Diversité et métissage : un mariage forcé

Pour les amateurs de formules creuses, la France de l’avenir ne peut qu’être un mélange de diversité et de métissage, de différence et d’hybridation. Vision confuse d’une synthèse impossible.
Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris) s’attaque avec toute l’intelligence qu’on lui connait à cette nouvelle logorrhée que les média nous versent à grands flots.

Diversité et métissage : un mariage forcé

Périodiquement, lorsqu’on redécouvre que l’identité française a perdu sa valeur d’évidence, on se met à en parler abondamment (1). Phénomène éclairé depuis longtemps par ce célèbre proverbe russe : « On ne parle jamais tant de vodka que lorsqu’il n’y a plus de vodka. » La différence entre l’identité française et la vodka, c’est que celle-ci existe indépendamment de celui qui en boit, alors que celle-là n’existe que pour celui qui y croit. Dans les deux cas, le sentiment d’un tarissement ou d’une disparition prochaine pousse à en dire quelque chose. Et, concernant une identité nationale perçue comme menacée, tout peut s’en dire, selon l’idée qu’on s’en fait.

De l’identité française, par exemple, les intellectualistes arrogants et les professionnels de la « pensée critique » ou de la « déconstruction » sans fin annoncent triomphalement qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est qu’une « construction » douteuse ou une fiction trompeuse, et par là dangereuse, voire haïssable. Travers ordinaire des intellectuels occidentaux qui s’exercent pieusement à faire disparaître les objets qu’ils n’aiment pas ou qui ne font pas partie de leur paysage mental. La « nation » se réduit pour eux à un chaudron de sorcières, à un conservatoire de « vieux démons » (nationalisme, xénophobie, racisme, colonialisme). En quoi la pensée hypercritique, banalisée à la fin du XXe siècle et ainsi devenue vulgate à l’usage du grand public « culturel », s’avère une pensée aussi paresseuse que phobique. D’autres intellectuels, qui se veulent « patriotes » et « républicains » – dénoncés par les précédents comme « nationalistes » ou « réactionnaires » -, s’emploient naïvement à célébrer ladite « identité française » en sélectionnant ses traits positifs les plus remarquables, censés représenter autant d’« apports », aussi précieux qu’indispensables, à « la civilisation universelle ».

Par de tels exercices d’admiration, ces intellectuels se classent parmi les héritiers du vieux progressisme républicain, postulant que, chez les Modernes, « la nation » est le cadre obligé de la démocratie. Une troisième catégorie d’intellectuels est repérable dans les milieux militants de gauche et d’extrême gauche en quête d’une « nouvelle France », d’une France future, refondue, améliorée. Ces intellectuels néo-progressistes, internationalistes ou altermondialistes, s’engagent sur la voie d’un réformiste radical, impliquant une rupture avec la tradition nationale/républicaine. Ils communient dans une redéfinition politiquement correcte de l’identité française, que résume cette formule sloganique : la « France plurielle et métissée », à l’image du « monde possible » dont ils rêvent. Tel est l’objet métaphorique d’un désir d’avenir fonctionnant déjà comme un cliché.

« L’identité est le diable en personne, et d’une incroyable importance », notait Ludwig Wittgenstein. Sa démonie tient à ce qu’elle est insaisissable, toujours autre qu’elle n’est pour qui la définit. Entité individuée assimilable à un individu collectif, mais supra-individuelle, l’identité collective résiste à toute approche conceptuelle. Il n’y a toujours pas de science de l’individuel, en quoi l’on ne saurait s’étonner du fait que les identités nationales ne soient pas objets de science. En toute identité collective, le « ce qu’elle est » ne cesse de nous échapper. Mais ce n’est pas là une preuve de son inexistence. Le fait qu’elle résiste à la conceptualisation n’implique nullement qu’elle n’existe pas. Indéfinissable en elle-même, inconceptible, une identité collective quelconque existe sur un mode particulier, dans le monde des croyances et des représentations sociales : elle est le nom qu’on donne à la présupposition d’existence de tout groupe humain, dont la singularité échappe à l’analyse conceptuelle. Disons simplement qu’une identité collective, ethnique, culturelle ou nationale, est à la fois existante et ineffable. On pourrait s’en tenir là, et cesser les bavardages pour ou contre. Mais le bruit de fond de l’univers médiatique continue.

Le thème de « l’identité nationale » revenu dans le débat public, les donneurs de leçons se lèvent à gauche, du centre aux extrêmes, pour se lancer dans une nouvelle célébration confuse de la France future, à la fois « plurielle » et « métissée » comme il se doit, grâce aux bienfaits de « l’immigration ». On ne discute pas l’idéal du Nous : on l’affirme vertueusement. Sur le mode d’une prière tournée vers l’avenir. Un éditorialiste bien-pensant, lui-même expression ramassée de la « gauche plurielle », affirme ainsi péremptoirement : « La France est d’ores et déjà plurielle. On ne saurait le nier, à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, qui sont par nature mélange et métissage. » Et le sous-entendu normatif va tout autant de soi : la France doit être toujours plus ce qu’elle est déjà, à savoir « plurielle » et « métissée ». On ne sait jamais exactement de quoi l’on parle : du métissage des corps (les croisements dits « ethno-raciaux ») ou du « métissage des cultures » (à travers le « dialogue interculturel »), de la « diversité » ou du « mélange », du « pluriel » ou du « métissé ». La question n’a plus d’importance dans la société de communication : le cliché a été forgé, il est désormais en circulation, il touche un maximum de récepteurs, il est donc légitime. Et la force des clichés est irrésistible, lorsqu’ils se diffusent autant sur Internet que sur les chaînes de radio et de télévision. Le nombre s’accroît donc de ceux qui veulent à la fois une « France plurielle » et une « France métissée » : qu’importe la confusion des désirs, si la diffusion du confus est en marche. Il s’agit de penser et de parler comme tout le monde, donc comme le monde des médias. La voix des médias est la nouvelle voix de Dieu. Tiraillé entre deux projets normatifs, le pluralisme et le mélangiste, le « bobo » grégaire – nouvelle figure du Français moyen – se refuse à choisir : il aspire à la synthèse pour la synthèse, il veut donc les deux, alors même qu’il perçoit vaguement leur incompatibilité de principe.

En construisant une belle image de la France, belle comme une métaphore embrumée, délivrant des éclairs d’équivoque, la bien-pensance nourrit la bonne conscience qui la supporte. Il est si doux de se rêver soi-même comme un sujet « pluriel » et « métissé », qu’il s’agisse de couleur de peau ou d’identité culturelle. Un sujet supposé plus « riche » que son contraire : le nouveau sujet désavantagé, identitairement pauvre, défavorisé. Un « pauvre » Français caractérisé par ce qui lui manque : une « diversité » interne. Un Français très à plaindre, car ni « pluriel », ni « métissé ». En effet, selon la langue molle d’un certain antiracisme, l’idéal humain vers lequel il faut tendre est clair : devenir un sujet « riche de ses différences ». Face à ce nouveau type positif, le Français monoethnique et monoculturel, le Français dit « de souche », apparaît comme un être inférieur, un handicapé, un « souchien », selon l’expression polémique méprisante (« sous-chien ») utilisée par les « Indigènes de la République ». La bonne voie serait celle qui va du mono-ethnique au pluri-ethnique, de l’identité culturelle homogène à l’identité culturelle « hybride ». Toutes ces intuitions vagues et ces aspirations confuses ne font certes pas une pensée. Encore moins une pensée politique, laquelle doit pouvoir être programmatiquement traduite. Il y a là pourtant au plus profond, inassumé, un sentiment qu’il faut bien dire « patriotique » : comment qualifier autrement le souci de projeter dans le monde l’image la plus attrayante possible de la France ? Un tel souci est certainement respectable. Le problème tient au choix des critères de ce qui est jugé attractif. En quoi le « pluriel » et le « métissé » sont-ils plus dignes d’admiration que ce à quoi on les oppose ? Pourquoi préférer la « diversité », source d’inégalité et de conflit, à l’homogénéité ou à l’unité ? Pourquoi prendre le parti du « mélange », promesse d’indifférenciation, contre celui de la distinction ou de la différenciation ? Un second nœud de problèmes surgit, dès lors qu’on érige la « diversité » et le « mélange » en principes normatifs : leurs logiques respectives sont-elles compatibles ? Ne se contredisent-elles pas ? Peut-on marier « diversité » et « métissage » pour en faire le couple fondateur d’un programme politique ? La synthèse est-elle possible ? Et, si oui, est-elle désirable ?

