La propagande des Think tanks de l’UMP/PS

Les média-complices présentent l’institut Montaigne comme un club de réflexion. Il ne s’agit en réalité que d’un groupe de pression qui n’obéit qu’aux intérêts de la caste. Dirigé par l’affairiste Claude bébéar, l’Institut Montaigne mène des actions de lobbying auprès des média et de la classe politique. Moralement éprouvés par la montée de Marine Le Pen, les membres de l’institut ont choisi de rédiger un pseudo-rapport sur la sortie de l’euro. C’est aujourd’hui sur ce document de propagande ( ainsi que celui du Terra Nova, groupe de pression émanant du PS) que repose le contre argumentaire des journalistes chargés d’interviewer Marine Le Pen ou Dupont-Aignan. Et en bon petit soldats , on les entend  pérorer depuis de longues semaines les mêmes inepties qui peuvent passer aux yeux des plus crédules comme des vérités révélées.
Roland Hureaux, essayiste et homme politique proche de Nicolas Dupont-Aignan, a décidé de tordre le coup aux canards boiteux de l’institut Montaigne et à leurs valets. Une texte de riposte qui malheureusement n’aura pas la puissance de feu des média dominant… mais nous savons que la résistance est toujours discrète et minoritaire, c’est pour cela que nous vous en proposons la lecture.

A quoi jouent les “think tanks”

L’Institut Montaigne n’a pas craint de mettre en péril sa crédibilité en publiant une étude économique qui présente la sortie de l’euro comme une catastrophe : de 6 à 19 points de PIB en moins, un million d’emplois perdus, 500 milliards de dollars dilapidés, etc. Ces chiffres, dans leur exagération, ressemblent à un tract de propagande électorale.

Est-il besoin de dire pourquoi une telle étude ne tient pas debout ? D’abord, rien ne dit que l’éclatement de l’euro signifierait une dévaluation. Les nombreux experts (nous parlons de vrais experts pour le coup) qui se penchent sur le sujet à travers le monde, par exemple ceux de la banque Nomura au Japon, pensent que la France serait peu affectée : le nouveau franc vaudrait ce que vaut aujourd’hui l’euro. Il n’y aurait dévaluation que par rapport au mark et encore limitée : de 12 % environ, réévaluation par rapport à presque tous les autres pays. Les chiffres fantastiques avancés par l’Institut Montaigne reposent essentiellement sur l’idée que la dévaluation entraînerait, outre la hausse des produits importés, une perte de confiance dans la monnaie, donc un crédit plus cher pour les entreprises, donc des licenciements, la baisse du PIB, etc.

Pourtant, une hausse substantielle des taux d’intérêt, si elle a lieu, ferait remonter la monnaie et donc annulerait les effets de celle-ci ; les entreprises les plus solides continueraient à s’autofinancer ; d’ailleurs les banques n’ont pas attendu un tel événement pour resserrer le crédit aux entreprises. En matière de crédit public, le spread de la France prend déjà en compte une certaine décote par rapport à l’Allemagne. Surtout cette étude passe sous silence le grand avantage de la dévaluation, que tous les manuels classiques expliquent : la baisse des prix à l’exportation et donc l’ouverture de nouveaux marchés.

Ces gains sont tels que la plupart des dévaluations dont l’histoire économique récente offre l’exemple, selon un scénario désormais monotone, quoique toujours redoutées, se sont révélées bénéfiques. À condition, bien entendu, d’être accompagnées de mesures de rigueur, mais ces mesures laissent, précisément parce que les prix redeviennent compétitifs, une espérance de redressement, ce qui n’est pas le cas des plans imposés aujourd’hui à la Grèce. En France, celles de 1958 et de 1969 furent un stimulant puissant de l’activité : les cinq années Pompidou demeurent celles des plus forts taux de croissance que la France ait connus. Plus près de nous, on citera la dévaluation du franc CFA en 1994, celle du peso argentin en 2002, qui ont vu les pays concernés sortir de l’ornière. Et que dire de la Chine qui, en maintenant le yuan sous-évalué de 50 %, envahit les marchés mondiaux, accélère son industrialisation, tout en précipitant la désindustrialisation du monde occidental ? Certes, les États de la Méditerranée, grâce à la dévaluation de la lire, de la peseta et de la drachme, seraient encore plus compétitifs que nous. Mais la France, retrouvant sa souveraineté monétaire, pourrait plus facilement ajuster la valeur de sa monnaie.

Cela ne veut pas dire que l’éclatement de l’euro n’aurait pas d’inconvénients : le choc serait considérable non seulement pour l’économie européenne mais aussi pour l’économie internationale. Mais ce serait un choc psychologique et politique, pas technique : sur le plan technique, le principal perdant serait la Chine à laquelle l’euro, surtout l’euro fort, ouvre largement les portes du marché européen.

A vrai dire l’intérêt principal du rapport de l’Institut Montaigne, à cause même de ses outrances, est de présenter au grand jour combien on pense peu dans la plupart des think tanks français. Leur expertise est en réalité de l’idéologie et rien d’autre. Loin d’être des instituts scientifiques, ces officines, publiques ou privées, ne sont que des laboratoires où se décline et se met en forme la pensée dominante.

Le caractère endogamique de leur recrutement les prévient d’ailleurs d’être toute autre chose. Il est acquis depuis au moins trente ans que, si l’on n’est pas un atlantiste à tous crins, on ne saurait diriger ou entrer dans un institut de recherche stratégique ou diplomatique ; que, si l’on n’est pas archi-européen, archimondialiste et évidemment croyant dur comme fer à l’euro, on ne saurait entrer ou se voir confier la moindre tâche par l’Institut Montaigne, la Fondation Concorde, la Fondation pour l’innovation politique, etc. Un économiste hostile à l’euro y est considéré, non comme un contradicteur respectable, mais comme une brute avinée, alors même que ses doutes rejoignent ceux de tous les Prix Nobel d’économie.

L’adhésion à la pensée unique, qui est aujourd’hui la condition non écrite de l’accès aux postes de responsabilité dans l’État, les banques ou les entreprises du Cac40, est aussi celle des think tanks dits libéraux.

Il faut donc bien se dire que là où on croyait trouver la science, on ne trouve que l’idéologie, là où on croyait trouver un vrai débat, on ne trouve que l’intolérance. En fait d’expertise, ces officines doivent être tenues pour ce qu’elles sont : une version libérale de l’Académie des sciences d’Union soviétique au temps de Mitchourine et de Lyssenko.

 

Roland Hureaux, essayiste

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