Rediff: Le vrai visage de Manuel Valls, d’Emmanuel Ratier : un boycott médiatique révélateur

Premieré publication le 24 MAI 2014

Cet ouvrage n’a pas reçu l’accueil des medias qu’il méritait, qui s’en étonnera ?

C’est un livre qui dévoile non seulement les mensonges de Manuel Valls sur sa famille mais, surtout, et plus intéressant, même si cela n’a pas vraiment été dit jusqu’à ce jour,  met à jour son parcours, son itinéraire, les magouilles électorales (ce que l’on pourrait appeler « trafic d’influence »), son mépris pour le peuple…

r-MANUEL-VALLS-large570Imaginez un livre qui dévoile le dixième de tout cela sur Marine Le Pen, son auteur courrait les plateaux, les émissions de radio, on ne verrait que lui dans les débats et émissions politiques… D’ailleurs, c’est ce qui s’était passé  quand Caroline Fourest et Fiametta Venner avaient écrit leur livre sur Marine Le Pen, plein de diffamations qui ont valu à ses auteurs une condamnation en justice. Fourest avait bénéficié d’une publicité gratuite éhontée, on n’avait vu qu’elle sur les plateaux pendant plusieurs semaines.

Quant à Emmanuel Ratier…  A part TV Libertés, Radio courtoisie et les sites de réinformation sur le net… Silence radio.

Nous ne nous en étonnons pas, il y a beau temps que nous savons comment fonctionne la presse aux ordres, largement subventionnée,

destinée à nous manipuler. C’est le retour de la Pravda et je vous invite à consulter régulièrement l’OJIM (Observatoire des Journalistes et de l’Observation médiatique), plus qu’éclairant, pour en savoir plus.

Revenons donc au contenu de ce livre, qui aurait dû, en toute objectivité, être évoqué par tous ceux qui se piquent d’analyser la politique ou de faire de la politique puisqu’il met à jour le parcours de celui qui vient d’être nommé Premier Ministre de la 5ème puissance économique mondiale, Premier Ministre du pays qui est l’une des 5 puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU…

Est-il sérieux de confier la destinée   de cette puissance  à une girouette, à un menteur, à un ambitieux mettant la manipulation et la communication (l’esbrouffe) avant le changement, le vrai, celui qui serait dans l’intérêt du peuple ?   

Est-il légitime de laisser aux manettes de notre pays quelqu’un qui a rejoint en 2008 le groupe de Bilderberg, dont l’un des co-fondateurs  disait en 2005 :  » Il aurait été presque impossible pour nous de développer notre plan pour le monde, si nous avions dû nous soumettre aux projecteurs publics pendant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et mieux préparé pour progresser vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers du monde est sûrement préférable à l’autodétermination nationale ayant eu cours aux siècles passés…«  (page 35)

Qui s’étonnera ensuite des paroles de Hollande nous interdisant de voter l’an prochain, une élite politique dont fait partie Valls ayant décidé unilatéralement, sans consultation, de    diviser par deux le nombre des régions et de supprimer les départements d’abord ?     Vous avez dit « magouilles électorales » ?    

Est-il légitime de mettre aux manettes du pays de Condorcet, de Jules Ferry et des Hussards de la République un cynique qui disait en 2011 :  » Il y a un énorme travail à faire à l’école, dès les plus petites classes, sur les religions, le sexe, le racisme… » ? Qu’on   soit pour ou contre GPA, islam, homosexualité, droit de vote des étrangers ou régularisation des clandestins tout cela n’a pas de place à l’école, chargée d’apprendre à lire, écrire, compter. Tout enseignant digne de ce nom  a et doit avoir une déontologie et une éthique : pas de prosélytisme, quel qu’il soit, à l’école. Et il appartient au Premier Ministre de garantir à nos enfants cette neutralité absolue, pas d’en orchestrer la violation. (page 38)

Est-il légitime de mettre aux manettes de notre pays un ministre de l’intérieur auquel son successeur à la mairie d’Evry aurait fait appel dans une délicate affaire  où l’appel d’offres légitime de gestion des encombrants aurait été bafoué au bénéfice  d’une autre société dont, par ailleurs, le successeur de Valls était président…? (pages 41-42)

Est-il légitime de mettre aux manettes de notre pays un homme qui, lorsqu’il était maire, a augmenté la dette de sa commune de 276% entre 2001 et 2013, a fait augmenter de façon vertigineuse les impôts des ménages de sa commune, commune où  la cour des comptes relevait en 2006 qu’il y  avait 45 véhicules de service dans une ville où seul le directeur général des services est censé disposer d’une voiture de service  ? (pages 42-43)

