La grande peur du Figaro : Marine devant Nicolas

Malgré ce que prétendent les sondeurs dont nous avons vu comment ils manipulaient les chiffres, Marine Le Pen est proche de Nicolas Sarkozy. Donné à 27% et 24% Sarkozy bénéficie d’un redressement à la hausse. Donnée dans les derniers sondages à 17,18%, Marine Le Pen est « lissée », c’est à dire qu’elle est estimée à la baisse par rapport aux données bruts. Tout dépend donc du taux de redressement pour l’un et du lissage pour l’autre. En sachant que les marges peuvent aller jusqu’à 5%… je vous laisse faire les calculs. C’est ce qui explique que dans certains milieux on commence à paniquer…. comme au Figaro par exemple.

Quoiqu’il en soit on aura encore vu le rôle néfaste que peuvent jouer les instituts de sondages tous affiliés à la droite ou à la gauche, dans cette élection. Ils auront fossilisé le bipartisme , en encourageant les uns et décourageants les autres. Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Voter sans prendre en compte les sondages et selon vos propres convictions.

Analyse de Claude Soula, grand reporter au Nouvel Observateur, sur le soutien du Figaro à Nicolas Sarkozy.

Le problème du Figaro, sa grande peur, celle qui sera tranchée dimanche, c’est en fait que Marine le Pen soit devant Sarkozy. C’est le scénario cauchemar qui fait peur à la direction.

C’est vrai qu’ils sont allés très loin le Figaro dans le soutien unilatéral au président sortant, pendant cette campagne. Mais sont-ils allés plus loin que ne va la presse de gauche dans le soutien à ses candidats et dans la lutte contre Sarkozy ? Pas certain.

Ce soutien inconditionnel, quasi absurde, n’explique pourtant pas les rumeurs étranges autour du départ de Etienne Mougeotte. Il n’a fait qu’agir en accord avec le propriétaire Serge Dassault.

On imagine mal François Hollande demander la tête de Mougeotte pour autant en cas de victoire : d’abord parce que si la gauche passe, le Figaro se fera plus accommodant pour ne pas gêner les intérêts industriels de son proprio. Ensuite parce que le Figaro de 2012 n’est pas plus marqué que le Figaro de 1981, quasi insurrectionnel. […].

Après tout ce que le journal a écrit comme horreurs sur Hollande, comment pourrait-il alors soutenir le PS au second tour ? Ce sera impossible. D’autant que ses éditorialistes sont objectivement bien plus proches du FN que du PS. A l’image de la droite française, dans un scénario pareil, l’état major du Figaro imploserait. Dans deux jours maintenant, ils sauront…

Le Nouvel Obs