La Mosquée islamiste de Bordeaux: Juppé a une tendresse pour les frères musulmans

Il y a un an, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé jugeait « intéressants » les échanges qu’il avait eu au Caire avec des jeunes issus du mouvement islamiste des Frères musulmans.
Il avait même déclaré lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de sa visite:

« Le dialogue que j’ai eu avec l’ensemble de cette délégation, et en particulier avec les membres des Frères musulmans, a été intéressant, et m’a permis de bien mesurer que la présentation qui est faite parfois de ce mouvement mérite d’être éclairée et approfondie »

Mais Monsieur Juppé n’est pas sans savoir que le chef des Frères musulmans n’est autre que Al Qaradawi, l’imam que le gouvernement vient opportunément d’interdire  après que le Front National et une série d’associations se soient indignés du visa qui lui avait été délivré.

Petit rappel des propos tenus par Al Qaradawi:

Sur le djihad «Vers Jérusalem nous nous dirigeons, martyrs par millions.» (vidéo)

«L’opération martyre est le plus haut de toutes les sortes de djihad dans le sentier d’Allah.» (lire)

Sur les juifs «Allah a imposé Hitler sur les juifs pour les punir, et si Allah le veut, la prochaine fois, ce sera par la main des croyants» (vidéo)

Sur les homosexuels: « Les diverses écoles de pensée (de l’islam) divergent d’opinion quant à la façon de punir (les gays). Certains disent qu’ils devraient être punis comme les fornicateurs. (…) Certains disent qu’ils devraient être projetés du haut d’endroits élevés comme Dieu l’a fait avec les gens de Sodome. Certains disent qu’on devrait les brûler, etc. Il y a désaccord. La chose importante c’est de traiter cet acte (homosexuel) comme un crime. » (vidéo)

Fatwa contre Noël dans toute la péninsule arabe : « Il est déraisonnable que de telles célébrations puisse avoir lieu au Qatar, qui se trouve dans la péninsule arabe et dont la langue de la population est musulmane.» (vidéo)

 

Mais le ministre français des Affaires étrangères  ne se contente pas de parler avec les frères musulmans, il leur donne aussi les moyens de prêcher « leurs bonnes paroles » en France. En effet, comme le précise Joachim Véliocas auteur du livre « Ces maires qui courtisent l’islamisme « , Alain Juppé déroule le tapis rouge à un imam marocain dont le modèle est Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères Musulmans…La conquête du pouvoir politique est évoquée explicitement par l’islamiste qui va diriger la Grande Mosquée de Bordeaux…

 

 » J’ai dis dès le départ qu’il me semblait normal et même nécessaire que les musulmans de notre ville puissent pratiquer leur culte [note : les musulmans modérés apprécieront l’amalgame avec les islamistes de l’AMG qui portent le projet] dans une mosquée moderne (…) nous sommes en contact permanent avec les promoteurs du projet c’est à dire l’Association des musulmans de la gironde [ note: affiliée à l’UOIF, fédération islamiste proche des Frères Musulmans] , le recteur de la mosquée l’imam Tareq Oubrou et nous espérons que ce dossier va avancer, j’ai dis que je ferai  tout pour qu’un terrain soit disponible [ note: le terrain a déjà été acheté par la mairie] sur la rive droite c’est le site que nous avons choisi (…) j’espère que le projet pourra se concrétiser dans les prochains mois« 

L’imâm Oubrou dont parle Juppé est bien connu de nos lecteurs. Le livre-enquête Ces Maires qui courtisent  l’islamisme paru récemment a analysé sur  70 pages ses références doctrinales, ses liens avec des associations islamistes et ses positionnements fluctuants au cours des années, l’homme se polissant crescendo à mesure de la progression de son accès aux médias.

Quelques citations  extraites d’une de ses conférences en interne, avant son opération séduction avec la république, auraient pourtant dû suffire à justifier un renvoi au pays :

« le Califat est une obligation, et la réunion des musulmans, l’union autour de ce Calife est une obligation. Et tant que les musulmans ne sont pas réunis autour du Califat, ils sont des pécheurs, sauf ceux qui oeuvrent pour restaurer ce Califat »

« L’islam comme le veut le Coran touche à tous les domaines de la vie. C’est un Etat, c’est un pays […] il regroupe toute la communauté dans une géographie. Il n’y a pas de frontières […] la frontière entre deux pays est une hérésie méprisable en islam. Les Frères musulmans ne reconnaissent pas les frontières entre les peuples musulmans. »

 » La politique est une donnée, est une partie, est un élément de l’islam. Le Prophète était un chef d’Etat. »

« La politique des musulmans ce n’est pas la politique des autres, la politique des autres est construite sur le mensonge »

 » L’imam Al-Banna veut qu’on soit comme des salafistes car on interprète pas, car l’interprétation peut prêter à l’abus, par conséquence on peut risquer d’abolir une caractéristique (des attribus de Allah)»  « on entre pas dans le comment car c’est un champs qui est  hors de portée par rapport à notre raison. Ce n’est pas une innovation de la part de Al-Banna car c’est une attitude qui a été adopté par Muhammad et ses compagnons »

 » tout homme qui réfute un verset formel du Coran, ou bien qui interprète un verset du Coran abusivement est considéré comme en dehors du cercle de l’islam »

Source : Tareq Oubrou, Les bases de la compréhension de l’islam chez l’imam Al-Banna. conférence visionnable en ligne. datation non précisée, estimée au milieu des années 90.

Pour une analyse complète du futur imam de la Grande mosquée de Bordeaux lire Ces Maires qui courtisent l’islamisme, éditions Tatamis.