Mali : le djihadiste Oumar Ould Hamaha a prêché en France

Combattant salafiste venu des rangs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Oumar Ould Hamaha, qui s’autoproclame « chargé de sécurité pour le djihad au Nord-Mali » a accordé, par téléphone, une interview exclusive à L’Express. Au-delà du discours de propagande, de la justification des châtiments corporels infligés aux civils et des menaces proférées contre les otages français, François Hollande et l’Occident, les propos du « barbu rouge » sont révélateurs. Les djihadistes qui occupent les deux tiers nord du Mali se disent prêts à mourir pour imposer la charia sur tous les territoires qui seraient sous leur contrôle.

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Vous confirmez que les otages sont encore vivants?

Oui, ils sont vivants, mais jusque quand? Les jours à venir vont tout dévoiler.

Quel est le but de votre combat?

Ce que nous voulons, c’est instaurer la charia. Pas plus. Nous ne nous référons à aucun autre modèle que celui de l’islam, qui existe depuis plus de 1400 ans. Nous suivons le message du Prophète. Je suis né en 1963. Cela fait plus de vingt ans que je prêche.

J’ai visité plus de vingt pays. J’ai passé 40 jours en France, à la fin de l’année 2000, avec un visa Schengen.J’ai prêché à la mosquée de Saint-Denis, à Meaux, à Melun… J’ai voyagé au Pakistan, en Inde, en Tunisie, au Maroc, en Algérie, en Libye, en Ethiopie, au Tchad, au Nigéria, au Ghana, au Togo, au Bénin, en Côté d’Ivoire, au Sénégal, au Niger, au Burkina Faso, en Guinée Conakry, en Gambie, en Mauritanie! Depuis plus de 12 ans, je suis engagé dans le djihad.

Le djihad, c’est une obligation divine. Toute personne est tenue de s’y soumettre, les invalides et les malades mis à part.

Quel est l’état de vos relations avec les habitants des villes occupées par votre mouvement?

Depuis qu’on est au Nord, l’intégration se passe bien. Nous sommes là pour convaincre les gens. On ne sème pas la terreur, c’est faux: on propage le message. La destruction des mausolées [ceux des saints protecteurs de Tombouctou, NDLR] s’explique ainsi: les gens les vénéraient comme s’il s’agissait de divinités. Cela les éloigne de Dieu.