«Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée»

Ce qui préoccupe la ministre de la fonction publique, c’est le résultat du vote FN chez les fonctionnaires; elle organise même des débats sur le sujet…. ça laisse songeur sur l’ordre des priorités que se donnent les socialistes quand ils sont aux manettes du pays.
Pourris, lamentables et irrécupérables.
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Lu sur Libération.

Marylise Lebranchu préside ce mardi un débat sur la fonction publique, alors que l’extrême droite progresse parmi les fonctionnaires. Elle reconnaît une «vraie inquiétude», en tout cas «un sujet majeur». Et cherche «des mots» pour s’adresser à ces fonctionnaires qui basculent de plus en plus dans «l’adhésion au FN». Ce midi de début juillet, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, a convié Luc Rouban et Joël Gombin, deux chercheurs en sciences sociales, à discuter avec elle de la montée du vote Front national dans la fonction publique.

(…)Le premier à s’exprimer est Luc Rouban, sociologue, spécialiste de la fonction publique. Il n’hésite pas à parler d’«explosion du vote FN parmi les fonctionnaires de catégorie C [le bas de l’échelle, ndlr]». Au premier tour de la présidentielle, en 2012, Marine Le Pen en a attiré 30%. Chez les enseignants, elle est à 5%, à 6% chez les cadres. Un faible score, mais en très forte progression.

Aux européennes, 23% des fonctionnaires et salariés d’entreprises publiques ont voté FN, estime son collègue, Joël Gombin. Ce résultat est proche de la moyenne nationale. «C’est une vraie rupture, récente, par rapport à 2012», relève ce spécialiste des dynamiques du vote Front national. Pour l’universitaire, il n’y a plus de spécificité du comportement électoral des fonctionnaires envers le FN. Et les marges de progression existent. «Le Front national a volontairement ciblé ce segment, laissé en déshérence», poursuit-il.

(…)Et c’est derrière les guichets des caisses de la Sécurité sociale, à l’hôpital, ou dans les services sociaux, que les fonctionnaires sont le plus sensibles aux thèses frontistes. «Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée», argumente Joël Gombin. «Les rapports interpersonnels sont devenus source de stress et d’angoisse.» Encore plus pour ceux qui ont à gérer en face-à-face, et souvent sans grands moyens, la souffrance et les colères des citoyens, pour qui la demande de service public est «infinie».

Malaise. Marylise Lebranchu parle d’un «effet miroir du fonctionnaire qui s’assombrit».

Des agents eux-mêmes en difficulté qui doivent traiter les maux d’une société malade, mais sans forcément disposer «d’une capacité de réponse», reconnaît la ministre. De ce malaise existentiel, le FN tire sa force d’attraction. «La défiance dans les relations interpersonnelles et celle vis-à-vis de la politique sont étroitement corrélées», confirme Joël Gombin.

Marylise Lebranchu a une question : «Y a-t-il un socle du vote FN ?» Et une angoisse : «Et si nos politiques produisent des résultats, est-ce qu’on réussira à le faire refluer ?» Joël Gombin livre son analyse : «Ce vote se solidifie. Et il peut encore progresser. Le temps joue pour le parti de Marine Le Pen.»