L’immigration extra-européenne a explosé en Suède

Rappel:

Immigration en Suède : les limites de la politique de la « porte ouverte »

Article de la démographe Michèle Tribalat pour Causeur.

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Au début des années 1960, la Suède n’avait rien d’un pays d’immigration : 4 % seulement des habitants étaient nés à l’étranger et presque tous étaient originaires d’Europe, des pays nordiques principalement (de Finlande surtout). L’immigration était donc une immigration de voisinage.

Vont s’y ajouter, au fil du temps, des Yougoslaves, des Polonais, des Turcs, des Éthiopiens, des réfugiés vietnamiens, chiliens, iraniens…  En 1990, la Suède compte déjà une petite diaspora d’environ 40 000 personnes nées en Iran contre à peine plus de 400 en 1970. Une diversification progressive des demandeurs d’asile va apporter des étrangers en provenance de Bosnie, d’Irak, de Somalie, d’Afghanistan, de Syrie. La Suède comptait une centaine de personnes nées en Somalie en 1980, elle en compte 13 000 vingt ans plus tard et près de 64 000 fin 2016. Au début des années 2000, bien avant la guerre, la Suède abritait déjà un peu plus de 14 000 personnes nées en Syrie. Le conflit a grossi considérablement leur nombre : elles sont près de 150 000 en 2016, soit presque autant que le nombre de personnes nées en Finlande. Il faut multiplier par 6,5 pour avoir une idée de ce que cela donnerait en France. 150 000 personnes enregistrées comme nées en Syrie, c’est l’équivalent de près d’un million en France !

i282882364617271911._szw1280h1280_Évolution du pourcentage de personnes nées à l’étranger, en Europe et dans les pays nordiques (1960-2016). Source : Statistics Sweden

De 2000 à 2016, le nombre de personnes nées à l’étranger a augmenté de 80 % en moyenne. Le nombre annuel d’entrées d’étrangers a été multiplié par 3,3, le solde migratoire par 4. La contribution la plus importante n’est pas celle des voisins européens. Hors Europe, le nombre d’entrées a été multiplié par 5,6 et le solde migratoire par 6,7. En 2016, il est entré près de 122 000 étrangers venant d’un pays situé en dehors de l’Europe, alors qu’il n’en est sorti que moins de 13 000, laissant un solde migratoire de 109 000. C’est l’équivalent d’un solde légèrement inférieur à 710 000 en France. Si l’on y inclut les étrangers venus de pays européens le solde est proche de 119 000 en Suède, pour l’ensemble des étrangers. À comparer à un solde migratoire des immigrés de 174 000 en 2015 (estimation provisoire de l’Insee), dans une France qui compte, en 2016, 6,5 fois plus d’habitants. Comme l’indique le graphique ci-dessous, le flux en provenance de pays situés en dehors de l’Europe était d’un niveau beaucoup plus proche de celui en provenance d’Europe au début des années 2000. Il s’est littéralement envolé ensuite et les deux dernières années ne font qu’accentuer cette tendance.

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