« Faire bouger les lignes » : la métaphore est devenue rituelle dans le langage médiatique « à l’heure de la mondialisation ». Elle y est même devenue ritournelle. Elle y définit la norme positive par excellence, celle du « bougisme », soit le culte du changement pour le changement, l’adoration du mouvement comme tel, supposé intrinsèquement bon. Appliquons-nous à reconstruire l’idéologie médiatiquement dominante, en risquant une plongée dans l’univers indistinctement « diversitaire » et « mélangiste ». Le « faire bouger » s’applique d’abord aux identités collectives, acceptables à la seule condition d’être « évolutives », « dynamiques », en perpétuel changement. Et, à suivre leurs louangeurs, elles ne sont « mises en mouvement » qu’en devenant « plurielles ». Mais le parti pris en faveur du « bouger » s’étend aussi au « métisser ». Les partisans du métissage généralisé ne cachent pas leur désir de « faire bouger les lignes » entre les « couleurs », de transformer les barrières de couleur en fils colorés servant à tisser et retisser les séduisantes « identités plurielles ». Cette vision d’un avenir radieux est fondée sur deux axiomes : le changement est amélioration, le mélange est « enrichissement » (métaphore utilisée aveuglément). Mais ces deux propositions ne font qu’exprimer des croyances, et, ainsi formulées, elles sont l’une comme l’autre fausses : tout changement n’implique pas une amélioration, tout mélange ne constitue pas un « enrichissement ». Comme l’a souvent suggéré Claude Lévi-Strauss, le mélange des cultures risque d’aboutir à un appauvrissement universel et irréversible, à une uniformisation mortelle.

L’idéal bougiste, engagé sur la voie de cet « antiracisme » reformulé, rejoint enfin à la fois l’idéal d’ouverture et celui d’échange illimité : ouvrir les frontières entre les identités collectives, pour que ces dernières échappent à la « crispation » (la fermeture craintive sur soi), se fluidifient et « s’enrichissent » mutuellement dans un libre échange qui, par ses effets d’« hybridation », définirait la globalisation comme étape décisive dans la marche vers la libération ou l’émancipation du genre humain. On retrouve ainsi, sous de nouveaux habits rhétoriques, le dogme central de la vieille « religion du Progrès ». On peut au passage s’étonner d’un paradoxe : les partisans de ce projet normatif d’un « dialogue » universel entre les groupes humains (nations, cultures, civilisations), impliquant un libre échange planétaire des mots et des idées, sont en général des adversaires déclarés du marché globalisé, du libre-échange sans frontières, du libre-échangisme comme idéologie du capitalisme sans entraves. Le propre – ou le travers – de cette rhétorique qui semble réfléchir les présuppositions de la globalisation telle qu’elle est rêvée, la globalisation comme Progrès (la « mondialisation heureuse », disent certains), c’est qu’elle ne comporte nulle interrogation sur la coexistence conflictuelle des normes « diversitaires » et « mélangistes » qu’elle s’applique à promouvoir. Comme si l’aveuglement face au conflit de ses normes fondamentales était une condition de son efficacité symbolique. « La diversité dans le mélange » : c’est ainsi qu’on pourrait définir l’idéal auto-contradictoire dont elle dessine les contours flous.

Ouvrons ici une parenthèse sur l’autre face de cet angélisme impolitique, sa face à la fois sombre et comique : le nihilisme militant des cyniques de la déconstruction sans limites, généralisée jusqu’à l’absurde, ou, comme disaient naguère les grands-mères, « en dépit du bon sens ». On les reconnaît à leur pose : ils se donnent pour de radicaux démystificateurs. Rien ne saurait résister à leur puissance de suspecter et de critiquer les phénomènes sociaux, jusqu’à ce qu’ils disparaissent de leur horizon. Ce qu’ils ont retenu de la leçon unique donnée à la fin du XXe siècle par les gourous de la déconstruction – philosophes, anthropologues, historiens -, suivis par les prolétaires des « sciences sociales » et autres adeptes besogneux de la « sociologie critique », c’est qu’il n’est qu’un péché capital : l’essentialisme. Un programme unique s’est imposé à eux, devenus des adeptes dogmatiques de la déconstruction généralisée : déréaliser, désontologiser, désubstantialiser, fluidifier. La peur de l’essentialisme les a conduits à aller jusqu’au bout du relativisme radical, jusqu’à faire disparaître le réel. Ils se sont ainsi laissé convaincre qu’il fallait surtout ne pas penser les identités collectives comme des entités réelles ou substantielles, que rien dans les entités supra-individuelles mais pourtant individuées n’était fixe, invariable, stable, homogène, etc. Que tout dans les identités collectives était construit et reconstruit en permanence, que tout était fluctuant, passager, éphémère, et, en dernière instance, simple illusion. Car, sous leur regard à qui on ne la fait pas, tout dans la socialité n’est qu’effet produit par des stratégies de pouvoir ou de domination, donc rapportable au pouvoir de tromper inhérent aux dominants. Qu’on ne leur parle surtout pas d’identité nationale : ils ricanent (« ça n’existe pas ») et sortent leurs revolvers, chargés de balles explosives. Chez eux, le plaisir de déconstruire, c’est la joie de détruire, avec un supplément notable : la satisfaction arrogante d’avoir tout compris. Ils ne croient à rien, parce qu’ils ne peuvent croire. Ils ne savent rien, puisque leur activité intellectuelle consiste à déconstruire tous les savoirs. Ils croient néanmoins être les plus malins, persuadés qu’il n’y a rien à savoir en dehors de ce qu’ils croient savoir. Et ils ne peuvent rien espérer, l’espérance ne pouvant être à leurs yeux qu’une variété judéochrétienne de l’illusion religieuse. Ce nihilisme de cyniques tristes et d’arrogants sans charisme se conjugue cependant fort bien avec l’optimisme angélique des nouveaux progressistes, portés par l’espoir d’un salut par la globalisation-hybridation. On rencontre ainsi des êtres mixtes : mi-nihilistes déconstructeurs, mi-utopistes rêveurs. C’est pourquoi tant de déconstructeurs radicaux sont en même temps des militants gauchistes en quête d’un « autre monde possible ». Le monstre « hybride » est parmi nous : les « Bourdieu-Derrida-Chomsky » sont légion.

Considérons plus précisément le projet normatif d’une ouverture totale de l’espace national, en tant que forme radicale de combat « antiraciste ». La différenciation entre « nous » et « les autres » est le présupposé inaperçu autant qu’inassumé de cette argumentation qui se veut à la fois morale et politique. La xénophobie, assurément condamnable, est naïvement inversée en xénophilie, comme si le renversement dans le contraire impliquait un « progrès ». C’est ainsi que, dans l’arène politique, la dénonciation de la « préférence nationale » aboutit à la célébration d’une préférence pour l’étranger ou l’immigré : la xénophilie de style antiraciste se traduit par un programme immigrationniste – l’utopie angélique interdisant toute sélection des candidats à l’immigration -, qui rend impossible la définition d’une politique de l’immigration. L’utopie de la préférence pour l’autre conduit à une impasse, à une paralysie de la capacité de choix des dirigeants politiques, à l’abolition de la souveraineté en matière de politique de la population, bref à l’impolitique. Cette rhétorique impolitique est fondée sur certaines valeurs, le plus souvent implicites, non thématisées comme telles. Ce qui est axiologiquement postulé, c’est d’abord que le rejet de soi est en lui-même respectable, alors que le rejet de l’autre est intrinsèquement intolérable. Le culte de la « diversité » dérive vers celui de l’altérité. L’adoration du « veau d’autre »… Un pas de plus, et la haine de soi devient objet d’éloge, tandis que la haine de l’autre illustre le mal absolu. Comme s’il était bon, dans tous les cas, de se dénigrer jusqu’à se haïr soi-même, et totalement condamnable d’abaisser ou d’exclure, quoi qu’il fasse, un quelconque représentant de la catégorie « les autres ». Nouveau manichéisme, qui surgit chez ceux-là mêmes qui font profession de dénoncer le manichéisme chez leurs ennemis désignés. On notera que la haine de l’autre porte différents noms idéologiques, tous équivalents pour ceux qui les utilisent en tant qu’armes symboliques : intolérance, exclusion, xénophobie, nationalisme, racisme. Il y a une ironie objective à voir les partisans inconditionnels de « la diversité » faire aussi peu de cas de la diversité sémantique, et donner ainsi dans l’amalgame polémique.

