Les sondages : une pseudo-science et un outil de manipulation de masse.

Un récent communiqué de la Commission des Sondages, passé  inaperçu, vient de sonner la fin de récréation dans le landerneau politico-médiatique parisien.

Cette commission indique que les sondages électoraux sont à regarder avec la plus grande prudence, ajoutant que « les sondages ne sont qu’un instrument d’analyse de l’opinion publique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux «.

Diantre, pourtant chaque nouvelle vague de sondages montre un duel annoncé entre Hollande et Sarkozy ( totalisant à eux deux 50 à 60% des intentions de vote ) loin devant la candidate Marine Le Pen ( 15 à 18% ).

Pourquoi une telle distorsion ?

Arrêtons-nous un instant sur les modalités techniques de réalisation des sondages.

Généralement un sondage est réalisé sur un échantillon de 1000 personnes ; sur ces 1000 individus, environ 30% n’iront pas voter et entre 10 et 20% demeurent indécis ; au final donc entre 600 et 700 réponses sont prises en compte, avec une marge d’erreur annoncée de l’ordre de 4%.

Dans la réalité, il existe 2 biais majeurs à ces enquêtes.

Le 1èr biais concerne les redressements opérés par les instituts de sondage, qui sont aujourd’hui sujets à caution. Outre les redressements dits « techniques » ( méthode des quotas ), il existe un second type de redressement beaucoup plus contestable : en partant du principe qu’une partie des sondés ne dit pas la vérité sur leurs intentions futures, on les interroge sur leurs votes passés ( Présidentielle 2007, derniers scrutins locaux) puis on modifie les scores des candidats en fonction des écarts constatés.

Ce type de démarche conduit inévitablement – ou volontairement ? – à minorer le score de Marine Le Pen pour 2 raisons :

  • La première est liée au fort taux d’abstention lors des récentes élections locales qui a impacté – on ne l’a pas assez dit –  l’électorat traditionnel du FN, c’est-à-dire les classes populaires;  ceci conduit à réduire le score de Marine Le Pen.
  • La deuxième raison a trait aux ressorts psychologiques des individus; pour beaucoup d’anciens électeurs de Sarkosy, il y a comme un goût de trahison et l’impression – et ce n’est pas qu’une impression ( sic ) – de s’être fait « roulé dans la farine » ; je ne sais pas vous, mais moi il ne m’est jamais agréable de dire que l’on s’est fait possédé, particulièrement si l’interlocuteur en face est un parfait inconnu. Il parait donc probable que les déclarations de vote des sondés minimisent le score de Sarkozy en 2007, ce dernier étant par la suite redressé à la hausse, donc A TORT, au détriment du score de Marine Le Pen ; ceci expliquerait le niveau actuel du président, proche de 2007, alors qu’il bat tous les records d’impopularité.

 

Maintenant attachons-nous au deuxième biais des sondages, qui n’est que très rarement évoqué, alors qu’il constitue à notre avis une distorsion majeure.

Dans une interview de 2011 Brice TEINTURIER, délégué d’IPSOS France, nous apprend que pour constituer le fameux panel de 1000 votants, les instituts de sondage réalisent 7000 appels ; d’autres spécialistes du sujet ( Alain Garrigou ) parlent de 13 000 appels pour obtenir 1000 réponses !!!

On en conclut donc que les résultats des sondages ne concernent dans le meilleur des cas que 10% des personnes interrogées ; on peut donc légitimement s’interroger sur la représentativité réelle de tels sondages ?

Par ailleurs l’image même des instituts de sondage s’est considérablement dégradée auprès de l’opinion publique ( qui osera faire un jour un sondage sur la crédibilité des sondages ? ), de sorte que ces instituts ne sont plus considérés comme des acteurs indépendants mais au contraire faisant partie intégrante du système ; suspicion légitime compte-tenu de la proximité idéologique des propriétaires ( citons entre autre Mme Parisot ou Mr Bolloré ) et de leur opacité volontairement entretenue, notamment par la  non-communication des scores bruts avant redressement; on se reportera à la conférence d’Alain Garrigou précédemment cité.

Bien évidemment l’image négative de ces instituts est particulièrement marquée pour les personnes votant pour les partis hors du système ( Front National ) ou se prétendant comme tels ( Front de Gauche ).

On peut donc légitiment penser que la proportion des électeurs de Marine Le Pen est largement sur-représentée parmi les personnes refusant de répondre ( 85% des personnes interrogés ) ce qui minore de façon considérable son score réel ; ce phénomène affecte sûrement aussi le vote Mélanchon, mais plus à la marge.

Ces deux distorsions combinées, il apparait évident que les intentions de vote REELLES pour Marine Le Pen sont bien plus hautes que celles annoncées par nos chers sondeurs : entre 20-25%, et plutôt sur le haut de la fourchette à mon avis.

On peut se tromper mais on peut envisager, comme c’est souvent le cas, que nos grands mamouchis des sondages vont opportunément augmenter le score de Marine Le Pen une ou deux semaines avant l’élection ( autour de 20% ), ceci afin de garder un semblant de crédibilité qu’ils n’ont déjà plus ; ils vous diront alors qu’ils avaient mesuré le début de remontée de Marine dans les sondages ; comme en 2002 !!!