Jean-Jacques Jordi: Les disparus civils européens de la guerre d’Algérie. (vidéo)(rediff)

Pour la première fois un média français a évoqué dans un documentaire les massacres d’Oran de Septembre 1962 : Oran le massacre oublié.

Il y a 7 ans nous vous diffusions l’interview de l’historien Jean-Jacques Jordi qui a longuement travailler sur les horreurs dont se sont rendus coupables les algériens.

A la veille de la date d’anniversaire de ce massacre volontairement écarté de la mémoire nationale, nous avons a choisi de rediffuser cette interview.

Voir aussi:
JEAN-JACQUES JORDI: EN ALGÉRIE, LES EUROPÉENS ONT ÉTÉ VICTIMES D’UNE ÉPURATION ETHNIQUE.
Première diffusion : le 7 juin 2012


Jean-Jacques JORDI est docteur en histoire, et spécialiste de l’histoire des migrations en Méditerranée aux XIXe et XXe siècles, de l’Algérie, des colonisations et des décolonisations et de Marseille.
Il vient de publier   » Silence d’État: les disparus européens de la guerre d’Algérie. » Un ouvrage dans lequel il révèle qu’il y a eu beaucoup plus d’Européens enlevés et disparus , après les Accords d’Evian et après l’indépendance de l’Algérie qu’en   » pleine guerre   » !

Ce constat stupéfiant est la conséquence tragique d’une politique de terreur menée par le FLN avec parfois la complicité du pouvoir français. Jean-Jacques Jordi va même jusqu’à parler d’épuration ethnique quand il évoque les victimes européennes et s’étonne de l’acharnement post-mortem dont leur corps ont fait l’objet. (voir vidéo de la conférence de Jean-Jacques Jordi)

Le travail de Jean-Jacques Jordi est sans manichéisme ni de parti pris. Son livre fait appel à des archives qui jusqu’ici n’avaient pu être consultées. Il nous permet d’appréhender scientifiquement une période trouble et oubliée de l’Histoire…militante.

Première partie

Un tabou – Le nombre de disparus – Le FLN ne respecte pas les accords d’Évian – l’OAS un prétexte pour le FLN et le pouvoir Français – les camps d’internements et la torture – Des charniers – l’acharnement sur le corps des cadavres.

Jérôme Cortier : Vous déterminez trois phases d’enlèvements. Quelles sont-elles ?

Jena-Jacques Jordi : De 1955 jusqu’aux accords d’Évian (18 mars 1962) , il y a à peu près 330 disparus civils. On pouvait s’attendre qu’après les accords d’Évian ce chiffre baisserait. Or, j’ai découvert qu’entre les accords d’Évian et la date d’indépendance (5 juillet 1962), c’est à dire en quelques semaines, il y en a près de 600. Donc deux fois plus qu’en 6 ans de guerre.
Et je m’attendais à un recul de ce chiffre lors de l’indépendance. Or là encore les archives nous montrent que le phénomène prend de l’ampleur avec un nombre de disparus qui ne fait qu’augmenter.

Seconde partie:

Le massacre d’Oran 1962 – Qui a tiré ? – le général Katz – Associations de familles de disparus européens – le mur des disparus à Perpignan – Le manichéisme de certains historiens.

Jérôme Cortier : Est-ce que cette polémique n’est pas symptomatique de la difficulté que nous avons à parler de la guerre d’Algérie dans le débat public mais aussi au sein de l’université ? On a le sentiment d’être constamment confronté à une vision manichéenne de la part d’historiens militants.

Jean-Jacques Jordi : C’est un problème qui dure depuis une trentaine d’années en France. Moi je suis persuadé que nous avons des ouvrages scientifiques sérieux qui donnent une image – puisque l’histoire c’est aussi une reconstruction – la plus proche de la vérité et de la réalité historique.
Sauf que ces ouvrages là ont beaucoup de mal à passer dans la société, mais aussi dans l’enseignement. Ils sont mis de coté par certains historiens qui les jugent trop militants sous prétexte qu’ils ne vont pas dans le sens de leurs convictions.
C’est la manifestation d’un manichéisme déplorable…. car, je le répète, nous avons tout pour faire une histoire de la guerre d’Algérie complète où tout puisse se dire.



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