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Bernard Marris : «Le socialisme est une doctrine morte»

Dans cet article lu sur libé, on comprend que le prof d’économie Bernard marris alias Oncle Bernard est un peu désabusé. L’augmentation de la TVA décidée par ses amis socialistes ne lui convient pas. Il est touchant de voir oncle bernard dans le rôle du cocu. « Le parti socialiste n’est pas assez de gauche », semble découvrir l’ancien chroniqueur de Charlie hebdo …. mais où a-t-il vu que Hollande et toute sa bande étaient socialistes ?  On attend maintenant la repentance du présomptueux et outrecuidant Emmanuel Todd. Que va bien pouvoir dire celui qui a réussi l’exploit de soutenir un Hollande révolutionnaire tout en faisant la promotion du protectionnisme ?. Quel genre d’argutie sera-t-il capable d’inventer pour ne pas se désavouer ? Après avoir trompé son monde, comment Todd va -t-il s’y prendre pour éviter que le grand public ne se rende enfin compte de ce qu’il est, c’est à dire un faux savant et un vulgaire sophiste ?

Le virage de Hollande est l’échec de tout ces paltoquets de la pensée économique et sociale. Dans une démocratie normale, ces  petits Lyssenko de la politique seraient privés de parole et nous n’aurions qu’à fermer le couvercle de la poubelle derrière eux…. mais nous ne sommes pas dans une démocratie normale.

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A lire le lamento émouvant d’oncle bernard… snif, snif…..

«Virage», «tournant», «révolution copernicienne» pour la gauche : ainsi la presse qualifie-t-elle les mesures sur la compétitivité annoncées mardi par Jean-Marc Ayrault. Et particulièrement la principale d’entre elles : un crédit d’impôt massif de vingt milliards d’euros au bénéfice des entreprises, financé notamment par une hausse de la TVA et une réduction des dépenses publiques.

Pour l’économiste Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France et auteur d’un désabusé Plaidoyer (impossible) pour les socialistes, paru chez Albin Michel, ces annonces ne font que confirmer un mouvement entamé de longue date : l’édulcoration de la doctrine socialiste et sa soumission au «carcan économique».

Après les dernières annonces sur la compétitivité, avez-vous le sentiment que François Hollande se soit renié ?

Pas vraiment. Il avait déjà pris une pente gestionnaire pendant sa campagne, avec son objectif d’une réduction drastique du déficit budgétaire, qui relève d’une analyse comptable de l’économie. De toute façon, les socialistes sont de farouches défenseurs des entrepreneurs depuis Edith Cresson [Premier ministre de François Mitterrand en 1991-1992, ndlr]. Il est faux de dire qu’il y a une haine entre eux. L’actuel gouvernement estime que la compétitivité dépend du coût du travail. C’est une analyse typique de la droite, qui considère le travail, non pas comme un investissement, mais comme une charge. La hausse de la TVA, dont on voit mal la différence avec la TVA sociale de Nicolas Sarkozy, va dans le même sens.

Cette préférence pour une politique de l’offre, et pas de stimulation de la demande, est-elle inédite pour le PS ?

Selon moi, le tournant remonte tout de même à la rigueur décidée par François Mitterrand en 1983. A partir de cette date, il se plie à la mondialisation et à l’exigence de concurrence libre et non faussée. Pour sa réélection, en 1988, Mitterrand rédige d’ailleurs une «lettre à tous les Français» dont les considérations sur la compétitivité pourraient être réutilisées à la virgule près aujourd’hui.

Le rôle de Pierre Bérégovoy [ministre de l’Economie, puis Premier ministre entre 1988 et 1993] a été considérable dans la financiarisation de l’économie française. Avant lui, Jacques Delors avait commencé avec sa politique du franc fort. Le PS de Jospin, avec ses privatisations, et d’aujourd’hui, est en plein dans cette ligne. Malgré quelques retours de flamme doctrinaux, comme les 35 heures, dont ses concepteurs ont presque eu honte de dire qu’ils les inscrivaient dans la tradition d’un Léon Blum.

Une autre politique est-elle encore possible dans le cadre des engagements européens de la France, tels que le traité budgétaire et sa limite du déficit à 3% ?

Sur la macro-économie, effectivement, le PS ne peut pas faire très différemment. On ne peut pas se battre avec des sagaies contre des tanks. La métaphore de la guerre économique est plutôt bonne. Le PS n’a pas le choix, mais ce n’est pas du socialisme, c’est pour ça que je ne lui en veut pas trop. Il vit sur une doctrine édulcorée, apprivoisée, soumise au carcan économique. C’est une doctrine morte. Elle a accompli l’essentiel de sa tâche en 1945, avec le programme du Conseil national de la Résistance. D’autres avancées ont suivi, mais le plus gros était fait. Depuis, les socialistes ne font qu’un travail de résistance à la dégradation de l’Etat-providence, pas de proposition.

N’y a-t-il plus aucune différence avec la droite ? Et avec les partis sociaux-libéraux allemands ou britanniques ?

La droite s’est peu à peu «socialisée», et on assiste donc à une convergence des deux doctrines. Le RSA, le revenu minimum d’existence, la croissance verte, le mariage homosexuel… Je suis convaincu que n’importe quel homme de droite avec un peu de bon sens pourrait reprendre ces mesures à son compte. Avec les autres partis sociaux-démocrates d’Europe, il y a toujours une différence rhétorique; mais ce sont les actes qui comptent, pas les envolées lyriques. On se rapproche d’eux à petit pas, et on n’en était déjà pas loin avec Delors et Bérégovoy.

Quelle alternative à ce socialisme à gauche ?

A titre personnel, je me raccroche au courant écologiste décroissant. Après la guerre, le libéralisme a triomphé en proposant un mode de gestion de la violence fondé sur le libre-échange : on ferait du commerce au lieu de faire la guerre. Socialistes et communistes proposaient un autre contrat, fondé sur le partage, mais toujours avec l’abondance matérielle en ligne de mire. Il faut maintenant aller vers une abondance spirituelle, avec un contrat fondé sur l’intelligence et la recherche. Mais le socialisme reste pris dans le maelstrom productiviste.

 

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