Économie, Écologie...,  Politique

Les demandes d’asile ont augmenté de 55% en 4 ans

«Le nombre de demandes d’asile a augmenté de 55% ces quatre dernières années et pourrait atteindre les 60.000 demandes en 2011», alerte Beauvau . (…) L’Hexagone concentre, quoi qu’il en soit, à lui seul «20% de la demande d’asile en Europe». Il se situe, selon le ministre de l’Intérieur, «à la deuxième place au niveau des pays industrialisés, derrière les États-Unis». Or, précise Claude Guéant, «on assiste à l’accroissement des demandes d’asile infondées». Ce qui se vérifie, dit-il, par la baisse constante des dossiers acceptés: à peine plus de 10.000 statuts de réfugié accordés en 2010, contre 11.500 en 2008. Quand vendredi l’administration donnait une suite favorable à plus d’un tiers des demandes, elle n’en accepte même plus un quart aujourd’hui. (…)

Le coût de l’hébergement d’urgence, dans des hôtels notamment, a augmenté de 85% en trois ans.

Cette dérive a également un coût: le budget de l’asile a augmenté de 40% en deux ans, dépassant le demi-milliard d’euros en 2011. Du jamais vu depuis que cette procédure existe. Car il faut bien héberger et assister financièrement les demandeurs, logés, pour une large part, dans des hôtels, sachant que les places en centre d’accueil restent limitées à 21.000. Soit trois fois moins que le nombre de candidats. (…)

Le budget de l’asile politique aura augmenté de 40% cette année, pour dépasser, selon les prévisions, les 520 millions d’euros. Le poste budgétaire le plus élevé concerne l’hébergement des demandeurs d’asile: 334 millions. Un peu moins 40% des personnes sont placées dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada). Elles touchent alors une allocation mensuelle de subsistance (AMS) calculée selon la composition familiale, les ressources de chacun et les prestations offertes par le centre d’accueil, comme la restauration par exemple. En 2011, l’AMS s’élèvera à 16% des 199 millions d’euros consacrés par l’État au fonctionnement des Cada, soit environ 32 millions d’euros. Ceux qui ne vont pas en centre d’accueil perçoivent une allocation temporaire d’attente (ATA), de 10,83 euros par jour, versée jusqu’à la décision accordant ou non le statut de réfugié. Le versement de cette aide a crû de 126% depuis 2009. Le coût de l’hébergement d’urgence, dans des hôtels notamment, est estimé à 135 millions d’euros en 2011 pour 20.000 places. Il a augmenté de 85% en trois ans.