Média-mensonge et propagande,  vidéo

Les Nouveaux Chiens de Garde (2012) (vidéo)

Voilà un film dont ne vous n’entendrez absolument pas parler dans les média. Il s’agit des « Nouveaux Chiens de Gardes » des journalistes Gilles Balbastre et Jerome De Missolz. Leur objectif est de démontrer par l’image ce que le journaliste Serge Halimi révélait en 1997 dans un livre éponyme: l’existence d’une caste médiatique qui obéit au doigt et à l’oeil aux pouvoirs politiques et financiers.

« Les médias se proclament “contre-pouvoir”, nous disent les réalisateurs. Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi.
 Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. »

Ce film n’est pas sans rappeler le documentaire-pamphlet, Pas Vu Pas Pris du cinéaste Pierres Carles. Ce dernier s’en est pris récemment aux diners du Siècles (1) qui réunissent tous les mois le gratin du journalisme, de l’économie et de la finance.


Le dîner du Siècle, avec Dati, Chain, Carolis… par bakchichinfo

Depuis quelques années, nombreux sont les intellectuels à avoir analysé et décrypté le nouvel ordre médiatique (Noam Chomsky, Jacques Bouveresse, Pierre Bourdieu, Edwars Bernays, Georges Orwell…etc…). Et les journaux dissidents tel que PLPL, CQFD, ou les Bobards d’Or sont toujours aussi vigilants pour décerner des laisses d’or aux caniches les plus obéissants de l’Oligarchie.

Il n’y a donc aucune grande révélation dans le film « les nouveaux chiens de garde » qui n’ait été déjà dénoncée. Les pirates du site wikileaks, à qui l’ont doit la divulgation de milliers de documents secrets, avait révélé en 2010 toute une série de câble compromettant pour le pouvoir américain. Parmi ces câbles figurait celui (2) de l’ambassade des États-Unis à Paris adressé au secrétariat d’État américain qui décrivait les média français en ces termes :

« 17. Les grand journalistes français sont souvent issus des mêmes écoles d’élite que de nombreux responsables gouvernementaux. Ces journalistes ne considèrent pas nécessairement que leur rôle premier soit de surveiller le pouvoir exécutif. Nombre d’entre eux se voient plutôt davantage comme des intellectuels, et préfèrent analyser les événements et influencer leurs lecteurs plutôt que de rapporter les événements.

18. Le secteur privé des médias en France (presse écrite, TV et radio) continue d’être dominé par un petit nombre de conglomérats, et l’ensemble des médias français sont davantage régulés et soumis aux pressions politiques et commerciales que leurs homologues américains. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, créé en 1989, nomme les dirigeants de l’ensemble des chaînes de télévision et stations de radio publiques et surveille leur contenu politique. »

On voit bien qu’il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas voir que la démocratie française est malade de ses média. Et ce n’est malheureusement pas la vision essentiellement marxiste que proposent les réalisateurs du film Les nouveaux chien de garde qui nous aidera à comprendre comment fonctionne la fabrication de l’opinion dans notre pays.

Certes on prend du plaisir à voir les vaches sacrées du journalisme se faire massacrer pendant une heure, mais prétendre que leur connivence avec les milieux d’affaires serait la cause de leur manque d’objectivité et d’ouverture d’esprit est un leurre. Affirmer comme le font les réalisateurs du film que la critique du libéralisme est impossible en France est totalement faux. Les définitions que l’on en donne sont si souvent confuses que le libéralisme est devenu un repoussoir. Et les intellectuels ou pseudo-expert que l’on présente comme des libéraux ne sont pas des représentants de la pensée libérale, mais des représentants de l’ordre néo-libéral. Leur seul mérite pour le système c’est qu’ils sont pour l’immigration, la mondialisation, le multiculturalisme, l’américanisation, l’euro, et la construction européenne qui avantage l’oligarchie. Un marxiste élimé (et il y en a un max) qui adhèrerait à quelques uns de ces dogmes se verrait adoubé par le système.

Par exemple jamais les médias n’ont mis en avant le sociologue libéral Raymond Boudon pourtant mondialement reconnu pour ses critiques sur la tyrannie du relativisme culturel dont on constate aujourd’hui les ravages avec le multiculturalisme. Ils lui ont préféré l’icône de nos résistants de gauche, Pierre Bourdieu. Marxiste, directeur du collège de France, conseillé de Mitterand, il aura beaucoup inspiré les pédagogistes chargées de briser la méritocratie et l’école républicaine. Et que dire de l’absence totale pendant plus de 20 ans dans les média du seul prix Nobel d’économie français Maurice Allais ? Libéral, il aurait pu plaire à la caste politico-médiatique. Seulement, il était contre la monnaie unique, pour le protectionnisme, contre l’immigration et proche de Jean-Marie Le Pen.
José Bové n’a jamais eu de problème pour se faire entendre dans les média. Besancenot non plus. Mélenchon encore moins. Ils ont même des journaux et des émissions comme celle de Daniel Mermet sur France inter. Véritable arène de l’extrême gauche, l’émission Là-bas si j’y suis critique le pouvoir et l’économie de marché depuis 23 ans sans être inquiété.
Le service public est à ce titre un parfait contre exemple des théories défendues par les réalisateurs des nouveaux chien de garde. La ligne éditoriale de France Culture, de France Inter, du Mouv’ etc… est exclusivement de gauche et anti-libérale. La majorité des journaux de France sont de gauche et anti-libéraux.
Les seuls journalistes a avoir été écartés ou trainés en justice ces dernières années, ne sont pas de vaillants résistants de gauche anti-libéraux… mais Robert Ménard et Eric Zemmour, des journalistes qui ont osé s’en prendre aux tabous de notre époque.

Allez donc voir les nouveaux chiens de garde, mais sachez rester vigilant sur la vision manichéenne que proposent ses réalisateurs.

(1) le siècle est un club très fermé dans lequel les membres entrent par cooptation.

Pour en savoir plus :

– présentation du Siècle par wikipédia
Aux dîners du Siècle, l’élite du pouvoir se restaure

– voir aussi: http://www.youtube.com/watch?v=e_eBUeBXaCA&feature=related

(2) C’est le câble 07PARIS306, consultable (en anglais) sur le site WikiLeaks.