Média Complices : les questions très embarrassantes de Jean-Pierre Elkabbach à Sarkozy enflamment Twitter.

Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), qui interviewait déjà Valéry Giscard d’Estaing lorsqu’il était à l’Elysée, a donné sa pleine mesure mercredi, lors de son interview de Nicolas Sarkozy aux côtés de Gilles Bouleau (TF1).


EXCLUSIF – Nicolas Sarkozy : « Je suis… par Europe1fr

Une fois de plus, ses questions ont été plus embarrassantes pour la profession de journaliste que pour l’interviewé. Voici l’intégralité de ses interventions :

  • « Comment vous réagissez au principe et à la longueur de la garde à vue ? Elle a été exceptionnelle : quinze-seize heures avec les policiers. Vous étiez sans avocat. Quelle est votre réaction ? »
  • « Donc il faut bien expliquer aux Français qu’il y a eu d’abord les seize heures avec les policiers, et à partir d’une 1, 2 heures du matin, pendant deux heures, une interrogation par deux juges… »
  • « Est-ce que vous pensez que les chefs d’accusation contre vous étaient déjà anticipés ? Qu’elles avaient décidé avant de vous voir ? »
  • « Là, on assiste à la revanche des “petits pois”… [terme employé par Nicolas Sarkozy pour qualifier les magistrats et que vient de rappeler Gilles Bouleau, ndlr] »
    • « Ce soir est-ce que vous demandez, est-ce que vous réclamez de nouvelles juges, moins militantes selon vous ? »

  • « Vous n’avez pas répondu, est-ce que vous voulez de nouveaux juges ? »
  • « A plusieurs reprises, vous avez dit : “On a nommé, on a décidé, on a choisi tel ou tel juge…” Est-ce que le président Hollande et son gouvernement, dans les affaires judiciaires qui vous concernent, sont des spectateurs ou des acteurs ? »
  • Nicolas Sarkozy : « Je crois dans l’honnêteté et l’impartialité des magistrats dans notre pays. »

Jean-Pierre Elkabbach  : « Mais pas celles-là ? »

  • « On dit : “Il ne veut pas être traité comme un citoyen normal.” Etes-vous traité comme un justiciable normal ? »
  • NS  : « Ces motifs ont été retenus dans le seul souci de la continuation d’humilier, de m’impressionner, de m’empêcher, de me diffamer. »

JPE  : « Vous demandez leur nullité ? »

  • « Vous prenez les Français à témoin. Voulez-vous passer pour une victime d’un système qui ne fonctionne pas en matière de justice, et même politique ?
  • NS  : “Je n’ai rien à me reprocher !”

JPE  : “Ni là ni dans d’autres affaires ?”

  • “Est-ce qu’on ne trouvera rien dans l’affaire Bygmalion ?”
  • “Est-ce que de l’argent a été détourné… à votre insu ?”
  • NS  : “Si la société Bygmalion a fait des systèmes de fausses factures avec l’UMP…”

JPE  : “Si ou sûrement ? A partir du moment où vous voyez les chiffres…”

  • NS  : “Avez-vous des problèmes avec la présomption d’innocence ?”

JPE  : “Pas du tout ! Pas du tout, pas du tout. Mais si c’était le cas, porteriez-vous plainte vous-même ?”

  • “Qu’est-ce qui pourrait vous faire renoncer ? Vous aviez tout un schéma, un plan, un programme… Avez-vous encore envie de vous battre ?”
  • “Vous pensez que les Français ont besoin de vous ?”
  • “Mais vous êtes prêt à relever le défi ?”