Est-il légitime de mettre aux manettes de notre pays un homme qui, au lieu d’un projet de société prenant en compte l’homme et sa commune, ne songe qu’à calculs, organisation et communication ? Est-il légitime que la ville d’Evry, entre 2001 et 2003 ait vu son budget communication augmenter de 852 % (page 41) et que Manuel Valls ait veillé à placer au conseil municipal un représentant de chaque communauté, faisant du communautarisme électoraliste et de la politique à l’américaine, incompatible avec les traditions françaises ? (page 40)

Est-il légitime de mettre aux manettes de notre pays un ministre de l’Intérieur qui méprise les travailleurs au point d’avoir exclu de la cérémonie des vœux au personnel les secrétaires de son ministère pour les réserver aux seuls membres de son cabinet, membres qui,  eux, avaient le droit d’entrer par la grille d’honneur…?   (page 64). Les familles nobles et bourgeoises veillaient, avant que la République n’abolisse ces pratiques, à réserver aux gens du peuple, domestiques et autres salariés, l’entrée de service, réservant à ceux de leur caste l’entrée principale et l’escalier d’honneur… Ainsi, aujourd’hui, une mégalomane narcissique s’autorise à ne pas chanter l’hymne du pays qu’elle sert, un ambitieux qui rêve d’être roi et une ambitieuse  qui se verrait bien calife à la place du calife, introduisent interdits vestimentaires (décolletés…), entrées séparées, passage dans les couloirs quand sa majesté déjeune… Et il faudrait que le peuple, en plus, dise merci et continue de voter pour ces usurpateurs ?

Bref, le livre d’Emmanuel Ratier est une mine pour qui cherche à comprendre comment on se rend indispensable, comment on conquiert le pouvoir, comment on piétine ceux qui vous ont élu…

J’avais écrit, à la sortie du livre, un papier critique sur la foi d’un  article paru sur Nouvelles de France ; Emmanuel Ratier qui contestait certaines de mes impressions m’a fort courtoisement envoyé son livre, je l’ai lu et apprécié mais je n’ai malheureusement pas trouvé de quoi renier ma première impression. Emmanuel Ratier n’est pas toujours objectif et c’est dommage.

D’abord, le parti-pris de « critique juive »   que je lui reprochais est bien le sien puisque l’article de Nouvelles de France sur lequel je me fondais était, ni plus ni moins, la quatrième de couverture de Le Vrai Visage de Manuel Valls. Ensuite, les rares moments où l’auteur du livre oublie la prose neutre et objective du journaliste concernent toujours, comme par hasard, la communauté juive… Il parle ainsi page 57 de « l’incroyable dérive depuis bientôt 5 ans de Manuel Valls dans son soutien inconditionnel » à la politique israélienne et au gouvernement de Benyamin Netanyahou. »   » Dérive ? » « Incroyable dérive » ? Là où on aurait pu et dû voir une évolution, simplement… Le mot est à nouveau utilisé page 83 « il faut apprécier [son acharnement sur Soral-Dieudonné(ndlr)] à l’aune de sa lente dérive en direction de l’extrême droite israélienne« .

On trouvera également suspect son acharnement à chercher tout ce qui, dans l’entourage de Manuel Valls, pourrait avoir un rapport avec la communauté juive, le summum se trouvant page 84 :  » Le dossier (Dieudonné) sera confié à son directeur de cabinet adjoint, Thomas Andrieu, chargé des cultes et des libertés de cultes, issu lui-même du Conseil d’Etat. Ce membre du Siècle est marié à une inspectrice des finances, Marguerite Bérard, petite-fille d’un artisan juif ukrainien, fabricant de bracelets-montres à Belleville [… ] et d’une secrétaire dans une organisation israélite« .  Aller chercher jusqu’aux origines juives des grands-parents de la femme du directeur de cabinet du Ministre  et le rapporter, en en faisant ainsi une information porteuse de sens, ça pose question.  

Alors oui il faut lire le livre d’Emmanuel Ratier, mais les yeux ouverts, sans se laisser prendre aux insistances, aux détails inutiles qui servent un dessein politique… J’écrivais il y a  un mois que c’était a priori un livre soralien… Je persiste et signe et me demande si les attaques contre Valls auraient été les mêmes si ce dernier avait eu un parcours inverse de celui qui est dénoncé, pro israélien il y a dix ans et pro palestinien à présent…   Mais c’est tout de même un excellent livre.

Christine Tasin