Politique

L’enquête sur Denis Baupin classée sans suite pour prescription

L’enquête ouverte le 10 mai 2016 après les révélations de huit femmes accusant Denis Baupin d’agressions et de harcèlement sexuel a été classée sans suite « pour prescription », même si certains faits étaient « susceptibles d’être qualifiés pénalement », a annoncé lundi 6 mars le parquet de Paris. Les témoignages de quatre élues écologistes et de quatre autres femmes dénonçant les agissements du député écologiste (ex-EELV) avaient d’abord été publiés sur le site Mediapart et chez France Inter. Au total, quatorze femmes avaient témoigné contre l’élu dans les médias.

« Il apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits », car datant de plus de trois ans, a fait savoir le procureur de la République, François Molins, dans un communiqué.

L’enquête « s’est attachée non seulement à recueillir les témoignages des victimes présumées qui s’étaient préalablement exprimées dans la presse mais aussi à entendre celles révélées par l’enquête », a-t-il précisé. De« nombreuses personnes () susceptibles de pouvoir apporter des témoignages utiles » ont, par ailleurs, été entendues.

« Le communiqué du parquet est très clair : c’est une forme de victoire pour nous, même si j’aurais préféré qu’il [Denis Baupin] soit poursuivi », a expliqué au Monde, Sandrine Rousseau, secrétaire nationale adjointe d’EELV, l’une des quatre femmes à avoir porté plainte contre M. Baupin. Cette dernière juge que leur action « a mis ce phénomène de société au cœur du débat » et a permis de« faire évoluer la loi » pour ce type de délits, dont la prescription a été doublée par un texte voté en février, passant de trois à six ans, ce doublement n’étant pas rétroactif.

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