Le chômage a explosé en février et bat un nouveau record

Le chômage a encore progressé de 0,9% en février, selon les chiffres du ministère du Travail publié ce mercredi 26 mars. Jeunes comme séniors sont touchés. Le nombre total de chômeurs atteint donc 3.347.700 personnes. Soit un niveau 3,5 fois plus important qu’à la fin janvier. C’est même le deuxième plus mauvais résultat enregistré depuis un an. Au total, le nombre de chômeurs recensés dans la catégorie phare frôle les 3,35 millions.

14973332-dessin-anime-book-explosion-comic-boomUne vraie gifle, qui devrait laisser des traces et sans doute avoir un impact dimanche lors du deuxième tour des municipales.

Selon les données communiquées par le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a bondi de 31.500 à la fin du mois de février, pour atteindre 3,35 millions. Un nouveau record!

Cette hausse, la quatrième d’affilée, est même la deuxième plus importante (hors contrecoup du bug SFR fin septembre) enregistrée depuis un an, renvoyant un peu plus aux calendes grecques la promesse de François Hollande d’inversion de la courbe, attendue pour la fin de l’année dernière. Si on inclut les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite (catégories B et C), la progression est légèrement moindre, avec 7900 chômeurs inscrits de plus fin février, pour désormais frôler les 5 millions de personnes inscrites.

Sur un an, les hausses enregistrées avoisinent dans toutes les catégories les + 5 %.

 

Explosion aussi des radiations

Quoi qu’il en soit, tous les indicateurs ont définitivement basculé dans le rouge le mois dernier.

Le chômage des jeunes? En hausse de 0,3 % sur un mois (mais en baisse de 1,5 % sur un an, seule donnée positive du cru de fin février). Celui des 25-49 ans, qui jusqu’alors était relativement contenu? En progression de 1 % en février. Les seniors? Leur nombre d’inscrits a explosé de 1,3 % par rapport à fin janvier. Les chômeurs de longue durée, inscrits depuis plus d’un an? Là encore en hausse de 0,6 % sur un mois, avec une prime spéciale pour les «très longue durée» (sans emploi depuis plus de trois ans) qui voient leur nombre enfler une nouvelle fois de 1,4 % en un mois (et même 17,9 % sur un an) et dépasser les 610.000 personnes. L’ancienneté moyenne au chômage? Augmentée de deux jours, à 517 jours, un nouveau record.

Ces résultats sombres auraient en outre pu être bien pires sans l’explosion de 28,2 % des radiations administratives sur un mois ou la progression de 11,2 % des cessations d’inscription pour défaut d’actualisation. Deux données qui ont donc minimisé l’ampleur de la progression…

La situation est tellement mauvaise que Michel Sapin, dans son communiqué, ne parle même plus de tendance -le ministre avait pris l’habitude ces derniers mois de présenter les données mensuelles en tendance sur plusieurs mois pour tenter de cacher les hausses successives. Et pour cause: en moyenne sur les deux premiers mois de 2014, la hausse atteint les 20.200 chômeurs par mois, soit un niveau très supérieur aux + 2500 du quatrième trimestre 2013, aux + 5500 du troisième et même aux + 18.000 du deuxième. Au final et en tendance, tout juste la France fait-elle en ce début d’année 2014 qu’au premier trimestre 2013 où la progression atteignait, en moyenne, les + 33.000 par mois. Bref, un retour un an en arrière qui met l’Hexagone totalement en dehors de la trajectoire d’inversion de la courbe.

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