Londres veut privilégier les travailleurs britanniques au détriment des européens

Hoooo les fascistes! ils vont mettre la priorité nationale en place et contraindre le regroupement familial…. mais ils ont élu Marine Le Pen les anglais!


Ce n’est à ce stade qu’un document de travail du Home office, le ministère de l’Intérieur britannique. Et il doit encore être endossé par le gouvernement puis discuté avec Bruxelles. Mais il donne le ton, alors que Londres doit dévoiler d’ici à la fin du mois un livre blanc pour mieux contrôler l’immigration venant de l’Union européenne après mars 2019 et l’entrée en vigueur du Brexit.  Le « Guardian » a dévoilé mercredi de larges extraits d’un document de 82 pages qui, même si la Commission européenne n’a pas réagi officiellement, a de quoi empoisonner les négociations déjà difficiles entre Londres et Bruxelles sur les futures modalités du Brexit.

Limitation du regroupement familial

Ce projet daté du mois d’août égrène les mesures qui permettraient de donner la priorité aux Britanniques par rapport aux Européens sur le marché du travail outre-Manche. Pour limiter l’arrivée de travailleurs peu qualifiés venant d’Europe et son impact sur les salaires, il prévoit de plafonner à deux ans leur durée de résidence au Royaume-Uni. De leur côté, les travailleurs qualifiés venant de l’Union ne pourraient passer plus de 3 à 5 ans sur le sol britannique.

Le regroupement familial serait strictement limité aux seuls enfants de moins de 18 ans et aux « partenaires stables ». Les ressortissants de l’Union devraient montrer leur passeport pour entrer au Royaume-Uni – la carte d’identité ne suffirait plus – et ceux qui voudraient y séjourner plus de trois ou six mois devraient obtenir un permis temporaire en s’enregistrant dans une base de données biométriques qui pourrait contenir leurs empreintes digitales.

« Un plan pour étrangler Londres »

De quoi caresser dans le sens du poil les partisans d’un hard Brexit, notamment au sein du parti conservateur. Mais aussi de quoi inquièter les autres. Alors que certains parlementaires décriaient mercredi « une démarché cruelle et cynique », le maire de Londres, Sadiq Khan, disait sur Twitter avoir eu l’impression de lire « un plan pour étrangler Londres ».


Les entreprises britanniques, qui font largement appel à la main d’oeuvre étrangère venant de l’Union, sont montées au créneau. La Confédération de l’industrie britannique a rappelé combien une approche ouverte du marché du travail était « vitale pour l’activité » dans la mesure où elle permet de combler certains manques en termes de qulaifications, à un moment où le chômage outre-Manche est à son plus bas niveau depuis 40 ans.

Déficit de productivité

L’équivalent britannique du Medef a prôné une vision de l’immigration « ouverte mais néanmoins gérée », autrement dit « permettant de garantir aux Européens qui sont déjà au Royaume-Uni qu’ils pourront y rester, d’avoir une période de transition avec des changements limités afin de donner de la visibilité aux entreprises, et d’aboutir à un système plus simple et ouvert que le complexe mécanisme de permis qui s’applique aux travailleurs non européens.»

Comme pour répondre aux patrons et mieux les impliquer, la Première ministre Theresa May a invité mercredi les employeurs à mieux former les travailleurs britanniques. Une manière de remédier au faible niveau de productivité dont souffre l’économie du Royaume-Uni, tout en comblant les trous que pourraient laisser les travailleurs européens. Selon  Sky News, le gouvernement aurait aussi demandé aux grandes entreprises composant l’indice FTSE de signer une lettre pour soutenir sa démarche sur le Brexit. Sans obtenir à ce stade beaucoup d’échos.

ALEXANDRE COUNIS