Lyon 3ème : Julien et Elise, agressés à la sortie d’une boîte de nuit aux cris de « Sales Français »

Lu sur Fdesouche

Julien, 23 ans, se souviendra longtemps de sa première sortie lyonnaise : il a été roué de coups, en présence d’une amie, à la sortie d’une boîte. Témoignage.

Sept points de suture sur le front. Trois autres sur le crâne. L’œil gauche tuméfié. Une entorse à un pouce et un genou douloureux. Originaire de l’Ain, Julien gardera un souvenir pour le moins douloureux de sa première sortie en boîte à Lyon. Dimanche à l’aube, il a été passé à tabac à proximité d’un établissement du quai Augagneur. Pour quelle raison ? Lui-même l’ignore.

« Je ne sais pas jusqu’où ils seraient allés »

Un groupe d’amis avait décidé, ce samedi soir, de faire la fête à Lyon. Au petit matin, alors qu’ils attendent un taxi, deux d’entre eux, Julien et Elise, partent en quête d’une boulangerie. « Tout est allé très vite. Il y avait trois individus, en jogging, avec des bouteilles de bière à la main. Ils nous ont traités de fils à papa et de sales Français », explique la jeune fille âgée de 19 ans qui demeure dans l’agglomération lyonnaise. « L’un des trois m’a ceinturée, poursuit-elle, et les deux autres ont frappé Julien, sans préavis. Il a essayé de se défendre mais s’est retrouvé à terre. J’ai pu me débattre et je me suis couchée sur lui pour le protéger. J’ai pris des coups dans le dos. Je hurlais et un de nos amis est arrivé, ce qui les a mis en fuite. Sinon je ne sais pas jusqu’où ils seraient allés. J’ai vraiment eu très peur. »

Julien a le visage en sang. « L’un des agresseurs avait une grosse chevalière », se

souvient-il. Ce n’était décidément pas son jour car l’appel des secours va être à l’origine d’un malentendu : 45 minutes d’attente, dans l’indifférence générale : « il y avait des forains, des gens qui passaient, mais j’ai dû arrêter une voiture pour demander des mouchoirs. Lorsque mes parents, que j’ai appelés, sont arrivés en même temps que les pompiers, tout le monde est alors venu », regrette Elise.

Après quelques heures d’attente et de soins aux urgences, Julien est allé porter plainte dimanche en fin d’après-midi. Chauffeur de métier, il a déjà sept jours d’arrêt de travail. « Je ne suis pas près de ressortir à Lyon », plaisantait-il, hier, même si cette agression laissera des traces : « Beaucoup d’incompréhension et de lassitude. Si j’ai un conseil à donner, en tout cas, c’est toujours de rester en groupe. »

Source : Le Progrès version papier du 28 avril 2015 – version numérique (abonnés)