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La Grèce va avoir besoin de 11 milliards d’euros supplémentaires

Selon le FMI, il manquera beaucoup d’argent à Athènes après la fin du programme d’aide européen. La question de la restructuration de la dette se pose à nouveau.

Il manquera donc 11 milliards d’euros à la Grèce d’ici 2015. C’est le FMI lui-même qui confirme ce que beaucoup soupçonnait déjà dans une étude parue ce mercredi. Et encore, cette évaluation est optimiste, selon l’institution de Washington.

11 milliards d’euros de trou, au mieux

Le rapport du FMI estime à 4,4 milliards d’euros les fonds qui manqueront à Athènes à la fin de l’année 2014, une fois que le plan d’aide du FESF aura officiellement été clos en juillet. Sur l’ensemble de l’année 2015, les finances publiques grecques auront encore besoin de 6,5 milliards d’euros pour satisfaire leurs engagements. Mais ces estimations sont elles-mêmes fondées sur un présupposé qui est loin d’être acquis : la reprise de la consommation et de l’investissement et un large soutien politiques aux « réformes. » Surtout, il faudra qu’Athènes tiennent ses engagements en matière de privatisations.

Risques persistants

« Les risques sont clairement ceux d’une dégradation », a déclaré Poul Thomsen, le responsable de la mission pour le FMI. Il est vrai que la reprise en Grèce ne se laisse pas facilement apercevoir, même si on peut attendre un ralentissement de la dégradation conjoncturelle. De même, la stabilité politique de la Grèce demeure problématique. Depuis le départ du parti Dimar de la coalition gouvernementale, sa majorité est très mince. Or, en cas de scrutin anticipé, l’actuelle majorité est loin de pouvoir compter sur …une majorité

Les causes du dérapage

Pourquoi cette dérive ? Les raisons ne manquent pas : la croissance des revenus est loin d’être satisfaisante compte tenu de la baisse du PIB. Les privatisations sont très difficiles à mener, en grande partie en raison du manque d’acheteurs. Enfin – et surtout – il y a le poids de la dette. Le refus de plusieurs banques centrales nationales de renouveler les obligations grecques arrivant à échéance génère une nouvelle charge pour le budget grec.

Vers une nouvelle restructuration ?

Immanquablement, donc, va se poser la question de l’annulation d’une partie des dettes grecques. Même si Wolfgang Schäuble, le minsitre allamend des Finances, a, ce week-end, a refusé de discuter de cette option, elle semble incontournable. A moins de prévoir un nouveau plan d’aide qui, à terme, alourdira encore le stock de dette de la Grèce. Selon le FMI, il faut prévoir une annulation de 4 % du PIB, soit environ 12 milliards d’euros pour que, dans l’hypothèse optimiste du FMI, le ratio dette sur PIB soit conforme en 2020 aux 124 % du PIB prévus.

Reste à savoir qui participera à cette nouvelle restructuration et quelle sera son ampleur. Si, comme celle de 2012, elle repose sur des prévisions extravagantes et est limitée aux créanciers privés, elle pourrait être inutile. Une fois de plus.

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