Mulhouse : le rassemblement évangéliste accusé à tort d’avoir répandu l’épidémie ?

La science a parlé. Pointé du doigt depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en France, le rassemblement évangéliste de Mulhouse (Haut-Rhin), auquel avaient pris part 2 500 fidèles, à la mi-février, ne serait finalement pas le point de départ de la contagion dans l’Hexagone, mais seulement une étape dans la chaîne de transmission du virus. C’est ce que rapporte Paris Match ce jeudi 21 mai, se basant sur deux éloquentes études scientifiques.

Corrélation ne veut pas dire causalité

Les premiers indices à la disposition des autorités sanitaires pouvaient en effet laisser penser que le rassemblement religieux avait eu un rôle prépondérant dans la diffusion du coronavirus. Quelques jours après les retours des fidèles, le 21 février, dans leurs régions respectives, en métropole comme en Outre-mer, les chiffres des contaminations avaient explosé, notamment dans la région Grand Est. La corrélation était alors vite faite. Pour autant, la causalité n’était pas prouvée.

Mais il est trop tard : le bouc-émissaire est tout trouvé et l’agence régionale de santé va jusqu’à qualifier le rassemblement de « bombe atomique ». Des accusations que Jonathan Peterschmitt, le fils du pasteur, médecin généraliste, n’avait guère appréciées, d’autant plus qu’il avait alerté les autorités sanitaires dès le 1er mars sur la situation épidémique, sans qu’on lui communique la moindre consigne. Pourtant, selon Patrick Vogt, médecin régulateur au Samu de Mulhouse, interrogé par Paris Match, la réactivité de son collègue soignant a permis l’identification rapide d’un nouveau foyer et ainsi limité l’ampleur de l’épidémie en France.

« L’épidémie a démarré cinq semaines avant l’alerte sanitaire »

Selon une étude menée par le médecin-chef du département d’imagerie médicale à l’hôpital Albert-Schweitzer de Colmar (Haut-Rhin), le Covid-19 circulait dès le 16 novembre dans la commune alsacienne. Le récent afflux de touristes chinois dont la ville a profité, vraisemblablement provoquée par une émission de téléréalité chinoise, pourrait expliquer cette arrivée précoce du virus dans l’Hexagone.

Une deuxième étude, dirigée par la CNRS, arrive à la même conclusion. « Les courbes montrent que l’épidémie a démarré cinq semaines avant l’alerte sanitaire. La région aurait franchi le seuil épidémique dès le 27 janvier, soit avec une première vague jusqu’au 17 février… », peut-on ainsi lire. Or, le rassemblement évangélique n’a commencé que le lendemain, le 18 février.