Jean-Marie Le Pen : «Les conditions sont réunies pour de nouveaux affrontements dans les banlieues»

Le président d’honneur du FN interpelle Hollande et revient sur les incidents de Brétigny et de Trappes pour dénoncer «l’incapacité» du gouvernement.

Le gouvernement se rend compte qu’il ne maîtrise pas la situation et il serait surtout dans l’incapacité de la maîtriser si elle s’aggravait. C’est pourtant le rôle du pouvoir que de prévoir et d’imaginer toutes les situations possibles et dangereuses.

Selon vous, les violences urbaines à Trappes ont été mal gérées ?

Je ne sais pas si cela a été mal géré. Ce que je sais, c’est que dans cette affaire comme dans celle du déraillement du train à Brétigny-sur-Orge, on ne nous dit pas la vérité : on cherche à masquer les choses. Il y a au minimum une édulcoration, quand ce n’est pas une censure complète. […]

Toutes les conditions sont réunies pour de nouveaux affrontements dans les banlieues, comme en 2005 : le nombre d’immigrés a augmenté et la crise s’est aggravée. Nous serions alors dans une extrême difficulté pour maintenir l’ordre. Finalement, le modèle d’intégration français n’a jamais fonctionné puisque cela n’était pas possible dans un cadre d’immigration massive. Pour faire des Français complets – et pas seulement des Français de papier -, certaines conditions doivent être réunies : il faut le désir de devenir Français, un meilleur enseignement, le service militaire et du travail. Or, aujourd’hui, l’enseignement français incline les immigrés à penser qu’ils ont plus de droits que de devoirs et enseigne un mépris de la culture française et de son histoire. Et le communautarisme s’est installé en France : des petits-enfants naissent qui ne se considéreront pas comme des Français. […]

continuer une politique d’immigration massive en sachant qu’on n’avait pas les moyens d’intégrer ces gens-là, c’était admettre ipso facto l’idée qu’ils s’organiseraient eux-mêmes en communautarisme.

Mais il y a un phénomène qui va peut-être ouvrir les yeux des Français : c’est l’immigration massive des Roms, prévisible et probable si la Bulgarie et la Roumanie entrent dans l’espace Schengen.

Manuel Valls a mis en garde contre « des mots dangereux pour la cohésion de la nation ». Selon vous, ce danger existe-t-il ?

Non, toute vérité est bonne à dire même si elle est désagréable à entendre. C’est la condition élémentaire de la démocratie. On ne peut pas juger d’une situation, ni déterminer une politique si on masque au peuple la réalité des choses. Moi, j’ai dit que la présence des Roms était urticante et odorante. Cela a été un tollé épouvantable ! Je renvoie bien sûr ces cuistres à l’étude du Larousse pour qu’ils regardent la différence qui existe entre odorant et malodorant. Quand vous portez un jugement, quel qu’il soit, vous êtes soupçonné de racisme, défini comme le crime absolu. Quelle que soit la phrase que vous ayez dite, elle tombe sous la définition d’incitation à la haine raciale. Moi je suis un diseur de vérité, je suis le tribun du peuple. Je dis ce que je vois. Et l’opinion est en train d’en prendre conscience. L’essentiel de la dédiabolisation du FN tient à ce fait : les gens se disent : « Le Pen avait raison alors qu’on nous a dit que c’était un fasciste, un extrémiste. »

Le gouvernement prépare de nouvelles mesures de rigueur via des hausses d’impôts et une réduction des dépenses. Cela est-il inéluctable ?

Nous avons passé de loin la barre de l’imposition ! Il y a trop d’impôt en France ! C’est donc dans les dépenses qu’il faut trancher. Le gouvernement n’y arrivera pas tant qu’il ne touchera pas à la politique d’immigration.

Le Sarkothon a déjà recueilli 7 millions d’euros pour combler la dette de l’UMP et le parti revendique 40 000 adhérents. Ne vous en déplaise, l’UMP n’est pas morte…

Le FN lui aussi a eu une dette de 10 millions d’euros. Et même s’il n’avait pas les capacités contributives de l’UMP, le FN, lui, n’a pas fait la manche. Il a payé en vendant ses biens. Mais si gogo est content de payer pour l’UMP…

Le Point