« La chloroquine guérit le Covid-19 » : Didier Raoult, l’infectiologue qui aurait le remède au coronavirus

On vous en parlait en début de semaine

Quelques heures après la publication de cet entretien le jeudi 19 mars, Donald Trump et les Etats-Unis ont « approuvé » le recours à la chloroquine contre le coronavirus en arguant que le médicament avait « montré des résultats préliminaires très très encourageants » : « Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement. »

Alors que la France et l’Europe expérimentent leurs premiers jours d’un confinement historique, la question émerge logiquement : où en sommes-nous de l’élaboration d’un traitement du Covid-19, la maladie provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 ? Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille et membre du conseil scientifique dédié au coronavirus, dit être en mesure de guérir le Covid-19, grâce à l’emploi de la chloroquine. Ce lundi 16 mars, dans un exposé vidéo rencontrant un succès « viral » sur les réseaux sociaux, le professeur expose en effet les résultats positifs de ses essais cliniques : sur 24 patients atteints du coronavirus, les trois quarts étaient guéris en six jours après avoir reçu de la chloroquine.

Succès des essais cliniques, et après ?

Depuis ce lundi, le cours des événements semble lui donner raison : après ces « essais jugés prometteurs« , le laboratoire français Sanofi s’est dit prêt ce mardi 17 mars à offrir à l’État des doses de Plaquenil, un traitement anti-paludique dont la substance active est la chloroquine, pour 300.000 malades. Un peu plus tôt dans la journée, Sibeth Ndiaye expliquait quant à elle, à la sortie du Conseil des ministres : « En accord avec le professeur Raoult, le ministère de la Santé a souhaité que nous puissions étendre cet essai clinique. »

La chloroquine, c’est quoi ?

Qu’est-ce dont que ce fameux remède ? L’hydroxychloroquine, dérivé de la chloroquine, est un anti-paludique, principe actif des médicaments commercialisés sous le nom de Plaquenil. Cette molécule serait redoutable contre le Covid-19. Dans son exposé du lundi 16 mars, le professeur Raoult constate : « C’est spectaculaire, la charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. (…) On a pu comparer la négativation du portage viral chez des patients qui ont suivi le protocole, avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement. Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis que ceux qui ont reçu le traitement sont 25 % à être positifs« .

Source : IHU Méditerranée Infection

chloroquine/Azithromycine

Contacté par Marianne, le professeur nous explique la nouveauté essentielle de ses tests : la découverte de l’efficacité de la combinaison d’un autre médicament avec la chloroquine : l’azithromycine, un antibiotique contre la pneumonie bactérienne. Chose qu’il détaille dans une autre vidéo, datant de ce 17 mars. Il explique à Marianne : « On savait que c’était un antiviral efficace, qu’il marchait sur le virus Zika. Il a été employé chez des millions de gens. On a découvert son efficacité anti-bactérienne, mais aussi anti-virale. On a décidé dans nos expérimentations d’ajouter un traitement d’Azythromicyne pour éviter les surinfections bactériennes. Les résultats sont donc encore plus spectaculaires quand on ajoute l’azithromycine à l’hydroxychloroquine« .

Le professeur explique avoir découvert l’efficacité de cette combinaison chloroquine/azithromycine le « week-end passé » : « Tout cela est très nouveau, il a fallu des malades, quand on a commencé à en avoir, on a fait valider le protocole thérapeutique, puis nous avons communiqué les résultats ensuite. »

Fake news ?

Mais rembobinons quelque peu. Jusqu’à la présentation de ses récents essais cliniques, Didier Raoult ne trouvait pas audience dans les hautes sphères de l’Etat et du ministère de la Santé. Le 25 février dernier, il publiait une vidéo intitulée « Coronavirus : fin de partie« . Sauf que « Les Décodeurs », média de fact-checking du Monde, ont signalé cette vidéo comme étant « partiellement fausse », conduisant Facebook (qui officie en accord avec « Les Décodeurs ») à accoler un bandeau « Information partiellement fausse » sur la vidéo de Didier Raoult. Et poussant le ministère de la Santé à le considérer de la sorte. Il a depuis renommé sa vidéo « Vers une sortie de crise« , amenant « Les Décodeurs » à retirer leur signalement. Dans sa vidéo de ce lundi, Didier Raoult a réagi : « Le Monde a décidé que ce que je disais, en rapportant ce qu’avaient publié les Chinois, n’était pas vrai. Il y a même eu ‘fake news’ pendant 36 heures inscrit sur le site du ministère de la Santé !« .

« Non ce n’est pas trop tard, mais nous avons perdu trop de temps ! Il ne faut plus tarder mais agir : détecter et traiter »

L’homme nous confie être encore amer quant au mépris dont il dit avoir été victime. Sans baisser les bras pour autant : « Je discute beaucoup avec le gouvernement et avec des personnes au plus haut niveau de l’Etat. Je comprends ce qui fait partie de l’écosystème des décideurs, ce n’est pas une surprise que d’avoir été mis de côté. » Lorsqu’on l’interroge sur le revirement de l’Etat quant à ses travaux depuis lundi dernier, il répond : « Les temps changent ! Je garde mon cap, j’ai des difficultés à juger aussi par moment, je passe mon temps à expliquer que les maladies infectieuses sont très compliquées et multi-factorielles, j’imagine que la politique, c’est pareil ! » Quant aux accusations de « fake news » ? « Préférer les opinions aux faits est une maladie. Mais je n’en veux à personne, changer d’avis, c’est mieux que de rester idiot. » Sur les 300.000 médicaments à base de chloroquine que compte offrir Sanofi à la France, il confie : « Ça, croyez-moi, j’étais au courant avant vous !« . Mais, s’il explique « continuer sa série de test cliniques« , Didier Raoult précise : « Je ne fais pas de communication avant d’avoir prévenu le ministère de la Santé. Dès que j’aurai un nouvel article à faire paraître, je communiquerai de façon transparente pour informer la population, pas avant. »

« La chloroquine est très connue »

Lire la suite sur le site de Marianne