La vie des français de souche dans un territoire perdu de la république.

Évènement: un journaliste du journal Le Monde (1) a osé sortir de son bureau pour se rendre en reportage dans une modeste cité d’une petite ville de la banlieue parisienne. Et là surprise !: misère, immigration, islamisation et violence. Pour ceux qui n’ont pu partir, ils ont le sentiment de vivre dans une impasse d’où personne ne viendra les sortir.

C’est bien Le Monde découvre le monde… en 2012 et à 6 mois des élections, il serait temps.

Quelques extraits:

Quand tout cela a-t-il commencé à déraper ? « C’est difficile à dire. Quand on s’aperçoit des choses, c’est trop tard. » M. Jean situe tout de même le basculement dans les années 1980. La cité a commencé à accueillir des familles délogées des squats de Paris qui entravaient les projets immobiliers de prestige dans la capitale. « Elles ont commencé à s’installer à un bout de la rue et puis ont remonté à chaque appartement libéré. On mettait quatre personnes dans un logement et on en voyait d’autres arriver avec des valises d’on ne sait où. Très vite, les gens se sont entassés dans des F3. »

Quand il s’agit de décrire les nouveaux venus, le discours s’embarrasse un peu, les mots deviennent encombrants, le vocabulaire forcément connoté. Alors on cherche, on change : les étrangers, les immigrés, les Noirs, les Africains, les Arabes, les Maghrébins. Les anciens habitants, eux, sont partis, appartement après appartement.

Autres circonvolutions, contorsions de langage pour décrire cette population en fuite : les Français, les Gaulois, les Blancs. Mme Françoise et M. Jean sont restés.(…)

(…) « Je vois des jeunes circuler à bord de voitures comme jamais je ne pourrais en avoir alors qu’ils sont officiellement au RSA. Ici, c’est tout petit. On connaît la situation de chacun. » Mme Françoise dit retrouver régulièrement de la drogue cachée derrière les compteurs. Elle ne descend plus seule dans sa cave. Même si sa cité a été épargnée par les émeutes de 2005, elle voit régulièrement de ses fenêtres des voitures brûler sur le parking, notamment au Jour de l’an.(…)

(…) »Les gamins jouent en toute impunité à des choses qu’ils voient à la télévision ou entendent avec le rap, explique M. Jean. Ils refont l’histoire. Pour eux, on reste les colons. Chez les parents, c’est la loi du silence. Ils n’osent rien dire. Ils ont peur de leurs enfants ou peur de la police parce qu’ils sont en situation irrégulière. »

Il y a peu, les deux témoins voient également la religion musulmane prendre la rue. « Depuis un an ou deux, les femmes sortent maintenant avec le voile. La fille de ma voisine s’est mise à le porter, il y a six mois. Ça m’a fait un choc. Les hommes se laissent pousser la barbe et s’habillent à la pakistanaise. » Une salle de prière devrait bientôt ouvrir dans la cité.(…)

(…)EN DÉCALAGE

Alors, Mme Françoise et M. Jean ont commencé à se sentir en décalage, pour ne pas dire esseulés. « Nous nous retrouvons enfermés dans un ghetto », résume M. Jean. Ils se sentent intrus dans « leur » cité. « On me conseille de partir, on me dit que je n’ai pas à occuper seule un appartement de 60 m2, dit Mme Françoise, qui a perdu son mari. Je ne demande pas mieux que de me barrer mais je n’en ai pas les moyens. »

(…) Aujourd’hui, affirme Mme Françoise, « ce qui se passe à la télé, ce qu’il dit à l’Elysée, on s’en balance, ça ne nous concerne plus ». Ils iront quand même voter puisqu’ils l’ont toujours fait. Mme Françoise a arrêté son choix : « Sarkozy ? Il n’y a pas de risque que je me fasse avoir à nouveau. A gauche, il n’y a personne qui puisse vraiment changer les choses. Alors, pour moi, je vous le dis tout net, ce sera Marine Le Pen et tant pis si ça pète. »(…)

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