Julien Rochedy : «Français de souche», l’incontournable expression.

La polémique sur l’expression « Français de souche » m’a laissé un peu perplexe.

D’un côté, je comprends que les « Républicains » n’aient que « peu de passion » pour ce terme. Il est effectivement contraire à la logique de la société « contractuelle » dite « républicaine ». Les hommes signent un contrat et deviennent citoyens. Ils deviennent, par là, égaux, quelles que soient leurs origines. C’est la pensée issue du contrat social de Rousseau, et celle, qu’aujourd’hui, des « penseurs » comme BHL louent. Et parce que cette vision institutionnelle & volontaire de la société a triomphé sur l’autre – la traditionnelle, l’essentielle, l’enracinée – en la diabolisant violemment, même des Marine Le Pen sont obligés d’y céder et d’y consentir. Que ce soit par crainte de la polémique ou par sincère adoption de cette philosophie, on peut comprendre que les « Républicains » n’usent pas de cette référence aux français de vieille race.

Le problème, c’est que lorsque des soi-disant « Républicains » emploient cette expression dans un diner communautaire, celle-ci devient parfaitement valable, et même, bientôt, obligatoire. François Hollande, comme avant lui Nicolas Sarkozy, avec tous leurs aréopages de ministres et d’importants, en allant voir et en parlant à « des Français juifs », « des musulmans français » ou à je ne sais quelle communauté noir, arménienne ou autre, ont déjà biaisé la philosophie républicaine originelle. Ce faisant, dans cette nouvelle France aux différentes communautés, il faudra bien nommer celle qui n’appartient à aucune autre. Celle, encore majoritaire, de ceux qui ne sont que Français. On les appelle les Français de souche, soit. Parce qu’ils ne peuvent plus rester longtemps ceux à qui on ne parle pas, ceux qui n’ont pas de nom, les institutions seront amenés, demain, à ne les appeler plus qu’ainsi. C’est écrit.

Le fait est que la défrancisation mélée aux naturalisations de masse, ont détruit à jamais, je crois, le principe autrefois suffisant de « citoyenneté française ». Les Républicains sincères peuvent pleurer et en appeler aux mânes de la IIIe République et du Général de Gaulle, c’est déjà terminé. Je comprends leur logique ; je la trouve juste désuète. Nous sommes entrés dans l’ère des communautés. L’américanisation du monde occidental le veut. L’épuisement des nations européennes aussi. Et l’immigration massive, continue, insistante, et qui va persister, l’oblige.

« Français de souche » entrera dans la logique institutionnelle, mais l’expression entrera, surtout, dans le monde de demain. Il va falloir s’y faire. S’habituer aux Français « noirs », aux Français « arabes », aux Français « juifs », aux Français « arméniens », aux Français « chinois », etc etc, et, aussi, car ils existeront encore un peu, aux « de souche ». D’ailleurs, il y a de grandes chances que, très vite, le qualificatif « Français » disparaisse, et qu’on ne garde plus que celui qui suit.

En définitive, parce que rien ne peut arrêter ce processus, les appels « à la République » ne sont que dilatoires. C’est bien joli, bien intentionné, mais c’est déjà trop tard.

Rochedy.Fr