Les relations troubles du socialiste François Pupponi avec le banditisme corse et parisien

Dans le gang du Parti Socialiste, on trouve de tout : un économiste de pacotille soupçonné de viol et proche des milieux de la prostitution. Des présidents de conseil régionaux corrompus comme Christian Bourquin du Languedoc Roussillon dernièrement condamné par la justice, ou Guérini que l’on ne présente plus ou la députée PS des Bouches-du-Rhône, Sylvie Andrieux, mise en examen dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), dans laquelle 23 personnes proches du PS sont déjà mises en cause.

On trouve aussi des maires comme Gérard Dalongeville d’Hénin-Beaumon, accusé de détournement de fonds et qui balance sur la fédération du parti socialiste dans le Pas de Calais comme sur le népotisme qui règne au Conseil Général. Ou encore un ancien premier ministre de François Mitterand comme Pierre Mauroy et l’adjointe au maire de Paris Lyne Cohen-Solal, tous les deux punis par la justice pour «abus de confiance», emploi fictif… On pourrait citer aussi Le Guen, Julien dray, la MNEF, l’incroyable dérive financière de la mairie de Paris, un article n’y suffirait pas.

Mais le dernier en date mérite qu’on s’y intéresse parce que les média radio et télé ne semblent pas en faire très grand cas… et pourtant il en dit long sur les réseaux malsains qui existent au PS.

Il s’agit de François Pupponi, ami et successeur de Dominique Strauss Khan à la mairie de Sarcelle, suspecté d’être un peu trop proche du grand banditisme Corse et de banlieue.
Pupponi, vous le connaissez, il est souvent à la télé. Il y est d’ailleurs bien reçu. Les valets sont forts avec les faibles et faibles avec les forts… c’est ce qui garanti au PS et à l’UMP d’être traités avec plus d’égard que ne le sont les autres représentants politiques.

Mais revenons au député-maire PS, Puponni. Ce dernier s’est fait remarquer par le soutien indéfectible qu’il a apporté à son mentor DSK.  Son admiration pour le Dieu Priape du PS, l’aurait même poussé a demander à l’un de ses adjoints de faire pression sur une femme qui affirmait avoir eu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, pour la dissuader de témoigner. C’est semble-t-il cette mauvaise habitude qui consiste à faire pression sur des témoins un peu trop bavards, qui aurait amené les juges à s’intéresser au maire de Sarcelle dans le cadre de leur enquête sur l’ affaire du cercle Wagram.

Et voilà ce que nous apprend de l’instruction menée par le juge Serge Tournaire :

le maire de Sarcelles entretient d’étranges relations avec, à distance, des poids lourds du grand banditisme insulaire, mais aussi, de très près, avec des repris de justice de la banlieue parisienne. Amitiés, emploi du temps, gestion municipale, tous les faits et gestes du maire ont été passés au crible. On constate que François Pupponi, qui se disait victime d’un « complot politique », a menti. Et on s’interroge : l’élu socialiste est-il un homme « pris en main », comme disent les voyous?

Il y a trois mois, interrogé dans Le Monde du 22 octobre 2011 sur les liens qu’il entretenait avec Farouk Achoui, un employé de la ville qui vient d’être mis en examen et incarcéré pour « tentative d’extorsion en bande organisée » dans une affaire de racket dans le milieu du football professionnel, François Pupponi s’était agacé. « Je ne peux pas connaître les 1 500 employés communaux! », nous répondait-il. Les écoutes téléphoniques réclamées cet été par le juge Tournaire montrent que le maire de Sarcelles connaissait en réalité très bien Farouck Achoui et ses « amis ».

Mais ce n’est pas tout  l’enquête révèle aussi que

M. Pupponi entretient des liens plus étroits qu’il ne le dit avec Michel Terrazzoni, l’un des ex-responsables du Cercle actuellement détenu à la Santé, et Michel Ferracci, ancien directeur des jeux devenu une vedette de la série télévisée « Mafiosa ». Deux hommes qui voulaient profiter du « putsch » organisé en janvier 2011 par les plus grosses terreurs insulaires du moment. Malgré le coup de filet policier de juin 2011, trois d’entre eux, Jean-Luc Germani, Stéphane Luciani et Frédéric Federici, sont toujours en cavale.

Un étrange appel d’offres intéresse aussi les enquêteurs parisiens. Fin 2006, la mairie de Sarcelles recrute pour quelques mois une société de sécurité « pour filtrer les entrées au cabinet du maire », afin de « prévenir tout trouble avec des administrés », explique le directeur des finances le 30 novembre 2011. Quatre devis d’entreprises domiciliées dans le Val d’Oise sont retoqués. Retenue par le maire : la SISIS, domiciliée dans un village de Haute-Corse, Vescovato. « Vous ne trouvez pas étrange de solliciter une société basée à plus de mille kilomètres de Sarcelles ?« , demandent les enquêteurs à la directrice générale des services, étonnés aussi que la municipalité consacre plus de 8 500 euros pour un seul vigile en décembre 2006, et 37 211 euros au total. « Rien ne l’interdit « , répond cette dernière.

Elle convient avoir découvert plus tard « dans la presse que cette société n’était pas vraiment recommandable…« . C’est peu dire. La SISIS était « dirigée de fait » – dixit la police judiciaire d’Ajaccio – par Ange-Toussaint Federici, grand frère du Federici qui a participé au « coup de force » au Cercle Wagram. Ange-Toussaint a été condamné il y a un an à 28 ans de prison après la « tuerie des Marroniers » de Marseille, un des épisodes les plus sanglants de la guerre des gangs qui anime le milieu marseillais. La SISIS a ensuite été dirigée par Jacques Buttafoghi, assassiné lui en novembre 2009.

Dans une synthèse du 9 janvier 2012, les policiers s’étonnent enfin de l’assez bonne connaissance [qu’a le député de Sarcelles] du contenu du dossier du cercle Wagram (…). » Il est probable, écrivent-ils, que M. Pupponi ait été informé des déclarations de M. Védrune très tôt, sans que l’on puisse établir à ce jour quel fut son canal de renseignement. » Lors de cette fameuse explication avec son subordonné, au printemps 2011, M. Pupponi aurait indiqué qu’il « avait été informé par une source policière » que ce dernier « était placé sur écoutes » et avait « eu accès à un relevé d’appels téléphoniques « . Simple coup de bluff ?

 

Elle est belle la République des copains, Non ?

Source : le Monde