Mohamed Merah aurait-il pu être un indic pour la DCRI ? (RMC)

Dans les GG de RMC, l’ancien directeur de la DST Yves Bonnet émet l’hypothèse que le terroriste musulman était peut-être en relation avec la DCRI. Il serait alors un « agent double ».

Cette information serait évoquée dans un journal italien, Il Foglio. Le journaliste italien prétend que Mohamed Merah voyageait à l’étranger avec une « couverture des services », probablement de la DGSE.

Traduction de l’article italien:

Ce jeune français d’origine algérienne qui a revendiqué la responsabilité de l’assassinat de sept personnes à Toulouse et Montauban et qui se disait affilié à al-Qaida aurait été couvert par des « services ». Selon des sources du renseignement français sur lesquelles s’appuient les journalistes italiens, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) aurait obtenu pour lui – comme informateur – une entrée en Israël en septembre 2010, via la Jordanie. Mohammed Merah aurait séjourné en tant que « touriste », sur une durée de trois jours avant de retourner en Jordanie, puis de s’envoler pour l’Afghanistan. Sa présence en Israël, couvert par les services secrets français, était sans doute destinée à démarquer un réseau jihadiste acheminant des combattants d’Europe occidentale vers l’Afghanistan et le Pakistan.

Outre des passages dans divers pays musulmans réputés « à problèmes », son passeport comprenait un visa israélien, nous affirme-t-on. Selon la DCRI, cité par Libération (25 mars 2012), il serait allé « au Liban, en Syrie, en Jordanie, puis en Israël […] Il parvient même à entrer en Israël sans éveiller l’attention, est contrôlé par les services de sécurité à Jérusalem avec un couteau (sic) puis relâché. » Une version invraisemblable quand on connaît le niveau de sécurisation de l’Etat sioniste, à moins de bénéficier d’une recommandation très particulière… Et le site israélien francophone JSSNews, précise qu’il a atterri à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv où, après des « contrôles de sécurité d’intensité normale, il a reçu un visa de tourisme dans l’État juif pour une période de 3 mois » (La source ajoute qu’il n’est resté que « quelques jours » ; Il Foglio parle de trois jours). Cette présence est confirmée par le journal israélien Haaretz, citant des sources du Shin Bet, les services secrets de l’Etat sioniste. Mais du côté israélien, on ne confirme pas officiellement que Merah ait été arrêté par la sécurité de l’Etat hébreu en possession d’une arme blanche, comme l’a écrit la presse française en s’appuyant sur des dires de policiers de la DCRI.

Mêmes interrogations quant à la formation, avérée ou pas, de Merah dans des camps jihadistes du Waziristân où au moins 85 jeunes français musulmans ont été pris en charge par des groupes islamistes au cours de ces trois dernières années.

En revanche, Merah aurait bien fait au moins « deux voyages au Pakistan et deux en Afghanistan ». Les sources anonymes sur lesquelles s’appuient les journalistes italiens affirment que Mohamed Merah aurait disposé d’une certaine « liberté de mouvement en échange d’informations précieuses ». Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, aurait été parfaitement au courant des activités de Mohamed Merah, avant qu’il ne devienne le tueur sanguinaire de Toulouse et Montauban.

Reste à connaître le rôle de son frère dans cette affaire qui prend une tournure sulfureuse pour les responsables français des « services » spécialisés dans la lutte antiterroriste. Depuis plusieurs jours, de nombreux éléments parus dans la presse français, et surtout étrangère, nous laissent à penser que l’affaire Merah ressemble de plus en plus à un énorme dérapage incontrôlé des « services ».