Le sénateur PS Robert Navarro, ami de François Hollande dans le collimateur de la justice.

Et encore un. Après DSK, Guèrini, Dalongeville, Christian Bourquin, Pierre Mauroy, Lyne Cohen-Solal, Sylvie Andrieux ou François Pupponi, c’est au tours de Robert Navarro sénateur de l’Hérault et proche du candidat François Hollande, de se trouver dans le collimateur de la justice.
L’enquête porte sur une plainte du PS déposée en avril 2011 pour « abus de confiance ». Il est question de 42 000 euros de repas commandés dans une pizzeria et réglés par la fédération PS de l’Hérault, mais aussi de « factures de déplacements en avion sans lien avec le fonctionnement de la fédération, de frais d’hôtels et de restaurants. La police financière de Montpellier se concentre aussi sur les voyages effectués sur Air France par l’ex-premier secrétaire de la fédération de l’Hérault et ex-député européen. Des voyages à Bruxelles, à Prague, à Budapest ou à Marrakech, où il était parfois accompagné de son épouse et d’autres membres de sa famille. Des documents comptables laisseraient penser que certains trajets professionnels ont été remboursés deux fois : par le Parti socialiste et par le Parlement européen.

Bien qu’exclu du PS pour avoir soutenu Georges Frêche, Robert Navarro a été nommé responsable local de la campagne de François Hollande pour la course à la primaire socialiste.

Les petits règlements de comptes juridico-politiques auxquels se sont livrés les socialistes lors des primaires commencent à faire taches ! Comme le juge Paul Aliès, un proche de Montebourg, qui pense que M. Hollande a fait un mauvais pari. « Il est resté muet en attendant de voir ce qui se passait pour Guérini. Mais lorsqu’il a vu que la direction laissait ce dernier tranquille, il a intégré M. Navarro. »

L’ancien conseiller régional se souvient d’une amitié et d’un soutien ancien de M. Hollande à M. Navarro. « Cette amitié avec M. Hollande lui a été bien utile pour obtenir divers mandats nationaux, au conseil économique et social, au sénat ou comme eurodéputé. » Alors premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande avait d’ailleurs autorisé de manière exceptionnelle Robert Navarro à rester premier secrétaire fédéral tout en siégeant à Bruxelles de 2004 à 2008. Un cumul en principe interdit par les statuts du PS.

Interrogé fin août dans Midi-Libre à propos de M. Navarro, François Hollande justifiait d’avoir fait appel à lui : « Robert, je le connais depuis longtemps (…). Il a, comme d’autres, été exclu du PS, mais il n’y a pas de raison de les exclure davantage. »
source le Monde