Cette confusion sémantique est hautement significative, en ce qu’elle indique obscurément un idéal régulateur : le cosmopolitisme postnational, noyau dur de l’idéologie médiatiquement dominante. Il s’organise autour d’un grand rêve, celui de l’abolition immédiate et définitive de toutes les frontières entre les groupes humains, et, plus avant encore dans l’utopie, celui de l’élimination totale et irréversible de toutes les barrières entre les humains. Rêve lui-même impolitique, qui dérive de la corruption idéologique d’une vision religieuse d’origine monothéiste (tous les hommes unis en Dieu). Disons, en termes soixante-huitards : « La fraternité universelle ici et maintenant ». Le métis nomade à l’identité instable dans un monde sans frontières serait l’image de l’humanité future. L’homme de l’avenir s’incarnerait dans le cosmopolite hybride et mobile. Tel est le bouillon de clichés et de slogans confus qui aujourd’hui tient lieu de pensée politique aux élites pressées et branchées, adeptes de la « pensée nomade ». On peut s’interroger sur l’avenir d’une telle confusion.

Mais, une fois envolées les nuées rhétoriques et dissipées les rêveries endormantes, la vraie question se pose : s’agit-il de défendre les identités ethnoculturelles au nom du « pluriel » ou de prôner leur « mélange » qui tend à les effacer ? Souhaite-t-on le bétonnage des différences ou leur dissolution dans un mélange sans frontières ? Veut-on une France de la « diversité » protégée, ou bien une France du « métissage » généralisé ? Et, plus largement, une humanité respectée dans sa diversité ethnique et culturelle, ou bien une humanité en marche vers son uniformisation ? Entre le respect absolu de la différence ou l’obligation inconditionnelle de métissage, il faut choisir. Or, les nouveaux bien-pensants veulent les deux. Pour ces amateurs de formules creuses, la France de l’avenir ne peut qu’être un mélange de diversité et de métissage, de différence et d’hybridation. Vision confuse d’une synthèse impossible. « Synthèse égale foutaise », disait le philosophe Jean Laporte. Cette « foutaise » synthétique pourrait être correctement dénommée : « divertissage ». Toute occasion est bonne à prendre quand il s’agit d’enrichir le verbiage contemporain. Ironie oblige.

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Article mis en ligne le 23 novembre 2009 sur le site RING. Une version très abrégée de cet article a été précédemment publiée, sous le titre ironique « Le métissage est l’avenir de l’homme », dans Le Figaro Magazine, 21 novembre 2009, dossier « Pour en finir avec les idées reçues », p. 54.

[1] Dans les années 1980 et 1990, j’ai abordé à plusieurs reprises la question de l’identité, sous des angles différents. Sur la question de l’identité nationale, voir notamment Pierre-André Taguieff, « L’identité française au miroir du racisme différentialiste », in coll., L’Identité française, Paris, Éditions Tierce, 1985, pp. 96-118 ; « L’identité nationale saisie par les logiques de racisation. Aspects, figures et problèmes du racisme différentialiste », Mots, n°12, mars 1986, pp. 89-126 ; « L’identité nationaliste », Lignes, n° 4, octobre 1988, pp. 14-60 ; « Identité française et idéologie », EspacesTemps, n° 42, automne 1989, pp. 70-82 ; « L’identité nationale : un débat français », Regards sur l’actualité, n° 209-210, mars-avril 1995, Paris, La Documentation française, pp. 13-28 ; « Nationalisme et antinationalisme. Le débat sur l’identité française », in coll., Nations et nationalismes, Paris, Éditions La Découverte, 1995, pp. 127-135 ; La République menacée, Paris, Éditions Textuel, 1996, pp. 77 sq. Dans les années 2000, je suis revenu sur la question dans mon livre La République enlisée. Pluralisme, communautarisme et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005.

Le concombre victime des cornichons médiatiques


23 morts en 10 jours des suites d’intoxications d’origine alimentaire ont déclenché un emballement dans toute l’Europe. Les médias aiment la peur car elle fait vendre. Le Système aussi aime la peur car elle rend les populations dociles. Mais le mensonge fait des victimes : consommateurs désinformés, citoyens ahuris, agriculteurs désemparés. Il faut noter que peu de média ont précisé l’origine bio des concombres injustement désignés… comme le souligne Alain Cohen-Dumouchel dans son article  » Intoxication aux concombres BIO : le black out des médias français » publié par le site Enquête et Débats:
On est en droit de se demander si ce déni d’information n’est pas la conséquence de l’implication outrancière de ces médias dans la promotion de l’agriculture prétendument “biologique”. Les fabricants d’opinion craignent probablement de se déjuger en admettant que la filière bio n’est pas si saine, après lui avoir fait une publicité démesurée. Voir aussi sur ce sujet le livre « Bio : fausses promesses et vrai marketing » de Gil Rivière-Wekstein.(1)

Addendum (11 juin 2011 ):

Une ferme «bio» à l’origine de l’épidémie de bactérie tueuse

Un article de Michel Geoffroy
Le concombre victime des cornichons médiatiques

Les anciens se souviendront sans doute que le sinistre Furax, héros de l’émission radiophonique et burlesque « Signé Furax » diffusée dans les années 1960, avait inventé le gruyère qui tue. Mais en 2011 la réalité médiatique dépasse désormais la fiction. En effet, les médias viennent d’inventer le concombre qui empoisonne.

L’affaire du concombre espagnol tueur d’Allemands est exemplaire, en effet, à plus d’un titre.

L’emballement médiatique à l’œuvre

Exemplaire d’abord des mécanismes de l’emballement médiatique. Ce sont toujours les mêmes : l’orchestration « d’informations » sur un mode accusatoire mais qui ne sont pas bien vérifiées, et qui va crescendo, car aucun média ne veut être en reste dans la course à l’audimat. Alors on en rajoute dans la simplification. On l’a vu dans l’affaire des prétendus espions chinois de Renault, dans celle de l’ophtalmo « raciste » ou dans la présentation de la catastrophe nucléaire imminente de Fukushima. A chaque fois ce qui compte c’est le sensationnel de la révélation médiatique du Mal. Pas la vérité de faits établis. Et le Mal a toujours un responsable, un coupable potentiel que l’on va, vite, jeter en pâture aux lecteurs et aux spectateurs, pour renouveler l’intérêt. Un coupable, cela rassure. Pas question donc de donner la parole à la défense. Encore moins à ceux qui doutent.

Dans cette affaire rien n’arrête le torrent médiatique. Car il va à la vitesse de la lumière. Il emporte les responsables politiques allemands, puis la Commission européenne à la suite des autorités sanitaires de Hambourg. En Europe on s’inquiète. Dans nos marchés on boude les légumes, d’autant qu’ils ont déjà pu subir le passage du nuage radioactif de Fukushima, n’est-ce pas ? Les Russes menacent de fermer leurs importations de légumes en provenance d’Europe de l’Ouest.

Personne parmi le courageux Establishment politique occidental ne veut courir le risque, en effet, d’être accusé un jour – par les médias et donc par un juge – de ne pas mettre en œuvre le fameux principe de précaution. On voulait nous vacciner contre une épidémie de grippe imaginaire. On nous protégera donc du terrible concombre et de sa « bactérie tueuse ». Pour notre bien.

Déni de cohérence ensuite

Mais, une semaine après, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé ni qui a empoisonné qui. Il paraît maintenant que l’on suspecterait des… germes de soja produits en Basse-Saxe. Bravo à « la société de l’information » !

Les Espagnols sont à juste titre furieux : les conséquences économiques de cet embargo de fait seront lourdes pour leur pays déjà en situation extrêmement difficile. Il paraît qu’ils vont porter plainte à Bruxelles. Mais l’indifférence à l’égard des conséquences est la marque du système médiatique : il ne vit que dans l’instant. Il ne cherche qu’à capter notre attention pour diffuser les bons messages publicitaires, pas à générer notre réflexion ni à augmenter notre savoir.

Le principe de l’information contemporaine reste « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Curieusement, parmi ces « experts » médiatiques qui nous expliquent en permanence les bienfaits de la suppression des frontières et du commerce, de préférence mondial, aucun ne relève que le fait d’importer des concombres dans des pays tempérés qui pourraient très bien en produire (les concombres cela pousse partout, même en Russie) n’est peut-être pas un optimum social ni même économique. Ces mêmes médias nous expliquaient aussi, pour justifier leur discours cosmopolite, que « les frontières n’arrêtent pas les épidémies ». Pas de chance : le premier réflexe des autorités – d’abord allemandes – dans ce genre de situation est justement de rétablir des frontières sanitaires. Pour un tout petit concombre, au surplus. Ainsi les frontières cela marcherait aussi ? Et cela pourrait nous protéger ? Diable !

