Politique

L’étude sur la lutte contre le racisme de l’association communautariste et racialiste « le CRAN » dénoncé comme une supercherie.

« Le Cran » et « République et diversité » ont publié mercredi leur classement des villes impliquées contre le racisme. Une analyse qui se revendique statistique mais de quelles statistiques parle-t-on justement ?

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Atlantico.fr : Le Cran et République et diversité ont publié le palmarès des villes impliquées contre le racisme. Quels sont les actes racistes visés par cette étude ? Quelle est sa grille de lecture ?

Guylain Chevrier : Tout d’abord, avant de répondre, il faut regarder les intentions de ce rapport qui se présente comme scientifique et indépendant, c’est-à-dire objectif. Notons en préalable, qu’il est réalisée par le think-tank République et diversité et le CRAN, institutions toutes deux présidées par le même Louis-Georges Tin. On ne peut pas être plus juge et partie. Le CRAN entend distribuer médailles et bonnets d’âne, à travers ce prétendu « baromètre des villes contre le racisme. » On entend évaluer les villes « à la pointe du progrès » au regard des discriminations, dit-on. Le mot progrès est-il ici au fait de son usage, car de quoi parle-t-on ? On parle d’un progrès qui lie la lutte contre les discriminations à la promotion des minorités visibles. […]

La lecture que fait le CRAN ici de la lutte contre les discriminations est à prendre avec tout le recul nécessaire. Car cette association se revendique de représenter une population, selon la couleur, censée se discriminer pour faire valoir ses intérêts propres par rapport aux autres, mise en concurrence avec les autres.

Lorsqu’on juge, comme c’est le cas de ce rapport, les discriminations et le racisme à l’aune du nombre de personnes représentatives d’une diversité des origines dans les exécutifs municipaux, on réclame une catégorisation de la population sur une base qui est totalement contraire aux principes républicains. C’est une logique qui rejoint les statistiques ethniques et la logique des quotas. […]

Cette analyse présente les personnes dites, issues de la diversité, tendancieusement comme victimes principales des injustices sociales. C’est ainsi que l’on entend justifier cette grille de lecture qui confond lutte contre les discriminations, promotion de la diversité et justice sociale. […]

Étonnement, il omet totalement de son analyse les manifestations de groupes qui se réclament de minorités de droits en revendiquant des aménagements à la loi commune, par auto-discrimination, qui font fracture avec le vivre-ensemble et posent des problèmes graves de vie sociale.  […]

On trouve ce sous-titre dans le rapport : « 3 mois avant les élections municipales ». On y invite les « citoyens » ainsi dit informés, à peser  sur les élus en les interpellant sur ce thème à l’approche des élections municipales. Une invitation indirecte en faveur d’un clientélisme politique débridé.

Les forces communautaires qui existent dans nos banlieues peuvent ainsi y voir le motif de venir réclamer sans complexe des aménagements divers et accommodements déraisonnables sous la pression de leurs voix. […]

La définition que donnent le Cran et République et diversité des actes racistes est-elle trop large ?

Lorsqu’on définit comme critère d’évaluation des discriminations, le niveau de formation des personnels et des élus des villes, on se demande de quoi on parle ? […]

De quoi parle-t-on sinon d’une forme de favoritisme fondé sur la reconnaissance des identités culturelles ? […] Le rapport juge selon une philosophie partisane qui est celle de ses promoteurs, qui ne vise qu’à forcer les élus à aller dans le sens d’une idéologie qui se dévoile dans toute son intention.   […]

 

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