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Le Maire de Castanet interdit les repas sans porc !.. et c’est bien. (vidéo)

En décidant qu’il n’y aurait plus de repas particulier à la cantine scolaire de Castanet-Tolosan, le maire s’est rappelé le rôle majeur qu’ont tenues les guerres de religion dans l’histoire de cette terre occitane (1). Mais il a surtout dévoilé une réalité qui est souvent occultée par les média et les décideurs de notre pays :

La mutation sociologique et culturelle que subissent les zones periurbaines, conséquence de la mondialisation, de l’immigration et du multiculturalisme, est souvent à l’origine d’un séparatisme culturel et social de plus en plus dangereux pour l’équilibre de notre Nation.

Les repas sans porc à Castanet-Tolosan : une fracture française encore invisible pour nos élites.

Castanet-Tolosan est une ville du sud-est de Toulouse, plantée aux portes du Lauragais. En 30 ans, ce village, aux mœurs paysannes et à l’économie agricole qui comptait moins de 2000 habitants en 1978, est devenu une ville de plus de 10 000 habitants selon le recensement de 2007. ( soit presque 3000 habitants de plus tous les 10 ans).

Cette croissance démographique a entrainé une mutation sociologique et une explosion de l’urbanisme.
Aujourd’hui, Castanet-Tolosan est l’une des seules villes à proximité de Toulouse qui applique la Loi SRU avec presque 20% de logement sociaux. Le Maire Arnaud Laffond, ré-élu aux dernières élections municipales grâce aux divisions de la gauche pourtant omnipotente localement, avait promis lors de son premier mandat de mettre fin à l’urbanisation. Promesse non tenue.

Aujourd’hui Castanet-Tolosan se trouve confrontée, dans une moindre mesure, aux mêmes problèmes que sa grande sœur et voisine Toulouse : insécurité, communautarisme, pollution…etc.
Bien sûr il y fait encore bon vivre, mais l’affaire des repas uniques imposés aurait été in-envisageable il y a encore 10 ans.
Elle révèle les conséquences d’un multiculturalisme que les habitants les plus pauvres de ces zones périurbaines ont souvent voulu fuir, refusant d’ habiter dans des banlieues où le référent culturel dominant n’ était plus le leur. Aujourd’hui ils sont rattrapés par l’évolution démographique, l’immigration et la progression de Toulouse sur les campagnes environnantes.

La réaction de la gauche et des associations antiracistes témoigne qu’ils n’ont toujours rien compris.
Leur vision bipolaire qui voudrait qu’il y ai, d’un côté des banlieues ethnicisées et précarisées et de l’autre une « France des pavillons » constituée de classes moyennes protégées, est une vision manichéenne trop souvent entretenue par le traitement médiatique des banlieues et soutenue par la politique de discrimination positive territoriale dont ces dernières bénéficient.

Nous savons que les ménages les plus pauvres, victimes de la mondialisation, ne vivent pas dans les banlieues, mais dans les zones periurbaines et les zones rurales. Or ce sont souvent ces gens-là qui sont les véritables oubliés de nos dirigeants et de nos média.
C’est ce que démontre très bien le géographe social Christophe Guilluy dans son essai «Fractures françaises» (2). Un essai dans lequel il décrit le processus mis en œuvre dans les banlieues et qui risque bien de se reproduire ces prochaines années dans les zones periurbaine sous la pression conjuguée de la démographie et de l’immigration incontrôlée :

la question de l’immigration n’est que très rarement analysée comme une histoire double, celle de l’immigré, mais aussi celle de l’accueillant, l’autochtone, qui a été peu à peu dépossédé de son territoire au rythme du basculement démographique. L’équilibre fragile entre accueillant et arrivant a ainsi été remis en cause par la permanence et l’accentuation des flux migratoires ; sur certains territoires, les minorités et majorités deviennent relatives. Dans ce contexte d’insécurité démographique et culturelle, l’autochtone n’est plus ce qu’il a toujours été, un « référent culturel ».

La polémique qui est née à la suite de la décision du maire de Castanet-Tolosan signe l’échec du multiculturalisme souvent vanté par les élites mais que rejettent en masse les classes populaires.
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’un certain nombre de français ont l’impression d’être dépossédé de leur culture, de leurs valeurs, de leur principes, et surtout, d’être les victimes d’une indignation à géométrie variable. Un deux poids deux mesures qui ne fait que renforcer le ressentiment et le séparatisme que nous constatons aujourd’hui, et qui risque une nouvelle fois de s’exprimer dans les urnes en 2012… comme en 2002, et 2007.


Repas unique dans les écoles de Castanet par BFMTV

(1) Catharisme, protestantisme, affaire calas, croisades… la liste est longue. mais il y a cependant une période rarement évoqué, c’est celle de la bataille de Toulouse qui se déroule le 9 juin 721 et qui bien avant Charles Martel voit la victoire du Duché d’Aquitaine sur le Califat omeyyade. Cette victoire permet d’arrêter momentanément l’avancée de l’Islam en Europe de l’Ouest pendant un peu plus d’une décennie.
Eudes d’Aquitaine signe un traité de Paix avec Charles Martel en 720 après lui avoir livré Chilpéric. Une paix qui va lui permettre de mener la bataille contre les arabes qui conquièrent l’Espagne depuis 711 et viennent de prendre Narbonne . Il triomphe de l’émir Al-Samh ibn Malik al-Khawlani entre Toulouse et Carcassonne en 721 (bataille de Toulouse),…. à Castanet-Tolosan !!!! (voir http://www.couleur-lauragais.fr/pages/journaux/2002/cl40/balade.htm)
En 725 et 726, il mettra par deux fois en déroute l’émir Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi.
Et En 731, les Arabes préféreront finalement éviter Toulouse et de sinistres souvenirs.

voir: http://www.prechi-precha.fr/2011/09/16/le-maire-de-castanet-tolosan-a-t-il-voulu-rendre-hommage-a-eude-daquitaine-vainqueur-du-califat-omeyyade/

(2)En travaillant sur les territoires, je me suis rendu compte que la vraie question sociale allait bien au-delà de la question des banlieues, omniprésentes dans le discours politique et les représentations médiatiques. Cela m’a amené à me pencher sur des catégories populaires totalement absentes du discours politique, a savoir les employés et les ouvriers, actifs ou retraités, vivant principalement dans les zones rurales et périurbaines, où les taux de pauvreté sont très élevés, le niveau de revenu moyens très faible, où la mobilité et le retour à l’emploi, en cas de chômage, présentent de grandes difficultés du fait de leur éloignement des lieux économiques et de pouvoir. Ces catégories sont les premières victimes de la mondialisation, du fait de la dominante industrielle ou résidentielle de ces espaces et de leur éloignement géographique du marché des emplois qualifiés moins sujets aux aléas de la croissance.
http://www.emploiparlonsnet.fr/figures-libres/fractures-sociales-l-illusion-d-optique