La mise en scène du Mal

Ce petit concombre révèle enfin que nos sociétés occidentales ne peuvent plus se passer de la mise en scène du Mal. N’importe lequel, pourvu qu’il fasse peur. Guerres (si possible loin), catastrophes (si possible avec beaucoup de morts), accidents (nucléaires, bien sûr), crimes (si possible odieux ou contre l’humanité), idées politiquement incorrectes (surtout si elles renvoient aux « heures sombres de notre histoire »), violences (si possibles urbaines) : tout est bon.

L’orchestration du Mal a, en effet, une fonction politique bien précise dans un système qui repose sur l’idée que s’il est imparfait, d’autres seraient bien pires encore. G. Orwell, dans son roman 1984, montrait que dans cet univers totalitaire les citoyens étaient régulièrement invités à célébrer « le quart d’heure de la haine » : celui où ils étaient conviés à voir le visage de leur ennemi, le visage du mal. Pour mieux aimer leur triste présent.

C’est pourquoi le Système médiatique produit en permanence des images du Mal, réel ou supposé. Fabriqué au besoin. Car la peur engendre la soumission vis-à-vis du pouvoir, vis-à-vis du Système et de ceux qui l’incarnent.

Exit Ben Laden. Voici maintenant le terrible concombre espagnol qui va tous nous empoisonner. Et ce légume inquiétant n’aurait-il pas déjà contaminé aussi nos salades, nos tomates, nos villes et nos campagnes ? Ah ces satanés Espagnols !

C’est qu’à l’ère des cornichons* médiatiques, les concombres sont rois.

Michel Geoffroy
07/06/2011

Source: polémia

(1) Interview de Gil Rivière-Wekstein auteur du livre: Bio : fausses promesses et vrai marketing sur le site Enquête et Débats.

Jacques Sapir : de la crise grecque à la fin de l’euro.

Petit à petit les choses se disent. Petit à petit on vous dit qu’on vous a menti. Jacques Sapir est économiste, il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation à l’EHESS. Il vient de publier au seuil  » la démondialisation  »
Pour lui l’Euro depuis sa création n’était pas viable. Il faut aujourd’hui sortir de l’Euro, et aller vers plus de protectionnisme. C’est ce que préconisait dans les années 90 Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie, ostracisé par les média parce que proche du FN.


Jacques Sapir de la crise grecque à la fin de… par elouvrier

La Grèce sur l’autel de l’Euro !

Pour sauver la Grèce et les grecs il n’y a qu’une solution: qu’ils sortent de l’EURO.
Quand va-t-on prendre au sérieux marine Le Pen et Nicolas dupont-aignan, les seuls qui ont su dire la vérité.

Marc de Scitivaux, économiste, vs Natacha Valla, chef économiste de Goldman Sachs. (i>Télé, 5/06/11)

Il ne s’agit pas d’aider les Grecs ! Il s’agit de sauver l’euro jusqu’au dernier Grec vivant ! »

la gauche-libé: les années pédophiles !

Il y a quelques années, à l’occasion d’un débat télévisé, Marine Le Pen avait furieusement tancé Daniel Cohn bendit en lui faisant remarquer que Jean-Marie Le pen ne s’était jamais fait tripoter la braguette par des gamins. (1).

Des années plus tard, lors des Européennes, F. Bayrou avait évoqué les écrits pédophiles de la vache sacrée du gauchisme soixante-huitard. (2)
On aurait pû croire que ses attaques aurait fini par disqualifier Cohn-Bendit. Or, il n’en a rien été. Pire même, il a été défendu par toute la nouvelle bourgeoisie de gauche.
Cette même gauche qui a soutenu polansky et fréderic Mitterand et qui depuis les années 70 entretient un rapport malsain avec la pédophilie.

Il faut se souvenir qu’en 1977 le journal Libération publie une pétition pour la libéralisation de la pédophilie. Une pétition qui sera relayée par le journal Le Monde et signée par des personnalités comme Sartre, Kouchner, Deleuze, Guattary, Jack lang….(3) Ce manifeste faisait suite à l’ affaire Coral, une histoire sordide dans laquelle le philosophe rené Schérer fut condamné mais là-aussi soutenu par l’ensemble de la gauche. (4)

Les diverses révélations de ces dernières années font échos à d’autres affaires, que les vertueux moralisateurs, d’habitudes si loquaces, ont préféré garder sous silence.

L’une d’entre elles nous renseigne sur le comportement fielleux dont sont capables nos anarchistes couronnés.

Franck Demules: « Un petit tour en enfer ».

Franck Demules est depuis 10 ans au service de Carla Bruni. Dans son livre « Un petit tour en enfer », qu’il a eu un mal fou à publier, il évoque son enfance douloureuse marquée par la mort de son père âgé d’à peine 29 ans, et l’éducation délétère de sa mère qui l’abandonnait aux mains de ses compagnons maoïstes. C’est l’un d’entre eux, Christian Hennion, journaliste à « Libé », qui, un soir se glisse dans son lit. Pendant 17 ans l’enfant va subir de la part de son tuteur pédophile les pires sévices.

Le récit devient encore plus instructif sur la génération post-soixante-huitarde qui minimise aujourd’hui les discours pédophiles de Cohn- Bendit, quand l’auteur révèle qu’à Libération, journal où il fut dés l’âge de 14 ans, standardiste et maquettiste, tout le monde était au courant de la situation à laquelle il était soumis, sans que jamais personne n’ait cherché à le libérer des griffes de son oppresseur.

Franck apprendra à ses dépends que la liberté a un prix, et qu’il en paie un lourd tribut. Révolution sexuelle oblige, les bourgeois boursoufflés du gauchisme débonnaire se font les interprètes des fumisteries Freudo-marxiste de Wilhelm Reich. Une dépendance aux pseudo-science qui ne sont pas sans rappeler les délires anti-scientistes des verts et de leurs adeptes.

Dans un des rares articles consacré à l’ouvrage, le nouvel Obs (5) nous apprend qu’à l’aube de ses 40 ans, Franck est allé trouver son «pédophile». Et la réaction du vieux journaliste fut révélatrice de l’esprit radical-chic de la gauche actuelle, ce dernier lui aurait dit: «Tu sais, c’était une autre époque. C’était l’esprit de «Libération» qui avait précédé l’arrivée de Mitterrand au pouvoir.» Le jour de son enterrement, Serge July a serré Demules dans ses bras. Victime de la révolution sexuelle, Franck Demules s’est jeté dans l’alcool et a commencé à écrire.

(1)

(2)

(3): communiqué au sujet de la pétition
http://www.ipce.info/ipceweb/Library/00aug29b2_le_monde.htm

( 4 ) Affaire Coral: http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral

(5) http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2322/articles/a400904-le_mousquetaire_de_carla.html

Jérôme Cortier

Syrie : Quand l’AFP ment.. les média suivent !!!

Le 28 Mai 2011, selon l’AFP, une manifestation contre le régime Syrien de Bachar al-Assad a rassemblé deux cents personnes sur la place du Trocadéro.
La chaine de Monsieur Bouyges ( TF1 ), comme d’autres média reprennent cette information sans prendre la peine de la vérifier…
Dommage, car il ne s’agissait pas d’une manifestation contre le régime Syrien, mais en sa faveur comme le prouve ses images.

Au regard du traitement médiatique manichéen qui fut réservé à la Côte d’ivoire et à l’absence totale d’information sur ce qui se passe aujourd’hui en Libye, on peut difficilement imaginer que cette bévue est involontaire.

D’autant, qu’il y a bien eu une manifestation anti gouvernement syrien sur la place du Trocadéro couverte par les média français… mais le dimanche 29 mai.

Or sur la manif du 28, bien plus importante et qui était pour le régime en place, pas une ligne dans les média…. si ce n’est pour la transformer en manifestation anti- Bachar al-Assad comme sur TF1.

Le bon docteur DSK et son ami socialiste Ben Ali.

La presse et la classe politique française sont formels: DSK était un bon directeur du FMI.

Mais c’est quoi un bon directeur du FMI ?.

Selon la doxa, un bon directeur c’est celui qui mène des plans d’ajustement structurel visant à imposer la privatisation des services publics, le démantèlement de l’État, la chute des salaires et des pensions ainsi que la suppression des protections aux frontières dans les pays où il est censé intervenir.

Un bon directeur c’est un docteur qui prescrit du poison tout en faisant croire à son patient qu’il est en train de le guérir.

Et au regard des résultats obtenus en Irlande, au Portugal ou en Grèce , on peut dire que ce bon docteur DSK mérite les honneurs qui lui sont rendus.

Est-ce-que ce sont ses talents d’économistes qui lui ont valu d’être décoré par son camarade de l’internationale socialiste ben Ali … ou doit-il cette reconnaissance à ses qualités de prévisionniste ?.

