Quand l’Europe nous propose le protectorat…

Depuis plusieurs mois, la crise de l’euro secoue l’Europe du Sud. Des mouvements sociaux de grandes ampleur ont traversé l’Espagne et la Grèce dont la note vient d’être encore dégradée par l’agence Moody’s. Au Portugal, la crise a pris une dimension politique conduisant à des élections législatives anticipées, le 5 juin. A l’issue de ce scrutin, le Parti Socialiste enregistre un revers sérieux. Il revient donc à une coalition de droite d’appliquer les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. Au regard d’une aide de quelque 78 milliards d’euros, le Portugal devra mettre en œuvre de sévères hausses d’impôt, des réductions de dépenses publiques qui devraient avoir pour effet une augmentation du chômage qui atteint déjà 12,4% de la population active.

On constatera qu’aucune réflexion n’est engagée, ni au niveau de l’Union, ni au niveau des Etats membres sur le caractère durable et souhaitable de la zone euro. En revanche, le président de la Banque centrale européenne M. Jean-Claude Trichet vient de nous faire part de ses propositions – sinistres – pour l’avenir. Il s’agit tout simplement de créer un ministre européen des Finances, doté d’un important budget fédéral, assurant la représentation auprès des institutions financières internationales et ayant droit de veto sur des décisions nationales.

Le traité de Lisbonne a mis à mal la souveraineté des Etats membres sur le plan de la politique extérieure. Les propositions de M. Trichet reviennent à leur confisquer la souveraineté financière. Que sont des Etats qui ne disposent plus de la souveraineté internationale et de la souveraineté financière ? De simples protectorats. L’Union européenne n’est finalement rien d’autre que l’expression d’un nouvel impérialisme qui veut réduire les pays membres à un statut colonial.

Pour la dignité des hommes et des femmes de notre continent, au regard de notre longue histoire, pour le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il est temps d’arrêter cette machine infernale.

par Alain Bournazel, du Comité de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.