Montebourg et son indécente satisfaction sur le dossier Renault

La satisfaction du ministre Arnaud Montebourg sur le dossier Renault, entreprise qui annonce pourtant 7.500 suppressions d’emplois en France d’ici 2016, est parfaitement indécente. Renault a déjà largement délocalisé sa production hors de nos frontières et on ne saurait tolérer le moindre signal politique, a fortiori gouvernemental, qui validerait l’accélération de cette stratégie.

La réaction d’Arnaud Montebourg est d’autant plus révoltante que le même gouvernement n’avait pas hésité à saluer en décembre dernier avec beaucoup d’enthousiasme l’ouverture d’une usine Renault en Algérie, à Oran, qui a suivi de quelques mois l’inauguration d’un autre site Renault, cette fois à Tanger au Maroc.

Arnaud Montebourg serait-il ravi d’être le ministre du Redressement productif de l’Algérie ou du Maroc, mais pas de la France ?

Des explications devant les travailleurs français et en premier lieu ceux de Renault sont nécessaires.

Plus largement, les suppressions massives d’emplois chez PSA et Renault posent la question de l’avenir de l’industrie automobile française.
L’ouverture totale des frontières telle qu’elle existe aujourd’hui empêche toute réindustrialisation.

Nous rappelons notre proposition : sur le modèle de ce que font avec succès d’autres pays, notamment en Amérique du Sud, nous demandons la mise en place d’une taxe de 35 % sur les ventes en France des fabricants d’automobiles qui ne réalisent pas au moins 50 % de leur production sur le territoire français.

Les actions de soutien à l’innovation dans le secteur automobile, tel le crédit impôt-recherche, doivent aussi être réorientées vers les PME et PMI, et non systématiquement captées sans résultat probant par les grands groupes.