Un nouveau meurtre au Mirail : les enquêteurs craignent une série noire

Lu sur la Dépêche du midi

Un homme s’est fait tirer dessus hier en début de soirée place du Milan, dans le quartier du Mirail à Toulouse. La victime est décédée à l’hôpital. Une réponse au meurtre de Beauzelle ?

Les armes ont encore parlé hier soir à Toulouse. Vers 21 heures, des coups de feu ont retenti place du Milan, au Mirail. Au moins un individu s’est avancé vers un groupe de jeunes gens qui se trouvait devant des commerces et il a ouvert le feu avec «une arme longue» selon les premiers témoignages recueillis par la police. Il a ensuite pris la fuite.

Les pompiers et une équipe médicale du Smur 31, très vite sur place, ont secouru un blessé touché par balle. Le pronostic vital de ce jeune garçon était engagé lors de l’intervention des secours. Son état de santé s’est aggravé à son arrivée à l’hôpital Rangueil. Hier soir à 23 heures, le procureur Michel Valet a d’abord parlé «d’un blessé très grave» mais le garçon n’a pas survécu malgré les soins prodigués aux urgences. Son identité n’était pas connue hier soir.

Bien sûr, moins de 48 heures après les coups de feu qui ont ensanglanté Beauzelle avec l’assassinat de Wallid Larbi-Bey, difficile de ne pas établir un lieu entre les deux affaires. «C’est trop tôt pour le dire. Beaucoup de choses doivent encore être vérifiées», a quand même estimé hier soir Michel Valet.

Sur place, sous le regard sombre et triste de quelques habitants, les hommes de la police judiciaire ont mené les investigations, comme à Beauzelle. Ils ont réalisé de longues constatations.

Cette nouvelle agression confirme la crainte générale concernant d’éventuelles répliques à l’assassinat de Wallid Larbi-Bey, connu des services de police et soupçonné, à tort ou à raison, d’être mêlé aux assassinats qui ont endeuillé le quartier des Izards, en décembre et en janvier. Mis en examen pour une tentative d’homicide sur le gérant de la pizzeria le «Milano», il a été laissé libre au mois de mai, faute d’éléments à charge.

«Les deux victimes qui ont été assassinées en décembre et en janvier n’avaient pas du tout le profil de Larbi-Bey. Lui était soupçonné et son assassinat montre que son implication dans les événements de l’hiver aux Izards ne constituait pas un délire d’enquêteur», glisse un proche des dossiers.

«Les règlements de comptes offrent toujours des enquêtes difficiles, prévient un policier toulousain. Souvent on a des idées sur les auteurs ou les commanditaires mais la difficulté consiste à les démontrer. La justice a besoin de preuves et quand on exécute un contrat, on laisse rarement sa carte de visite sur place !»

Seulement, ces assassinats posent aujourd’hui un nouveau problème à la police et la justice toulousaines : trouver une solution rapide pour éviter un enchaînement meurtrier «à la marseillaise».