Média-mensonge et propagande,  Politique

La télévision au service des candidats démagos

Pourquoi Bayrou ou Hollande passent pour des alternatives alors qu’ils ne sont que des candidats d’alternances? Comment ces candidats démagos sans programme et coresponsables idéologiquement de la crise, peuvent se présenter impunément à l’élection sans réveiller les soupçons des média de masse? Tout simplement parce que ces derniers privilégient les postures et les grandes envolées lyriques au détriment de la réflexion et de l’intelligence (comme nous l’avons vu avec l’interview de Marine le Pen par Lapix).

Le site le bon dosage vous explique: (ceci n’est qu’un extrait pour lire le texte en entier c’est ici)

La télévision, le citoyen et la politique

Nous la savons tous, pour être élu dans notre pays il faut être capable de toucher un maximum de citoyens. Malheureusement pour nous, pour y arriver, il faut au préalable en passer par les seuls médias capables d’influencer un maximum de personne en un minimum de temps. Et même si internet progresse et augmente son influence force   est de constater que c’est toujours l’espace télévisuel qui domine l’opinion publique. La télévision fait toujours l’opinion publique et il faudra de nombreuses décennies et plusieurs générations pour que les nouveaux médias moins pyramidaux et largement plus démocratiques puissent renverser cet état de fait. Il y a trop de générations éduquées par la télévision pour que la simple apparition de nouveaux médias puisse d’un seul coup casser le monopole de la pensée. D’ailleurs en un sens la pensée unique est essentiellement le fruit de la télévision. Il est dommage d’ailleurs qu’Emmanuel Todd n’ait jamais inclus dans ses réflexions anthropologiques les effets de la télévision même s’il s’est amusé il y a quelques années à proposer la nationalisation de TF1. Un remède bien insuffisant face à la catastrophe que représente ce média. La télévision est par nature l’ennemie de la réflexion et de l’esprit critique, c’est une machine à inhiber le cogito cher à Frédéric Lordon. La télévision a en fait plusieurs limites qui lui interdisent la réflexion et la transmission réelle de l’information. En premier elle manque toujours de temps, c’est d’autant plus vrai maintenant que le marché s’est emparé d’elle. Et quand je dis emparé cela ne signifie pas que cette réalité puisse se résoudre par une simple nationalisation. En effet le marché s’est emparé culturellement de la télévision en ce sens que ceux qui font la télévision sont entièrement façonnés par l’idéologie de l’audimat et de la course à l’audience. Il s’agit d’une réalité que la simple nationalisation ne pourra pas résoudre. On le voit d’ailleurs très bien aujourd’hui puisque la télévision publique n’est guère meilleure que la télévision privée. Le manque de temps et la course à l’audience sont les deux seules mamelles de la télévision et c’est une chose qui sera bien difficile à changer. Je ne fais ici que reprendre les analyses de Pierre Bourdieu qui ne disait pas autre chose sur le fonctionnement du petit univers télévisuel. Croire qu’il peut ressortir quelque chose d’intelligent d’un média presser et approximatif revient à croire aux contes de fées.

Le deuxième inconvénient de la télévision c’est sa nature asymétrique. Car dans l’information qui y est diffusée, il n’y a pas d’interactivité entre le spectateur et le producteur d’information. Cette asymétrie est caractéristique de tous les médias depuis l’invention du livre, seul internet semble rompre cette asymétrie. Cependant, la télévision à cause du coût de production lié à ses contraintes techniques n’a pas permis l’apparition d’une vaste quantité de chaines de poids équivalent qui pourrait permettre un certain pluralisme comme on n’a pu le connaître dans la presse écrite. De fait, elle constitue un élément de pouvoir considérable et elle est capable de modifier la représentation de la réalité chez une part extrêmement importante de la population. Encore une fois, internet est loin de pouvoir rivaliser avec la force de frappe des grandes chaines de télé, c’est un fait. À cette réalité se conjugue la dévitalisation politique chez nos concitoyens résultant de l’accroissement des difficultés économiques lié aux politiques néolibéraux et à l’individualisme croissant qui conduit nos concitoyens à se renfermer sur eux même.

Les historiens du futur mettront peut-être la télévision comme le phénomène déclencheur du déclin de la civilisation occidentale. Mais même si elle n’est pas responsable de tout elle a un rôle indéniable dans la décrépitude du débat public. On le voit à l’heure actuelle où des candidats, coresponsables idéologiquement de la crise, peuvent se présenter impunément à l’élection comme des alternatives alors qu’ils sont de parfait clone idéologique de Sarkozy. C’est vrai autant pour un Bayrou que pour un Hollande. Comme je l’avais écrit il y a presque un an Hollande sera le candidat parfait pour faire une grande purge libérale. Il est d’ailleurs possible que la France ne se relève jamais de ce quinquennat. Mais nos concitoyens n’ont pas conscience de cette réalité, car à la télévision seule reste les postures et les grandes envolées lyriques. On peut dire tout, et son contraire, sans que cela ne se voie. La télévision au centre du débat public c’est l’assurance de la domination des sophistes. Raisonnement boiteux et postures morales résumant les débats qui oublient l’essentiel, à savoir les propositions concrètes. Le « Pourquoi ?» et le « Comment ?» sont oubliés, au profit de la démagogie la plus puante. Seule la nature télévisuelle permet de masquer la réelle substance des discours. Au demeurant les candidats les plus démagogues à l’heure actuelle dans le débat public ne sont pas ceux qui prônent la sortie de l’euro ou la répudiation de la dette comme laissent entendre les soldats du petit écran, mais bien au contraire ceux qui chantent la rigueur et le remboursement d’une dette aux origines absurdes.

 Faut-il interdire la télévision ?

Voilà une proposition-choc n’est-ce pas ? Une atteinte immense à la liberté individuelle. Le libéralisme simpliste qui tient lieu d’idéologie en carton à nos concitoyens se réduisant à penser toute limite collective uniquement comme des atteintes à la liberté . Et ce, alors qu’elles en sont bien souvent les meilleures garanties. Il ne viendrait à l’idée de personne aujourd’hui de légaliser les produits toxiques comme l’amiante en arguant qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté, c’est pourtant exactement ce type de réaction que l’on provoque lorsque l’on parle d’interdiction ou de limitation dans des secteurs moins directement dangereux. La télévision est un poison pour l’esprit, une machine à détruire la démocratie, une saloperie qui dégrade les facultés cognitives des plus jeunes, mais son existence ne devrait pas être remise en question ? Si l’on croit au débat démocratique alors cette question doit pouvoir être posée. La télévision en tant qu’instrument démocratique est un échec total, elle permet à quelques citoyens très riches de produire la totalité de l’information selon leurs propres intérêts. La télévision détruit les familles et les relations entre les parents et les enfants. Il est en plus démontré aujourd’hui qu’elle fait exploser la délinquance et qu’elle surexpose les jeunes aux questions sexuelles à un âge trop précoce pour eux. De fait au nom de la salubrité publique nous devrions en tant que citoyens réclamer son interdiction pure et simple. Les gens qui voudront s’informer pourront toujours lire des journaux ou aller sur internet des médias où la pluralité est tout de même nettement plus présente. Des médias où le temps que l’on octroie à l’information permet de réellement s’informer et non de se faire endoctriner par nos émotions.