L’UE contre la préférence nationale pour les notaires.

N’en déplaise aux grincheux de la gauche morale, en France la préférence nationale existe. Il est par exemple impossible pour un étranger de travailler dans les services publics, le concours d’entrée y est réservé aux seuls citoyens français. Idem pour les notaires.
Or la Cour de Justice de l’Union européenne a, dans 7 arrêts rendus le 24 mai 2011 (Aff. n°C-50/08), jugé que les Etats membres ne pouvaient pas réserver à leurs nationaux l’accès à la profession de notaire. Elle explique que « même si les activités notariales (…) poursuivent des objectifs d’intérêt général, celles-ci ne participent pas à l’exercice de l’autorité publique au sens du traité CE ».

En l’espèce, six Etats membres de l’Union européenne – la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, la France, le Luxembourg et l’Autriche – réservent à leurs ressortissants l’accès à la profession de notaire, ce qui constitue selon la Commission européenne une discrimination fondée sur la nationalité interdite par le traité CE. Aussi, elle introduit des recours en manquement à l’encontre de ces Etats. En outre, la Commission reproche au Portugal, ainsi qu’aux Etats précités, sauf à la France, de ne pas appliquer aux notaires la directive sur la reconnaissance des qualifications professionnelles.

Encore une fois la préférence va à la discrimination positive !!!!

Source: Net-iris

Extrême droite, extrême gauche, par Maxime Tandonnet

Populisme, extrême droite, extrême gauche… voilà la batterie de mots-censeurs employés à tort et à travers par la police de la pensée. C’est l’arsenal pour intimider et interdire tous les débats qui dérangent. Maxime Tandonnet, proche de Chevenement et aujourd’hui conseillé de Sarkosy revient de façon assez convaincante sur le sens que l’on donne à ces mots.

Qui est d’extrême droite, qui est d’extrême gauche ? Les définitions varient selon les époques. Ces notions prennent de l’importance sous la Troisième République, au début des années 1870. Elles ont alors un sens bien précis, un contenu lié à un projet : sont considérés comme d’extrême droite les partisans de l’Ancien Régime, les Légitimistes qui refusent le drapeau tricolore et exigent le retour à la monarchie traditionnelle que symbolise le drapeau blanc ; tandis que l’extrême gauche, à l’inverse, se compose des républicains radicaux, en avance sur leur temps, partisans d’une révolution pour l’époque : la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, Clémenceau est alors, jusqu’au changement de siècle, considéré comme étant d’extrême gauche !

Au XXe siècle, les notions d’extrême gauche et d’extrême droite convergent, dans le sens d’une entité unique : l’extrémisme, le totalitarisme. Elles portent sur un mode d’exercice du pouvoir – négation de toute valeur et de tout scrupule – plus que sur un contenu, un projet de société. Elles préconisent le rejet du modèle de la démocratie pluraliste, prônent au contraire la dictature sous différentes formes, le recours à la violence, à la contrainte, à l’arbitraire, la négation du suffrage universel, des libertés publiques et individuelles, de la liberté d’expression. L’extrême droite se confond avec les partisans des régimes fascistes ou de solutions autoritaristes – les ligues d’extrême droite en France dans les années 1930 – tandis que le parti communiste, puis les mouvements trotskistes ou maoïstes dans la deuxième moitié du siècle, incarnent l’extrême gauche. Les extrêmes se rejoignent dans le rejet et la haine de la démocratie bourgeoise et par leurs procédés quand ils accèdent au pouvoir : abolition des libertés, indifférence à la vie humaine, délation, dénonciation, recours aux camps de concentration, exaltation d’une entité collective, classe ou race, au détriment de l’individu, pratique des persécutions et du lynchage. Extrême droite et extrême gauche se confondent dans le système totalitaire, au sens où Hannah Arendt utilise ces termes.

Nous sommes en ce moment dans une troisième phase. Tout d’abord, celle du découplage entre extrême droite et extrême gauche. Les deux notions ont toujours été liées. A l’heure actuelle, si la formule « extrême droite » est d’un usage courant, on ne parle plus vraiment ou beaucoup moins de l’extrême gauche, ou alors de manière bienveillante. Mais surtout, une banalisation de l’expression « extrême droite » est en train de s’accomplir . En gros, le mot échappe à un sens précis, devenu plus ou moins synonyme de populisme, de réaction, et se présente avant tout comme une formule creuse, ultra-péjorative, une insulte qui sert à diaboliser l’adversaire idéologique, à lancer l’hallali quand on est à court d’argument ou qu’on dédaigne le débat d’idées. Exemple tiré d’un récent meeting « anti-raciste » : « Malheureusement le 10 mai (abolition de l’esclavage), comme chacun peut le constater, ne s’est pas imposée dans l’esprit de l’opinion publique mais, pire, elle est aujourd’hui remise en cause par une extrême-droite qui, derrière Eric Zemmour et les députés de la Droite populaire, veulent abolir ce qu’ils qualifient de « loi mémorielle »…. Par notre mobilisation, nous devons montrer que nous ne laisserons pas la mémoire être manipulée ou occultée par l’extrême-droite. »

Sans vouloir verser dans l’excès que je dénonce – tout est extrême droite – il me semble tout à fait salutaire et urgent de réfléchir et de repenser l’extrémisme : qui, aujourd’hui en France, veut abolir ou réduire la liberté d’expression, pratique l’inquisition et la censure morale ? Qui, en France, pratique la dénonciation, la délation, la chasse aux sorcières, le lynchage médiatique, au détriment de la dignité des personnes, dans l’indifférence absolue pour l’humiliation ou la souffrance engendrées ? Qui, dans notre pays, joue sur la haine, l’intolérance, le rejet de l’autre, celui qui ne pense pas pareil, stigmatise, cherche à humiler, avilir ? Qui, en France, montre du doigt, dénonce, accuse, livre en pâture, lâche la meute sur tel ou tel bouc émissaire, personnes désignées à la vindicte générale, comme à la pire époque des polices politiques, des mouchards et des bourreaux ? Oui, l’extrémisme, au sens vrai du terme, continue de sévir, moins puissant, moins nuisible que l’extrémisme du siècle dernier, mais toujours aussi hargneux, s’inspirant des mêmes méthodes, mais sous une forme adoucie, policée, édulcorée, conforme à un autre temps. Il avance aujourd’hui le plus souvent masqué, doucereux, diffus, donneur de leçon, mélangé à l’air du temps, imprégnant l’idéologie dominante, avec ses faux airs de générosité, d’ouverture, de modernité, son visage de sainte nitouche, son odeur d’ordre moral et sa méchanceté intrinsèque.

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

DSK: Sarkosy et ses flics savaient ….

L’Elysée, bien plus que les médias, n’ignorait rien de la vie privée de Dominique Strauss-Kahn. Le pouvoir, alimenté par ses relais dans la police, sait tout des secrets les plus intimes des hommes politiques, jusqu’à user des informations graveleuses dont il dispose.

Ainsi, des proches de Nicolas Sarkozy avaient pris soin de laisser « fuiter » auprès du Monde, ces derniers mois, l’existence d’une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base. Quelques lignes signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l’occasion d’un banal contrôle.

Sollicités, ni la Préfecture de police de Paris ni le ministère de l’intérieur n’ont souhaité confirmer – ou démentir – l’existence de cette note. Trois sources différentes ont pourtant assuré au Monde que ce rapport avait existé, et qu’il avait été porté à la connaissance de l’entourage de M.Sarkozy.

Selon l’une de ces sources, l’original de cette note a été passé au broyeur. A l’époque des faits, il fut décidé, en haut lieu, de ne pas donner de suites à cette affaire sur le plan pénal – ou médiatique. Candidat malheureux à la primaire du PS fin 2006, DSK ne présentait pas alors le même enjeu pour le pouvoir. Et c’est en parfaite connaissance de cause que M. Sarkozy, une fois élu, le propulsa à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

Mais ces derniers mois, au fur et à mesure de la progression de DSK dans les sondages, des hommes de confiance de M.Sarkozy se sont vantés devant des journalistes de « tenir » le patron du FMI, dont ils menaçaient de révéler les frasques. C’est ainsi que cette note a refait providentiellement surface. Au même moment, le chef de l’Etat se posait en « moine trappiste », par opposition à la réputation de coureur de jupons de DSK.

ÉQUIPE LA MIEUX RENSEIGNÉE DE FRANCE

C’est un fait : M.Sarkozy, depuis 2002, connaît certains aspects de la vie privée des personnalités susceptibles de présenter un jour un danger électoral. A son arrivée au ministère de l’intérieur, il a constitué une équipe de fidèles qui lui doivent tout. De Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Claude Guéant, ministre de l’intérieur, en passant par Alain Gardère, directeur adjoint du cabinet de ce dernier, ou Michel Gaudin, préfet de police de Paris, cette équipe est la mieux renseignée de France.

