Les instituts de sondages sont-ils indépendants ?

Les instituts de sondage sondent. Tous les jours. Heure par heure. Sur tout et n’importe quoi. C’est la « démocratie » d’opinion et sondagière à tous les étages. Les média s’en repaissent. Ils s’en gavent et ils nous gavent. Ils ont vite compris que ce serait le mauvais cholestérol du débat d’idée. Mais les idées ils s’en foutent les média. Ce qu’il veulent c’est du jeu, du pronostic, de la superstition, de la pseudo-science, du fumeux. Tout est bon pour attirer le gogo, le maintenir sous le joug servile de la médiacratie.
Que tout ceci soit du charlatanisme, n’a aucune importance. Que les instituts de sondages entretiennent des relations privilégiées avec les partis politiques dominants ne posent aucun problème aux média. A quoi bon s’en offusquer puisque les propriétaires des principaux média français ont leur jetons de présence dans les conseils d’administrations des instituts de sondage auquel ils commandent des études. Et à l’inverse il suffit de regarder les participations croisées des actionnaires et propriétaires des instituts de sondage dans différents types de sociétés, dont les groupes de médias ou bien certains think –tanks pour comprendre que tout ceci est une magnifique entreprise de propagande et de manipulation.(1)

Faisons un rapide tour des propriétaire:

L’entrepreneur Vincent Bolloré, influent dans les média et ami du Président Sarkozy, détient désormais l’intégralité du capital de CSA-TMO tandis que l’actuelle présidente du MEDEF, Laurence Parisot, était encore présidente de l’IFOP il y a peu.

En ce qui concerne Ipsos, créé en 1975 par Didier Truchot et Jean-Marc Lech, le groupe Pinault( un ami de Sarko et Hollande) y réalisait en 1997 une prise de participation. Nicolas Bazire, aujourd’hui examen pour complicité d’abus de biens sociaux, en fut l’ administrateur. Une fonction qui ne l’empêcha pas de prendre la tête de la Fondation pour l’innovation politique « cercle de réflexion » de l’UMP chargé d’anticiper l’élection présidentielle de 2012.
Soulignons aussi que le socialiste benoit Hamon fut pendant quelques années le directeur du planning stratégique d’Ipsos.Comme quoi au PS, on sait aussi travailler avec l’UMP quand c’est une question de gros sous.

L’institut BVA est géré par Edmond de Rothschild Investment Partners, principal actionnaire du journal de gauche Libération et très présent dans l’équipe de François Hollande et les affaires du Parti socialiste.

Opinion Way.: Cet institut est proche du Figaro et de Patrick Buisson, spécialiste des études d’opinion et conseillé de sarkozy. En 2009, la cour des comptes, alors présidée par Philippe Seguin, révélait que l’Élysée finançait les sondages d’Opinion Way publiés par le Figaro.

Bien que la plupart des sondeurs travaillent de façon « confidentielle » pour la présidence, un seul est cité par la Cour, sans doute en raison de l’importance de ses relations avec l’Elysée : Opinion Way. Le cabinet anonyme a facturé en un an 392 228 euros à la présidence pour participer au « politoscope » bimensuel du sondeur. Or, cette enquête est régulièrement publiée par LCI et Le Figaro et il s’avère que « la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la Présidence » ne fait « pas apparaître de différence »… Au moins quinze autres sondages parus dans la presse, réalisés par des instituts non précisés, ont également été facturés (en partie ?) à l’équipe présidentielle.

La Cour des comptes s’interroge sur le bien-fondé de la dépense pour l’Elysée.source

Alors peut-on encore décemment croire à l’indépendance des sondages qui nous sont données ?