La déflation salariale menace la France

On vous l’avait dit : faute de pouvoir dévaluer l’euro, nos grands sachants vont baisser vos salaires. C’est d’ailleurs en partie ce que prévoit l’ANI ( l’accord national interprofessionnel) que la gauche vient de retranscrire ( une première historique) dans la loi. Dans quelques années on aura des adeptes de la secte de gauche qui viendront pleurer sur les conséquence de cet accord… et nous leur diront : « souvenez-vous c’est la gauche qui l’a faite passer quand elle était au pouvoir. » Et il repartirons, la tête basse, déçus, mais toujours décidé à voter… à gauche. On ne fait pas d’un âne un cheval de course.

voir aussi : Nicolas Doze : il faudra baisser les salaires.(vidéo)

– – – – – – – – – – – – –

La baisse des coûts salariaux crée une concurrence au sein de la zone euro. La déflation pourrait s’étendre.

Certains économistes – à commencer par ceux de la Commission européenne – pointent les premiers signes de redressement de la compétitivité dans les pays en récession. Sous l’effet des politiques de consolidation budgétaire, assurent-ils, l’Espagne, le Portugal, la Grèce l’Irlande voient leurs coûts salariaux baisser depuis le début de la crise – le salaire par tête a même retrouvé son niveau de 2006 en Grèce – et regagnent des parts de marché en Europe.

Les économistes de l’OFCE, s’ils ne nient pas ces évolutions, y voient eux les prémices d’un nouveau danger pour la zone euro, une déflation salariale qui pourrait s’installer durablement, avec des conséquences dramatiques, notamment pour la France.

Xavier Timbeau soulignait hier, lors de la présentation des prévisions 2013-2014 de l’OFCE, que les politiques d’austérité ont conduit à la destruction de 4,7 millions d’emplois depuis le début de la crise de la zone euro : « Tant qu’une situation de chômage prévaudra dans la zone euro, la pression sur les salaires sera à la baisse », d’autant que « la hausse de la pauvreté pèsera sur les revenus des ménages » et sur les salaires, « nourrissant ainsi la déflation salariale ».

Les dirigeants européens ont souhaité ce résultat, rappelle l’économiste de l’OFCE, en notant que cette stratégie « non coopérative » s’est déjà révélée payante pour la Grèce, l’Espagne et le Portugal puisque ces trois pays ont gagné des parts de marché au détriment de l’Italie, des Pays-Bas, de la Belgique et de la France, dans une moindre mesure de l’Allemagne.

« La France est prise en sandwich entre l’excellence compétitive de l’Allemagne et la déflation salariale espagnole », note Xavier Timbeau, pour qui cette « course aux parts de marché va accroître la pression sur ceux qui n’ont pas encore adopté la stratégie de la déflation salariale », comme la France, augmentant ainsi le risque de contagion de la déflation à l’ensemble de la zone euro.

Le deuxième méfait collatéral de cette pression à la baisse sur les salaires est qu’elle limite la progression des revenus et de la consommation. « La déflation salariale rend le processus de désendettement privé encore plus difficile, voire intenable », souligne l’OFCE. Or les ménages sont encore très endettés dans les pays en crise, jusqu’à 120 % en Irlande et 90 % au Portugal. S’ils ne pouvaient plus faire face à leurs échéances, ce sont les banques qui seraient à nouveau fragilisées, replongeant la zone euro dans une situation « inextricable ».

Les Echos