Fin avril, DSK avait d’ailleurs identifié le danger, comme l’a rapporté Libération : son appétence pour les femmes, certes, mais surtout les méthodes supposées de M. Guéant, à l’origine selon lui de la propagation des rumeurs sur sa vie intime.

De tout temps, la police a été l’instrument du pouvoir. Avant d’accéder à la présidence de la République, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont tous passés par la Place Beauvau. Lors de son retour à l’intérieur, en juin 2005, M.Sarkozy avait confié : « Je serai mieux protégé. »

De fait, il en profita pour retourner l’affaire Clearstream en sa faveur, et surtout placer ses hommes aux postes clés. L’une de ses premières mesures fut de renvoyer Gérard Dubois, un conseiller du préfet de police – chiraquien – Philippe Massoni, accusé de s’être répandu sur la liaison de son épouse de l’époque, Cécilia, avec Richard Attias.

Il est vrai que les policiers, qu’ils appartiennent aux renseignements généraux (RG, désormais fondus dans la DCRI), à la sécurité publique, voire à la brigade de répression du proxénétisme, reçoivent des renseignements ultrasensibles. Ainsi, les patrons de boîtes échangistes ont pour coutume de signaler à la police – avec qui ils soignent leurs relations – la présence de personnalités politiques dans leurs soirées.

Etablissement connu du centre de Paris où le libertinage se célèbre au quotidien, Les Chandelles ont ainsi inspiré plus d’un « blanc » (note sans en-tête ni signature) aux RG. Les services sont aussi capables d’aller creuser des détails incongrus : durant la campagne présidentielle de 2007, les RG planchèrent ainsi sur le coût de la garde-robe de Ségolène Royal…

MÉCANIQUE EXTRÊMEMENT EFFICACE

Les renseignements les plus « utiles » remontent naturellement à l’Elysée. C’était déjà le cas sous d’autres présidences. Dans les années 1990, les RG enquêtèrent ainsi sur la vie privée de Bertrand Delanoë ou de Jack Lang. Des notes blanches furent même établies. Rien n’était étayé, mais plus d’un journaliste fut bénéficiaire de drôles de « tuyaux »…

Etiqueté chiraquien, Yves Bertrand, patron des RG de 1992 à 2004, joua un rôle central dans ce dispositif. Mis en cause pour s’être intéressé à la vie intime des politiques, il assume ses enquêtes très « privées », se voyant même « réhabilité » par l’affaire DSK, qu’il qualifie de « victoire posthume » ! « Je ne sais rien de l’affaire du Sofitel, mais de manière générale, cela prouve qu’il est légitime de s’intéresser à la vie privée des hommes politiques. D’ailleurs, on me commandait parfois des enquêtes pour savoir si une personne pressentie au gouvernement avait des fragilités« , dit-il.

L’un de ses principaux interlocuteurs était Claude Guéant. « Lorsqu’il était directeur de la police (1994-1998) puis du cabinet du ministre (2002-2004), je lui rendais compte de tout. Il notait ce que je lui rapportais, y compris les éléments privés, dans des petits cahiers« , affirme-t-il.

M. Guéant avait pourtant assuré en 2008 à Mediapart : « Concernant des éléments de vie privée relatifs à des personnalités, il n’en a jamais été question dans nos discussions. » Arme de déstabilisation – ou de dissuasion – contre un adversaire menaçant, la « police des mœurs » sert, parfois, à défendre le président.

La DCRI a ainsi mobilisé ses forces en 2010 pour savoir d’où provenaient les ragots sur le couple présidentiel. Suspectée, Rachida Dati fut mise sous surveillance. Même les plus fidèles des sarkozystes ne sont pas à l’abri de cette mécanique extrêmement efficace.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Article paru dans l’édition du Journal le Monde du 25.05.11

Sarkosy: Ce serait scandaleux d’enlever les panneaux qui préviennent les radars !( Vidéo)

En 2007, au micro de christophe Hondelatte, Sarko-candidat disait: « Ce serait scandaleux d’enlever les panneaux qui préviennent les radars ! « . En 2011, Sarko-président fait le contraire. Décidément sarkosy aura élevé le mensonge et le cynisme a une niveau rarement atteint.
Aujourd’hui, Guéant additionne les déclarations électoralistes sur l’immigration, qui contredisent la politique menée par ce gouvernement depuis 5 ans… Nous prendraient-ils pour des grosses buses ????

À Lire une interview de Jean-Luc Nobleaux auteur du livre: Radars, le grand mensonge
Riposte laïque.

Allemagne: l’Euro à terre.

Il y a encore quelques semaines toute personne qui osait remettre en cause l’euro passait pour un cassandre. Aujourd’hui au sein du sérail de la bienpensance, l’hypothèse de voir l’euro s’effondrer est de moins en moins tabou.

Ce week-end, dans l’émission « les clés de l’éco » (1) sur Itélé, l’économiste libéral Marc de Scitivaux a enfoncé le clou  » ceux qui avaient prévu lors de l’instauration de l’euro que celui-ci ne serait pas viable, comme Milton Friedman, avaient raison… et leurs analyses étaient absolument impeccables. »

Dans la classe politique française on ne peut compter que sur Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen pour apporter des réponses concrètes à une éventuelle disparition de la monnaie unique européenne.

( voir vidéo de l’émission « les clés de l’éco  » du 22 ami 2011: http://www.itele.fr/emissions/magazine/les-cles-de-leco)

Aujourd’hui c’est dans les pages du journal Le monde que l’on peut lire une tribune d’Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD. Elle nous explique comment l’euro est sérieusement remis en cause Outre-Rhin:

Allemagne: l’Euro à terre.

Le débat existe depuis longtemps, mais il a commencé à prendre de l’acuité à l’occasion d’un succès en librairie d’un ancien patron de l’industrie [Hans-Olaf Henkel], fin 2010. Le livre s’appelle Sauvez notre monnaie ! (Rettet unser Geld !), et il préconise la partition de la monnaie européenne en euro du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Luxembourg, Finlande essentiellement) et euro du Sud (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce essentiellement).

Retraçant l’histoire de la monnaie commune, l’auteur souligne que l’euro est le fruit d’un deal franco-allemand qu’on peut réduire à l’équation : réunification allemande (revendication allemande) contre monnaie européenne (revendication française). L’euro est donc né parce que la France craignait une superpuissance allemande et pensait pouvoir la briser en l’impliquant dans une solidarité monétaire. Si Helmut Kohl voulait sa réunification, il n’avait pas le choix.

Tous les Allemands ne partagent pas cette analyse, mais voilà la force des best-sellers : un thème dont tout le monde parle, dans les médias ou dans le café du commerce, parvient à s’insinuer dans l’esprit de tous.

Dans les mois précédents, plusieurs tabous de la politique économique allemande avaient déjà été brisés : il y a d’abord eu dès 2009 les plans de relance imposés par les autres pays européens, France et Grande-Bretagne avant tout, qui allaient frontalement à l’encontre de la religion que la chancelière souhaitait imposer à tous, y compris ses partenaires de coalition sociaux-démocrates : une réduction constante des dépenses de l’Etat et la baisse des prélèvements obligatoires. Merkel fît mauvaise mine et accepta à la fin de coopérer pour éviter que la machine économique européenne sombre.

Puis, tout au long de l’année 2010, la Banque centrale européenne (BCE) a racheté des obligations de l’Etat grec pour que leur prix ne s’effondre pas. Cette décision a été prise exceptionnellement sans consensus au sein du Conseil des gouverneurs, et notamment avec le désaccord du président de la Bundesbank Axel Weber qui craignait que le bilan de la BCE, pilier de l’orthodoxie monétaire, se remplisse d’actifs de valeur douteuse. Weber a, quelques mois plus tard, démissionné de son poste et d’une possible succession à Jean-Claude Trichet. Le futur banquier central européen sera, avec très probablement l’Italien Mario Draghi, un représentant de l’Europe du Sud.

Ensuite, l’influence de l’Eurogroupe que certains n’hésitent pas à appeler un gouvernement économique, s’accrut. Si les Allemands pensaient encore éviter une coopération renforcée car ils ne veulent surtout pas d’un transfert décisionnel notamment dans les domaines budgétaire, fiscal et social vers une structure multilatérale, 2010 a été l’année de toutes les concessions pour eux.

