant à éviter de dire ce qui vient de se passer pour le dissoudre dans le conceptuel. Si j’avais dû venir cela eut été pour rendre hommage à Samuel Paty et pour dénoncer les crimes de l’islamisme.

Mais surtout, quel cynisme chez les organisateurs. Ils appartiennent pour l’essentiel à la gauche qui a sombré dans l’islamo-gauchisme, celle qui dresse des procès à la France raciste et fait croire qu’il y aurait une « guerre » menée contre les musulmans alors que s’accumulent les cadavres des nôtres, tués par les islamistes.

Aujourd’hui j’attends des actes et des réponses. Et cela commence par le fait d’arrêter de négocier avec les islamistes

Je ne défilerai pas aux côtés de ceux qui tiennent la porte à l’idéologie des assassins. Je ne défilerai pas avec la FCPE qui a défendu le port du voile donc l’humiliation et l’infériorisation de la femme, alors même que ce signe est contraire à notre sociabilité et est un marqueur des islamistes. La multiplication des voiles étant une preuve de l’étendue de l’influence de l’islam politique. Je ne défilerai pas aux côtés de la LDH, acteur majeur de la légitimation en son temps de Tariq Ramadan. Je ne défilerai pas à côté de l’UNEF et de Maryam Pougetoux. Si tel qu’elle le syndicat s’est fait discret, la FIDL en est une émanation et nul doute qu’il sera présent. Je ne défilerai pas aux côtés de Mélenchon, traître à la République et à la laïcité. Et surtout je refuse de défiler auprès des syndicats enseignants. Ceux-là même qui par lâcheté ont laissé la situation dériver, qui tiennent des discours plus que complaisants à l’égard des dérives islamistes dans les établissements et qui sont les meilleurs alliés du pas de vague. Il suffit de regarder le communiqué de presse du SNESUP, qui jamais ne nomme l’idéologie à l’œuvre dans cette exécution pour comprendre que tous ces gens ne se rassemblent pas par prise de conscience mais pour s’acheter encore du temps pour vivre paupières cousues. Je défilerai encore moins aux côtés de SOS Racisme dont le discours victimaire et racialiste a contribué a légitimer la sauvagerie que nous constatons. Aujourd’hui tous viennent verser des larmes de crocodiles alors qu’ils sont comptables aussi de toute cette horreur.

Mais surtout j’en ai ras le bol des rassemblements, des fleurs, des couronnes, des bougies et des nounours. Je ne critique aucun de ceux qui défileront et lorsque l’on se sent impuissant, déposer une bougie, témoigner de sa solidarité, c’est déjà ça. C’est juste que personnellement j’ai dépassé ce stade.

J’ai défilé le 11 janvier, j’y ai cru. Il ne s’est rien passé derrière. À l’époque nous étions unis ou nous croyions l’être. Nous ne le sommes plus et tous ces rassemblements et appel à l’union sonnent faux.

Aujourd’hui j’attends des actes et des réponses. Et cela commence par le fait d’arrêter de négocier avec les islamistes, que ce soit sur le terrain en mettant au même niveau, au sein de l’institution, un père radicalisé qui fait de la provocation et veut avancer ses pions intégristes et un professeur qui ne fait que son travail. Marre de cette école qui ne sait pas se faire respecter.

Je me moque que des Ministres pourrissent leur dimanche pour aller à un rassemblement. Je leur demande autre chose : j’attends des propositions du ministre pour que lâcheté et incompétence ne soient pas un accélérateur de carrière pour diriger un établissement et que l’on arrête d’estimer que l’on traite un problème en humiliant un professeur parce que les revendications amenées au nom de l’islam terrorisent les responsables. Marre aussi de voir Mila se cacher et ses agresseurs, eux, être accueillis à l’école de la République car nul ne se soucie de les sanctionner.

Marre aussi de toute cette hypocrisie qui fait que l’on cache le nombre de « oui mais… », notamment des élèves musulmans qui ne sont pas des islamistes. Ils trouvent juste la punition exagérée. Est-ce-que cela ne parle pas d’une éducation humaniste qui a échoué et d’un conditionnement qui, lui, a réussi? On fait quoi face à cette réalité d’un ensauvagement qui ne touche pas tout le monde et monte surtout dans une communauté particulière. Parce que cela n’a rien de génétique mais parle bien d’un travail politique effectué. Et ce genre de travail fonctionne qui déshumanise ce qui n’est pas vu comme appartenant à son clan. Il faut lire l’article du Figaro sur l’attitude de nombre de collégiens rencontrés devant le lieu du drame, il y a de quoi être choqué. Notamment par l’élève qui sans émotion aucune montre la photo de la tête coupée du professeur qu’elle a récupérée sur Twitter et mise sur son téléphone ou par ceux qui se marrent et esquissent des pas de danse.

Une marche ne résoudra rien de tout cela. Il ne manquerait même plus que le CCIF se joigne au cortège et nous aurions touché le fond de l’abjection. La seule réponse qui me paraitrait pertinente serait d’inonder la France pendant une semaine des caricatures de Charlie Hebdo. Sur tous les 4×3, les bus, les métros, dans les mairies, les CAF, les collèges, les lycées… L’effet doit être massif, visible, se voir partout jusque dans les coins les plus reculés. Allons à la reconquête visuelle de notre territoire avec la satire. Rendons hommage au courage de cet enseignant en nous faisant les héritiers et les continuateurs de son geste. Cela aurait plus de sens que ce rassemblement dont les organisateurs laissent pantois quand on ne se demande pas si l’on n’a pas atteint les sommets du cynisme et de la manipulation.