Marine Le Pen prévoit de lancer une « grande consultation » sur la nationalité

« Qu’est-ce qu’être français? » a interrogé lundi soir Marine Le Pen lors de sa quatrième conférence présidentielle, consacrée à la citoyenneté. Sa réponse: « Est français celle ou celui pour lequel la France passe avant tout; avant tout autre attachement public, qu’il soit religieux, politique, idéologique ou régionaliste. (…) Est français celui qui sait à tout moment, quelle que soit la violence des débats (…) que ce qui l’unit à ses adversaires est bien moindre que ce qui l’unit à eux. Est français celui pour qui la loi de la République est la seule qui s’applique sur le territoire. »

« Devenir français, ajoute la candidate du FN, signifie l’acceptation explicite de principes, de règles et de lois qui sont ceux de la France et qui déterminent la citoyenneté française. Le refus de ces règles pour des raisons religieuses, morales, politiques, est tout à fait respectable quand il signifie le refus de nationalité française. En revanche, il est condamnable quand des raisons économiques, le confort de la protection sociale ou la volonté de conquête poussent à demander la citoyenneté d’une nation que l’on entend détruire de l’intérieur ».

Décrivant une France menacée par « le totalitarisme mou », le multiculturalisme, le « déni de démocratie », « le vide creusé par l’Union européenne et l’individualisme radical » et où « le mondialisme » a tout brouillé dans « un grand tout universel », Marine Le Pen estime que « c’est aux Français de dire qui est français ».

Pour cela, si elle est élue présidente de la République, elle lancera une « grande consultation » sur le sujet suivant : « Quelles sont les conditions d’entrée, de séjour et d’acquisition de la nationalité ? C’est aux Français et à eux seuls d’en décider. Je ne méconnais pas les souffrances des populations déplacées de force, le malheur des réfugiés et de tous ceux qui fuient un pays dans lequel ils n’ont pas d’espoir de vivre libre » (…) Mais les Français n’ont pas à supporter les conséquences de l’aventurisme stratégique américain au Proche et au Moyen-Orient ».

Elle n’en a pas dit beaucoup plus, mais ce ne serait pas un référendum, a confirmé son entourage par la voix de Philippe Olivier, le programme de Marine Le Pen étant entendu comme approuvé (et notamment la « priorité nationale ») si elle est élue présidente de la République.

Il s’agira plutôt d’en savoir plus sur « l’assimilation réelle » des étrangers vivant en France et sur « la nature, le périmètre et l’accès à notre système de santé et à nos régimes de solidarité, désormais si peu nationaux ». Ce pourrait être une sorte d’audit réalisé par des spécialistes, malgré la défiance du FN envers les experts et autres « sachants »…

La candidate a annoncé la création d’une « carte vitale biométrique fusionnée avec un titre d’identité » et une « négociation avec les Etats concernés » pour la protection sociale des étudiants ou immigrés. « Une France qui se décide plus des conditions d’accès à son territoire et à sa citoyenneté est une France qui s’efface et qui disparaît. Je ne m’y résigne pas », a-t-elle ajouté.

Dans ses 144 engagements de campagne, figurent déjà la suppression du droit du sol et de la double nationalité extra-européenne, ainsi que la « fin de l’automaticité du regroupement familial ». En fait, la réponse à l’objet de la « grande consultation » (qui n’est pas sans rappeler les débats lancés par Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale en 2007) semble déjà figurer dans l’engagement numéro 27: «L’acquisition de la nationalité française sera possible uniquement par la filiation ou la naturalisation dont les conditions seront par ailleurs plus exigeantes. » Mais pourquoi poser une question dont on a déjà prévu la réponse?