Aujourd’hui, il n’y a guère que les directions des partis politiques établis (les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates, les libéraux et les Verts) qui argumentent en faveur du maintien de la zone euro dans sa configuration actuelle. La base a commencé à se mobiliser contre ce dogme officiel, et un nombre croissant de députés se singularisent en réclamant la fin des opérations de sauvetage monétaire. De toute façon, partout ailleurs, le démontage est en cours : des économistes influents, des grands journaux nationaux (Bild bien sûr et son tirage de 3 millions d’exemplaires, mais aussi les très sérieux FAZ et Die Welt) et, surtout, les innombrables talk-shows télévisés dont les Allemands sont tellement friands : tous considèrent déjà cette aventure monétaire comme un échec, et, en tout état de cause, comme préjudiciable aux équilibres économiques de l’Allemagne. Ainsi, les finances publiques seront à nouveau sur une mauvaise pente en cas de sauvetage de pays du Sud, alors même que l’Allemagne s’est dotée d’une obligation constitutionnelle de ne quasiment plus s’endetter à partir de 2016. Mais il y a aussi le spectre de l’inflation qui guette la zone euro en raison d’une politique de taux trop laxiste durant les trois dernières années.

Sur le plan plus émotionnel, la messe est également dite : pour une raison un peu mystérieuse, et en tout cas pas très compréhensible historiquement, les Allemands considèrent qu’ils sont les vaches à lait de tout le monde. Est-ce le traumatisme du Traité de Versailles de 1919 qui imposa des réparations impossibles à honorer à l’Allemagne ? Ou n’a-t-on pas besoin de chercher une référence historique, et est-ce tout simplement la cure économique des dix dernières années qui a donné la rage à ceux qui se sont serré la ceinture, sur le ton de « si j’ai souffert, d’autres le devront également ».

Le grand philosophe Jürgen Habermas constate en tout cas que cette nouvelle mentalité allemande s’est installée au moment de la réunification et s’est renforcée depuis l’élection d’Angela Merkel en 2005. Il parle d’un recul de la « culture de la réserve » au profit d’une « conscience auto-centrée », aussi dans le domaine de la politique européenne qui vise désormais à installer « une Allemagne européenne dans une Europe germanisée ».

L’opinion publique allemande semble imposer sa volonté d’agir en faveur de l’intérêt allemand avant tout, et la zone euro et sa gouvernance actuelle sont perçus comme contraires à cet intérêt. Tant que les dirigeants politiques ne s’émanciperont pas de cette pression, l’euro et la politique impulsée par l’Eurogroupe sont en danger de mort.

Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD

Zemmour et Los indignados.

L’ Espagne va mal. A l’occasion des dernières élections municipales, les socialistes au pouvoir ont été sanctionnés pour leur politique d’austérité contre la crise et un chômage record.

Depuis plusieurs jours déjà, un mouvement spontané de chômeurs et de précaires s’est rassemblé autour de la Puerta del Sol. Ce sont les indignés. Selon El Païs ils seraient plus de 15.000 personnes a être concentrées autour de cet endroit symbolique de la capitale espagnole.
Qui sont-ils ?.
Los indignados sont en majorité des jeunes qui subissent de plein fouet les conséquences désastreuses des politiques européistes et mondialistes menées depuis de nombreuses années par la droite et par la gauche espagnole.

Jusqu’où ira la chute de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce ?????


"Z comme Zemmour" du 23 mai 2011 par rtl-fr

DSK : Ses amis redoutaient le pire

Un proche de Dominique Strauss-Kahn révèle à France-Soir comment, depuis longtemps, il craignait le pire, en raison de son appétit sexuel.

« Depuis plusieurs mois, j’ai demandé que Dominique ne se déplace plus sans être accompagné par deux ou trois gardes du corps. Il ne faut jamais le laisser seul. Non pas pour le défendre contre une quelconque agression, mais je choisis les mots justes, non diffamatoires, pour empêcher mon ami disons… de céder à la complexité de sa vie sexuelle. Cela, bien sûr, dans l’éventualité de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. »

Ce proche de Dominique Strauss-Kahn nous a fait cette déclaration alarmiste, il y a environ trois mois, lors d’un déjeuner à Paris. Curieusement, ce responsable du PS n’a pas été écouté. Les conseillers du directeur du FMI préfèrent alors ressasser de vieilles affaires politico-financières qui ont plombé son ascension politique au début des années 2000 : sa relaxe finale dans le dossier de la Mnef, le salaire de son ancienne secrétaire payé par Elf et sa curieuse détention de la fameuse cassette Méry, illustrant le financement illégal du RPR. Pourtant, cette alerte ne faisait que refléter ce que beaucoup chuchotaient, depuis une quinzaine d’années, parmi nombre de journalistes politiques parisiens et de caciques des grands partis français. Ce proche et ami de DSK ne se contentait pas de le décrire comme « un grand séducteur de femmes, flambeur et dilettante ». Ce militant socialiste n’avait qu’une idée en tête : protéger contre lui-même son ami et patron.
Risque de scandales

Son objectif restait, comme en 2006, de le voir arriver à l’Elysée et s’asseoir dans le fauteuil de président de la République. Ce qui n’était pas évident, malgré les bons sondages de son candidat, vu le risque de scandales sexuels à répétition. Comme nous l’a affirmé notre interlocuteur, il y a trois mois : « Dominique, sorte de funambule aux nerfs d’acier et à la prodigieuse intelligence, constitue en fait une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment… »

Dimanche dernier à New York, ses « pompiers » experts en communication de crise et situation d’urgence sont arrivés trop tard, pour la première fois. Leur erreur : ils n’avaient pas prévu le pire.

Un journaliste avait eu l’intuition (ou le courage ?) de prévoir ce pire et de briser l’omerta médiatique autour de DSK et, plus généralement, sur la vie privée des politiques dans l’Hexagone. Correspondant de Libération auprès du Parlement européen à Bruxelles, Jean Quatremer écrivait sur son blog Coulisses de Bruxelles le 9 juillet 2007 : « Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. […] La France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. »

Plutôt que de tirer les leçons de cette mise en garde, les « pompiers » de DSK ont fait pression pour que le journaliste de Libération censure son blog de toute allusion à DSK. Ce qu’il n’a pas fait.

Aujourd’hui, comme tous les autres proches du directeur du FMI, notre interlocuteur se voit obligé de tenir un discours consensuel au nom de la présomption d’innocence. C’est-à-dire de déclarer et de répéter que « le prétendu viol d’une femme de ménage, à l’hôtel Sofitel de New York, ne ressemble pas du tout à l’ancien député maire de Sarcelles ». Bien sûr, plusieurs de ses conseillers et proches n’ont cessé de mettre en garde DSK contre ses penchants particuliers. L’intéressé refusait à chaque fois de discuter du fond de « l’affaire », se contentant d’en rire ou d’en sourire, d’encaisser les critiques, sans réagir dans un sens ou dans un autre. Son intelligence, il est vrai, brillantissime, lui permettait de noyer le poisson sans avoir à s’expliquer, rendre des comptes ou même accepter de prendre quelques précautions.

Une succession d’affaires ?

Or les « affaires » se seraient succédé en France et à l’étranger. La quasi-totalité n’aurait jamais débouché sur le plan médiatique ou judiciaire à l’exception de deux d’entre elles. L’une concernait en France une journaliste et l’autre aux Etats-Unis une haut fonctionnaire du FMI. Les autres se seraient déroulées en l’absence totale de la moindre procédure de police ou judiciaire ainsi que de la moindre allusion dans la presse. Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l’égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l’amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. Ces derniers auraient réussi à calmer, avec beaucoup de difficultés, ces sympathisants socialistes (certains s’étaient armés d’une hache ou d’un couteau, selon notre source) les persuadant de ne pas déposer plainte.
Des éléments de vie privée « indécents »

Dans leur ouvrage de référence Sexus Politicus (éd. Albin Michel-2006), les deux journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois consacrent six pages au patron du FMI sous le titre « L’affaire DSK ». Ils y décrivent l’énergie déployée par les « pompiers » de Dominique Strauss-Kahn pour récupérer auprès d’eux des « blancs (documents de police, NDLR) relevant du sordide et comportant des éléments de vie privée indécents » sur leur patron. En fait, il s’agit simplement d’une visite de DSK dans une boîte échangiste très connue située dans le Ier arrondissement de Paris. Une visite tout à fait légale qui n’avait rien de répréhensible aux yeux du Code pénal français. Comme quoi, ces « pompiers » avaient décidé d’instaurer une drôle de hiérarchie dans les dangers qui menaçaient leur patron. Au point de vouloir contrôler toute publication dans la presse ou dans l’édition plutôt que de protéger leur patron « contre les penchants complexes de sa vie sexuelle », selon l’expression de ce proche qui nous a parlé sous le couvert de l’anonymat. Comme l’écrivaient mardi la plupart des journaux français, les « frasques » de DSK étaient, à Paris, un secret de polichinelle.

