Meurtre de gendarmes dans le Var : la peine plancher aurait pu les sauver

Il y a quelques jours, la ministre Christiane Taubira a confirmé la suppression des peines planchers

(…) Évoquant le reste de ses priorités, la ministre de la Justice confirme la suppression des peines planchers, qui était un engagement de campagne de François Hollande : « cette réforme législative trouvera sa place dans le calendrier gouvernemental », assure-t-elle. 

elle estime que la sanction des mineurs délinquants « doit avoir un objectif éducatif ».

« Cela passe par davantage d’éducateurs », « une priorité absolue » pour la garde des Sceaux.

Le Figaro


Philippe Bilger revient sur le meurtre des deux gendarmes du Var, et il s’adresse, dans son billet, aux garde des Sceaux et à ceux qui la conseillent : supprimer les peines plancher constituerait « une grave erreur ».

Deux jeunes femmes gendarmes, âgées respectivement de 29 et de 35 ans, ont été abattues à Collobrières, dans le Var, le 17 juin au soir. La personne impliquée dans ce double crime, Abdallah Boumezaar, a été mise en examen des chefs de meurtre et d’assassinat le 20 juin.

Marginal, maçon de profession, âgé de 30 ans, Boumezaar a fait feu à neuf reprises sur les victimes qui étaient intervenues «pour un banal tapage nocturne sur fond de cambriolage entre voisins», selon le Parisien).

La Gendarmerie n’a jamais connu de telle tragédie. A sa suite, l’émoi et l’indignation publics et politiques ont été évidemment à leur comble. (…)

Bouzenaar, au lieu des deux années qu’une peine plancher appliquée avec rigueur lui aurait infligées, n’a été sanctionné que de six mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de trois ans prévoyant une injonction de soins. Il devait être convoqué le 8 juillet par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Bouzenaar n’était pas inconnu des services de police et de justice puisqu’à plusieurs reprises pour des infractions liées aux stupéfiants et des violences volontaires,il avait été condamné (le Figaro).

Pour qui a eu l’expérience des tribunaux correctionnels, on devine bien ce qui a pu susciter cette mansuétude. On a le secours de la psychiatrie, la mauvaise conscience d’une répression prétendue mécanique, la volonté de faire fond sur un humanisme quels que soient en l’occurrence les éléments contraires dérangeants et, surtout, ce recours si commode, si facile au sursis probatoire, qui est venu absurdement, à cause de la menace du Conseil constitutionnel, frapper de caducité l’efficience des peines plancher.

Ces magistrats de Toulon ont rendu un jugement qui n’est pas deshonorant par son argumentation mais qui aurait sauvé deux vies si les peines plancher n’avaient pas encore laissé trop de latitude aux juges. (…)

Marianne 2