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L’assassinat de Daniel Pearl éclaire l’attentat de Karachi

A l’issue d’un récent déplacement aux Etats-Unis, le juge Marc Trévidic a acquis la certitude que l’attentat de Karachi, tout comme l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl, sont liés à des contrats d’armement.

 

 

… Qu’il s’agisse de l’explosion de la bombe ou de la décapitation filmée du journaliste, la cause du drame est, à chaque fois, la même : le non-respect, par le pays dont les ressortissants sont la cible, de contrats d’armement passés avec le Pakistan. Pour Daniel Pearl, c’est l’accord portant sur la livraison d’avions F-16, signé en 1990 avec les Etats-Unis. Pour les salariés de la Direction des constructions navales (DCN), dont onze ont été tués dans l’attentat, il s’agit du contrat Agosta, conclu avec la France en 1994 et portant sur la livraison de sous-marins. Dans les deux cas, derrière l’apparence purement « islamiste » des opérations, l’implication des services secrets pakistanais (ISI) ne fait plus aucun doute.(…)

(…) A la demande du juge Marc Trévidic, la justice américaine a questionné Omar Cheikh sur ces courriels. Ce dernier les a formellement authentifiés. Pour le juge français, cette authentification est essentielle : elle accrédite le contenu du rapport Nautilus qui, depuis 2008, sert de fil rouge à son enquête.

Rédigé en septembre 2002 à la demande de DCN, ce document voit dans l’attentat un « but financier ».

« Il s’agissait d’obtenir le versement de commissions non honorées » dans le cadre du contrat Agosta, indique-t-il. Ces généreuses commissions auraient donc engendré des rétrocommissions destinées à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Jacques Chirac, vainqueur, aurait coupé ce circuit financier. Les services pakistanais auraient alors décidé de faire pression sur la France en perpétrant l’attentat de Karachi.

« Impossible », rétorquent les sceptiques, insistant sur le délai de sept ans entre la décision de Jacques Chirac et l’attentat de Karachi. Un argument que Marc Trévidic peut, désormais, facilement contredire : Daniel Pearl n’a-t-il pas été assassiné douze ans après la conclusion du contrat des F-16? Le magistrat, qui rencontre aujourd’hui comme chaque année l’ensemble des parties civiles du dossier Karachi, devrait partager avec eux cette analyse.(…)

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