Même s’il est présumé innocent, les accusations de viol qui pèsent désormais contre lui aux Etats-Unis ont révélé au monde entier cette « vie sexuelle complexe ». Notre interlocuteur s’en mord les doigts : « On ne m’a pas écouté. Il ne fallait pas le laisser seul. »

Par Yvan Stefanovitch

Jean-Michel Apathie, Cassandre et DSK

Pour se défendre, les journalistes disent: « nous ne savions pas ». Ou bien: « Nous n’avions pas suffisamment d’éléments pour enquêter ». Or plusieurs livres évoquaient le comportement instable de Dominique Strauss-Kahn. L’un d’entre eux était sorti en 2010: « DSK, les secrets d’un présidentiable ». Ce livre signé par un auteur anonyme a été littéralement descendu par la presse. Le chroniqueur de Canal + Jean-Michel Apathie n’ a rien trouvé de mieux que de le « jeter » à la poubelle sans même évoquer les révélations qu’il contenait.
Aujourd’hui, à la lumière des récents évènements, le manque de discernement et la morgue du petit plumitif de la chaine des Bobos de gauche apparaît comme une faute professionnelle.
Les journalistes français seront-ils capables de se replonger dans ce livre et faire enfin leur travail comme a su le faire cette semaine l’agence de presse mexicaine Notimex qui nous apprend notamment que Dominique Strauss-Kahn a déjà à son actif plusieurs agressions sexuelles présumées dont une employée de maison mexicaine lors d’une visite de travail. ?.

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Petit à petit les langues se délient. Certains commentateurs semblent se rendre compte que défendre l’euro n’est plus tenable. Dernièrement dans la rubrique « Indiscrets » du journal L’Express on pouvait lire ceci:

« La sortie de l’euro inquiète :

L’aveu émane d’un ministre : si le discours de Marine Le Pen sur la sortie de l’euro trouve tant d’écho dans la population, c’est bien parce qu’il s’appuie sur une réalité. ‘Notre monnaie est surévaluée et on n’a pas les moyens de la ramener à sa juste valeur, face aux Chinois et aux Américains’, note ce membre du gouvernement »

Sur BMF le Chroniqueur Nicolas Doze se lâche:

« La Grèce ne pourra pas rembourser sa dette, tout le monde le sait, personne ne le dit »

(BFM TV – Rubrique Eco du 18-05-2011)

Et ce n’est pas fini. Cette semaine dans le journal le Monde on a pu lire cette tribune de Stéphane Madaule essayiste et maître de conférences à Sciences Po Paris…. les temps changent…

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Décidément, la potion libérale imposée à la Grèce depuis mai 2010 ne passe toujours pas : allongement des délais de remboursement des prêts de 110 milliards d’euros accordés par les Européens et le FMI, dégradation simultanée de deux crans de la notation de la dette publique à court terme et à moyen terme par l’agence Standard&Poor’s, le 9 mai, rumeurs avec de plus en plus d’insistance de restructuration de la dette publique, déficit budgétaire toujours hors contrôle, activité en berne, climat social dégradé… Annoncé en 2000, « le bouclier euro » qui devait assurer notre prospérité à tous s’est progressivement transformé en un objet non identifié qu’il convient de soutenir à coups de milliards et qui est si fragile qu’il devient l’objet de toutes les attentions, de toutes les dépendances. Qu’on en juge.

Chaque Etat de l’Eurogroupe n’est plus libre de fixer sa propre politique économique, sa propre politique financière, et doit ajuster ses principaux ratios d’endettement et de déficit public sur le plus vertueux des Européens. A l’inverse et de manière symétrique, la fiscalité et les transferts sociaux qui sont encore de compétence nationale, doivent flirter avec le moins-disant, c’est-à-dire le gouvernement le plus libéral. Chaque attaque sur la dette souveraine d’un Etat de l’Eurogroupe – Grèce aujourd’hui, Irlande et Portugal demain, Espagne et Italie après-demain – renforce les mécanismes d’une gestion commune qui voit les pays forts prêter aux pays faibles, en échange de programmes d’ajustements structurels élaborés par eux sous la houlette du FMI, ce qui les dépossède progressivement de leurs souverainetés économiques respectives. Baisse des déficits, modération des salaires, réduction de la protection sociale et des services publics sont devenus « les incontournables » d’une bonne gestion de la dette souveraine en euro.

Alors que reste-t-il aux gouvernements de l’Eurogroupe en matière de liberté d’action face à la dictature d’un euro sujet de toutes les attentions. Que reste-t-il aux libéraux de tout poils qui nous vantaient les mérites de l’euro et se trouvent en retour progressivement corsetés dans un dédale de contraintes toujours plus nombreuses à respecter ?

Mais si le prix à payer pour l’euro avait pour contrepartie une croissance économique plus forte que celle d’autres zones économiques, si le prix à payer pour l’euro était compensé par un bien-être supérieur en Europe, on pourrait à la rigueur accepter des sacrifices. Mais rien de tout cela. Aucun bénéfice de ce type. Depuis 2000, la croissance de la zone euro est systématiquement plus faible que celle des grandes zones économiques comparables. Les inégalités s’accroissent et se creusent au sein de l’Union. Globalement, à l’exception de l’Allemagne, l’emploi industriel et l’activité en général fuient la vieille Europe qui essuie sans réagir les dumping social, environnemental et monétaire de ses principaux concurrents.

RÉPARTITION ÉQUITABLE DES EMPLOIS

Alors à court d’arguments, les thuriféraires de la zone euro s’échinent à nous convaincre que la sortie de l’euro ou la fin de l’euro serait une catastrophe, comme si un tel système était installé une fois pour toute sans possibilité d’en changer, comme si toute évolution de ce type signifierait la fin de l’Union. Mais le simple citoyen comprend bien que les Grecs aujourd’hui, comme les Irlandais et les Portugais demain, auront bien du mal en serrant « les boulons » de leurs dépenses publiques à devenir comme par enchantement aussi compétitifs que les Allemands ou les Hollandais. Ce dont les pays du Sud de l’Europe ont urgemment besoin, c’est d’un ajustement monétaire leur permettant de retrouver des chances d’activité par rapport à leurs principaux concurrents européens.

Le simple citoyen comprend bien que ce n’est plus la lutte contre l’inflation et le niveau de l’euro qui sont prioritaires mais plutôt la quantité et surtout la répartition équitable des emplois sur l’ensemble du territoire européen. Ils ne croient plus à ceux qui nous disent que toute protection est devenue impossible, un salarié sur quatre travaillant pour l’exportation. Pourquoi mentir par omission et ne pas dire que les produits importés ont une balance supérieure en emplois aux exportations, singulièrement pour des pays comme la Grèce.

La rentabilité de l’activité d’une entreprise multinationale est systématiquement supérieure hors zone euro qu’en son sein. C’est bien pour cette raison que les grands groupes européens se délocalisent, continuent à faire de larges bénéfices, mais paient de moins en moins d’impôts en Europe. D’ailleurs dans un tel système, attention à ne pas s’extasier trop vite devant les excédents commerciaux allemands ? Il peut s’agir d’un indice de fragilité future, un indice d’inadaptation qui verrait les entreprises allemandes handicapées à terme par une délocalisation insuffisante de leurs activités, la seule porteuse de forte rentabilité dans un système qui prospère sur le socle des inégalités dans les conditions de production ?

L’euro devait être un bouclier nous assurant plus de liberté, plus de prospérité, plus d’indépendance. Il est progressivement devenu un boulet qui bride chaque jour un peu plus, qui rigidifie nos politiques économiques et financière, là où l’inventivité et la flexibilité devraient être de mise. Il est curieux que les libéraux ne s’en rendent pas compte, eux qui sont si attachés aux libertés publiques ? Il est curieux que les républicains laissent tragiquement aux extrêmes le champ libre pour débattre de ces questions. Méfions-nous des symboles intouchables qui mènent dans l’impasse. Le sort réservé à la Grèce n’est pas de bon augure.

Stéphane Madaule est notamment l’auteur de Questions d’Europe dont la troisième édition est parue aux éditions l’Harmattan. Il a publié « L’Allemagne puissance » dans la revue Le Débat (n°162 – décembre 2010).

Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris

Intervention de Marine Le Pen en séance plénière au Parlement européen


Intervention de Marine Le Pen : Évolution de la… par polecom

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